Les mitterrand-dolâtres du Paf.

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La nostalgie et ses strabismes…L’anniversaire du 10 mai 1981 est l’occasion depuis quelques jours d’une ré-écriture de l’histoire, pour le moins grossière et malhabile, venant de quelques thuriféraires patentés. « L’espoir et l’espérance », « la reconnaissance de l’homme par l’homme » et la femme avenir du susnommé, le loisir, le bonheur, les pèlerinages de Solutré…les commémorations de l’élection de François Mitterrand sont l’objet d’une somme de témoignages emphatiques, où la componction tutoie la révérence. Mais passons.

Cette dégoulinade d’hommages ne serait pas grave si beaucoup s’arrangeaient avec l’histoire. Il en est ainsi de la vaste réforme du secteur de l’audiovisuel par les socialistes, en 1981, qui vit le locataire de l’Elysée refondre très profondément un paysage, redessiné à la truelle.

Soyons justes et précis. François Mitterrand eut l’immense mérite de décadenasser un secteur bâillonné par 30 ans d’un verrouillage giscardo-gaulliste. Il eut également le mérite de libéraliser le marché de la radio, en décrétant l’avènement des « radios libres » qui bourgeonnèrent avec bonheur jusqu’au milieu des années 80, révolutionnant le secteur.

Mitterrand eut encore l’idée d’ouvrir le marché de la télévision au secteur privé, décrétant la création de Canal + et instituant des règles qui favorisèrent et protégèrent la création audiovisuelle, l’un des systèmes les plus protecteurs au monde, encore aujourd’hui.

Il fut enfin à l’origine de la création en 1988 d’une chaîne culturelle franco-allemande, qui deviendra Arte.

Le bilan est ronflant, mais il ne peut exonérer François Mitterrand et ceux qui l’entourèrent à l’époque, des purges qui accompagnèrent ces réformes. 1981 vit ainsi un système remplacer un autre, des chaouchs escamoter d’autres chaouchs, au rythme des placards allègrement remplis, le tout  au son d’une drôle de Carmagnole.

1981 et 1982 virent ainsi François Mitterrand et le secrétaire général du PC, à l‘époque, Georges Marchais, négocier, pied à pied, le parachutage au sein des chaînes d’une phalange de journalistes encartés. Et on ne parlait pas encore de quotas, à l’époque…

Mises au pas, les chaînes furent ainsi placées sous la férule de dirigeants, dont la souplesse d’échine n’avait d’égal que les réflexes courtisans. Roger Hanin fut imposé à TF1, Pascal Sevran casé sur France 2 et Serge Moati sur France 3, tandis que les organigrammes des chaînes et leurs grilles de programme se validaient dans les antichambres de l’Elysée. La Haute-Autorité, ancêtre du CSA, était tenue bride courte par le Château, malgré les résistances de Michèle Cotta, une présidente ourlée de patience.

A l’heure du journal de 20h, les hiérarques de la mitterrandie donnaient le «La». Tandis qu’à Matignon, Laurent Fabius imposait sur TF1, en 1984, «Parlons France», un rendez-vous dédié à sa personne,  où il venait chaque mois détailler sa politique: Alain Peyrefitte, sors de ce corps !

Il faudra en vérité attendre 1986 et la première cohabitation pour que les rédactions commencent réellement à s‘affranchir de leur tutelle et du pouvoir politique.

Et bien des années de plus, pour que cette même profession coupe ce fameux cordon, au lendemain de l’élection présidentielle de 1995, qui vit TF1 se fourvoyer en faisant le lit d’Edouard Balladur. Une période traumatique et des errements, dont la profession mettra quelques années à se relever. Mais que l’opinion, quinze ans plus tard, n’a pas encore pardonné.

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4 Comments
  • Instant T le blog
    mai 10, 2011

    je vous rejoins lorsque vous parlez de nostalgie et ses strabismes
    j’écrivais ce matin que nous avions une propension à encenser nos morts et occulter ce qui nous arrange ou nous dérange

  • steed
    mai 10, 2011

    Vous oubliez Degraupes sur Antenne 2 si cela n’est pas de l’indépendance c’est quoi.

    En plus vous vous trompez Sevran c’est d’abord tf1.

    La gauche c’est arté, canal, la présidence commune de la 2 et la 3 cela n’est pas rien tout de même après je vous le concède la 5 de berlusconi ce n’est pas la meilleure chose de la gauche.

    Mais la droite c’est l’éclatement de L’ortf une énorme connerie, la privatisation de tf1, confier la 5 à Hersant.

    la droite c’est baisser la redevance en 1986 et la stagner de 2002 à 2008, la suppression de la pub sur france télé sans offrir de moyen pérenne au service public, la droite c’est arrêter les 3 chaînes pour la tnt de france télé.

    Donc il n’y a pas photo la gauche à un meilleur bilan dans l’audiovisuel que la droite .

  • azise b
    mai 11, 2011

    Monsieur Revel

    Tout a fait d’accord sur votre analyse, juste et sans compromis. Mais, on oublie souvent , surtout aujourd’hui que l’héritage de Mitterrand est une catastrophe pour la gauche. On oublie comment se sont comporté ses élites lorsqu’ils sont arrivé au pouvoir et ne se sont pas gêné pour faire a peu prés quelque fois pire que la droite quand il fallait placer les copains; on n’a pas appelé « la gauche caviar  » pour rien. Le bilan de la gauche de Mitterrand est consternante et on a froid dans le dos quand on voit ce qu’il a été capable de faire; les écoutes , le bateau de Greenpeace et la France Afrique, ses fils et tout le cirque. Les classes populaires en ont pris plein la figure avec lui et il ne sait occupé de rien, que de ce qui pouvait le faire entrer dans l’histoire, le reste était mineur. Ne parlons pas non plus de Bousquet et les autres fascistes de Pétain. C’est lourd, très lourd.L’arrogance, la cellule des supers flics a l’Élysée, bon on peut continué encore comme ça longtemps, la liste est longue. Mitterrand a détruit la gauche, celle de Rocard, pour moi le plus intelligent de tous. Il a tué tout ceux a gauche qui le critiquait. Alors, aujourd’hui on essaye de faire croire que sous Mitterrand c’était le paradis , mais oui c’était le paradis, pour ceux qui étaient au pouvoir, mais les pauvres? Il faut attendre Rocard pour le RMI, attendre Jospin et DSK pour la CMU avec Martine Aubry. Il faut arrêter le délire de Mitterrand.
    La gauche ne s’est pas remise de la Mitterrandi et paye encore, surtout le deuxième septennat, paye l’ultra libéralisme qu’il a organisé a fond avec l’Allemagne. Recamé la gauche avec Mitterrand est une erreur. Il faut oublier cet homme au plus vite, passer a autre chose et surtout ne pas le fonder, comme un homme de gauche, qu’il n’a jamais été.

  • fumisterie
    mai 11, 2011

    Mitterrand a aussi créé la regrettée *5 et la 6. C’était un grand Monsieur. TF1 n’aurait JAMAIS dû être privatisée par la droite… -> = erreur MAJEURE!