Télévision: ménages de printemps, avant 2012…

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Effet d’optique, confusion des sens ? Ce printemps 2011 a des petits airs de printemps 2012 dans les chaînes. Comme si le temps, par une soudaine et brutale accélération, avait pris quelques longueurs d’avance, anticipant au pas de charge la campagne qui s’annonce. Cela ne saute pas naturellement pas aux yeux des téléspectateurs, mais de multiples petits signaux témoignent de la nervosité qui règne. Le tout sur fond de mises au pas, de réorganisations musclées et d’évictions.

J’ai déjà évoqué ici le sort réservé, sur France Télévisions, à Franz-Olivier Giesbert, dont les prises de position critiques à l’égard du chef de l’Etat lui valent d’être aujourd’hui saqué  de France 2. J’ai également évoqué le destin tout aussi foireux et cabossé dévolu à Guillaume Durand, esprit libre et indépendant sacrifié pour entretenir, – péché originel-,  des relations épisodiques, mais contre-nature, avec Dominique de Villepin et pour ne plus figurer, du coup,  en bonne place dans le carnet de note élyséen. 

On pourrait y ajouter l’éviction loupée du très populiste et fan de Chirac, Patrick Sébastien, que des audiences matelassées rendent pour l’heure indéboulonnable, malgré des poussées de fièvre au Château, où les saillies de l’intéressé déchaînent la critique. Et je pourrai poursuivre avec les consignes données à l’ensemble des animateurs du groupe ( Drucker, Ruquier, Taddéï et consort..) de ne plus recevoir sur leurs plateaux des invités politiques, lesquels sont désormais réservés aux seuls JT et aux émissions strictement politique, que cornaquent une direction de l’information, certes très professionnelle, mais dont les liens de voisinage, voire de consanguinité, avec l’équipe rapprochée de Nicolas Sarkozy, amène à se poser la question de son indépendance. 

Je ne rapporterai ici les propos récents du chef de l’Etat sur l’équipe dirigeante de France Télévisions et son PDG, Rémy Pflimlin. Non, car pourquoi en rajouter? Cruels, expéditifs et désobligeants, ils résument pourtant assez bien cette relation de dépendance malsaine entre un exécutif tout puissant et des chaînes regardées et traitées comme des obligées. C’est inouï.

Je n‘ai connu qu’une seule autre période de ce type, en 30 ans d‘observation de ce secteur: 1982 et l’OPA de la mitterrandie sur un paysage audiovisuel corseté, à l’époque, par les chaouchs du prince. Une époque où Mitterrand installait ses hommes aux postes clés, dans des chaînes mises en coupe réglée.

Si bien que Rémy Pflimlin, disons-le, a un grand rendez-vous qui l‘attend pour septembre. Date à laquelle il présentera ses grilles de rentrée. Celles-ci devront, s‘il ne veut pas se faire étriller, être le reflet, martelé, appuyé au fusain, de ce que l’on est en droit d’attendre d’un secteur public décomplexé et délivré de ses liens:  de l’indépendance, de l’impertinence et une liberté de ton affichée et recouvrée. Pour que s’estompe ce désagréable climat de suspicion qui entoure aujourd’hui ce groupe.     

Ce raidissement du secteur n’épargne pas TF1. Là aussi, on cogite. Les difficultés d’audience et l’altération de l’image du journal de 20 heures de cette chaîne, qui réunira le 23 juin au Palais Omnisports de Bercy l’ensemble de ses salariés, obligent les dirigeants de La Une, tisonnés par leur actionnaire, Martin Bouygues, à repenser l’ergonomie et le contenu de ce rendez-vous clé. Non seulement, parce qu’il est le socle et la vitrine même de cette chaîne. Mais aussi parce que l’Elysée et Nicolas Sarkozy, ne peuvent s’accommoder d’un journal de TF1 qui ne serait plus le premier vecteur d’une campagne où le petit écran jouera, comme de tradition, un rôle primordial.

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6 Comments
  • dc
    avril 29, 2011

    Raidissement ?
    L’émission de FOG comme celle de Durand n’ont aucun intérêt (sauf Bedos chez Fog). C’est du bla bla aseptisé chez Durand et du bla bla faussement grognon chez FOG et finalement rien à retenir une fois l’émission terminée.

  • azise b
    avril 29, 2011

    Monsieur Revel

    Je suis d’accord sur la main mise de Sarkofréne sur la télé, c’est vrai et vous avez et souvent avec drôlerie dans le style énumérer les faits. Il est vrai aussi, que je ne suis pas d’accord que l’on éjecte une émission tout ça pour faire plaisir au prince. Mais posons nous la vraie question; pourquoi les producteurs, concepteurs d »émission, sont serviles a ce point? Pourquoi, ils n’inventent pas de nouveaux concepts? Pourquoi, ils nous ramènent l’éternel émission de la parlote? Pourquoi, en tout les cas dans le service public, on invite des artistes, souvent bien établis, qui ont quelque chose a vendre? Toutes les émissions, s’inscrivent dans la promos. C’est de la promotion dont souffre le service public; la marchandisation du n’importe quoi, n’importe où pour qui? C’est la culture ça? C’est comme ça que l’on aide a pensée quelque chose? Même la plus petite pensée, sympathique, qui ne fait pas bruit, qui ne dérange pas, meurt a la télé!
    On parle de la décroissance, non et bien commençons par produire des projets qui ne s’inscrivent plus dans la promotion et uniquement dans la promotion.
    Une émission pourrait s’appeler  » je n’ai rien a vendre  » par exemple ou alors  » Je suis ici pour vous, pas que pour moi  » ou  » Je vais essayer de la fermer pour entendre quelque chose de la vie  » etc…
    Sarkosy se trompe lourdement de croire, lui qui se dit fils de la télé – il va déchanté, déjanté c’est mieux pour lui, quand il va voir que la télévision est plus forte que lui, qu’elle résonne dans le vide, dans le rien et qu’il pourra changer toute les émissions de France et de « Navet » rien ne changera. Même Mitterrand s’est cassé les dents sur les programmes.
    Le monde de la pub a tué la télévision public. J’en rajoute, je suis excessif peut-être, mais ça n’empêche que les concepts sont morts, que l’idéologie finissante a embarqué avec elle, ce qui restait de passé, pensée, futur, qui ne peut s’inscrire qu’en dehors du fait divers,du sensationnel, des news que tout le monde rabâche a longueur de journée.
    Pour qu’il est de l’originalité, il faut de l’original, mais quand on a détruit, quand on a robotisé les cerveaux, qui sont devenu bien disponible pour le gavage a l’hectare, que faut-il faire?
    Service public, télé public; ou est l’émission des jeunes? Rien.
    C’est rajouté avec la Lepenisation des esprits, la guignolisation du rire a tout pris, du rire de mort, de rire. On rigole dans toute les émissions. Celui qui fait la gueule est personna non grata! Il faut se marrer, il faut rigoler!
    Chaque humoriste a son petit mot débile et on rigole, on rigole a longueur de journée et on se gave de parlote;  » souriez vous n’êtes pas filmé, mais bel et bien fini « : ah!ah!ah!hi!hi!hi!oh!oh!oh! Merci pour votre article, ça m’a aidé a dire quelque chose.

  • fumisterie
    avril 29, 2011

    VIREZ FERRARI, nom de Dieu!!!!!!!! Comment faudra-t-il vous le dire encore???? Et puis Chazal et Pernaut se font ultra vieux, aussi… WAKE UP, NONCE!!!

  • fumisterie
    avril 30, 2011

    Et quid d’un petit article concernant le futur changement à la tête des programmes de TF1 + renforcement au niveau de l’Info???…

  • Alain Le Lougarou
    avril 30, 2011

    Bien observé,bien dit.
    Votre article démontre fort bien que le nouveau PDG de France TV manque de dignité contrairement à P.DE CAROLIS.
    Il a recruté P.SLED piètre journaliste pour lui confier le soin de mener une chasse à la qualité sur la 3.Sitôt nommé ce presonnage a mis à l’antenne un programme à midi coûteux qui ne profitent qu’à ses amis REVON-GATEAU.Il réussi à supprimer la quotidienne de F.TADDEI seule émission,espace de liberté et de culture malgré l’opposition des télespectateurs qui payent son confortable salaire.Enfin il fait revenir C.VIGUIER l’ami du clan HALLYDAY.C’est un scandale.Quant à l’info sur la 2 le JT est une succession de faits divers débités par PUJADAS qui est fade.Seul Envoyé spécial sauve l’honneur.Aucune créativité dans les programmes, que du mépris pour les télespectateurs qui payent tous ces dirigeants.

  • Michael
    avril 30, 2011

    Le gros problème c’est que ça ne date pas d’aujourd’hui la main mise de l’Etat sur la radio ou la télévision. 1981 Mitterrand arrive au pouvoir, au revoir Elkabach, Gilbert, Lux et consorts. 1982 cadeau de Tonton à son pote Rousselet du 4ième réseau français qui sera crypté un comble dans la gauche….Canal Plus naîtra en novembre 84. 85/86 Tonton accorde un cinquième réseau contre l’avis de Lang qui va batailler pendant des années pour couler cette chaîne à Berlusconi et la fameuse 5….même année Publicis et le groupe NRJ obtiennent une licence pour la 6ième chaîne TV6….On se demande si Dalida a encore joué un rôle dedans comme pour l’époque du sauvetage en 84 de la radio NRJ….Dalida était intervenue auprès de Tonton à la demande de son ami Max Guazzini….Orlando aura le retour quelques années plus tard, la radio à la panthère fera de Hélène Ségara une méga star sur son antenne….TV6 est un bide, en 87 elle est remplacée par M6…87, la droite arrive au pouvoir, Chirac via Balladur fait du ménage….TF1 privatisée vendue à Bouygues un groupe qui a des intérêts tout de même avec l’ETAT….La 5 change de mains, TV6 devient M6…..1999 Claude Sérillon alors présentateur du JT de 20H sur la 2 est évincé…Il s’est montré trop pugnace face au premier ministre de l’époque Lionel Jospin….Ce dernier aura sa peau….Quand à De Carolis il peut dire merci à Bernadette, après un livre de conversation publiée par PDC avec la 1ère Dame il devient PDG de FTV…..etc etc etc….Sarkosy peut avoir la main aujourd’hui, je suis persuadé que si demain DSK ou un autre prenait le pouvoir y aurait un grand ménage…..à nouveau