Paparazzi au bout du rouleau: Daniel Angéli va déposer le bilan

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«J’ai longtemps régné sur ce métier et aujourd’hui, je galère. Il n’y a même plus le feu sacré…» Tempes grisonnantes et lassitude dans le regard, Daniel Angéli est un homme atteint et en bout de course. Celui qu’on a appellé, durant prés de 40 ans «le roi des paparazzi» s’apprête, à 67 ans, – l’age de Johnny Hallyday, dont il fut le photographe attitré-, à mettre la clé sous la porte. Secoué par la crise de la presse, dépassé par Internet et étranglé par quelques mastodontes, son métier est à l’agonie. A l’image de son agence, dont il s’apprête à déposer le bilan, comme beaucoup d’autres sur ce marché.

Car rien ne va plus. L’âge d’or, qui voyait cette figure du photo-journalisme réaliser des affaires astronomiques, jusqu’à la fin des années 90, est définitivement  révolu. Là où, en septembre 1997, Daniel Angéli vendait, pour 12 millions d’euros, des photos volées de Sarah Ferguson, surprise en compagnie de son amant, ou ce célèbre cliché, cédé pour 500 000 euros, montrant l’industriel Giovanni Agnéli, sautant nu de son yacht, aujourd’hui tout a été divisé par 100, voire par 1000! Soumis à rude concurrence, incapables de lutter face aux réseaux sociaux, qui inondent la toile de photos pillées sur Internet et diffusées gratuitement, les magazines people ou assimilés, – 22 titres au total, en France- ont dû casser les prix  des reportages photos: ce qui valait, pour le haut du panier,  15 000 euros, il y a encore 5 ans, vaut 5000 euros, aujourd’hui. Tandis que l’essentiel de ce qui fait les contenus de ces hebdomadaires est désormais illustré de photos commercialisées, par ces deux géants du secteur que sont Getty Images et Corbis Image, à des prix atomisés: moins d’1 euro l’unité.

Et la pression redouble : c’est ainsi que le groupe Prisma Presse, éditeur, entre autres titres,  de Gala, Voici et VSD, a récemment adressé à l’ensemble des agences photos du marché un nouveau protocole commercial, où il est indiqué que les prix sont désormais divisés par deux et qu’il  est, de plus, exigé l’exclusivité, -à vie !- du cliché acheté. Un nouveau couperet.

Cette grande braderie a eu pour effet d’asphyxier lentement les plus petits et nombres de figures du monde des paparazzi. C’est ainsi que l’agence de Daniel Angéli, et ses 15 salariés, a vu son chiffre d’affaires mensuel tomber cette année à 180 000 euros, quand il était de 400 000 euros, il y a encore 2 ans.  Et personne sur ce marché, où les scoops, de plus en plus rares, sont de moins en moins lucratifs, n’ose la moindre prise de risque. C’est ainsi que François Hollande et sa compagne ont pu passer récemment quelques jours tranquilles sur une plage d’Agadir: « Trop de frais, pas rentable », explique une autre figure du métier, Bruno Mouron, qui ajoute, «là où une noria aurait déboulé il y a quelques années, personne n’a bougé ».

Bougeront-ils, seront-ils, à Cannes ces jours-ci? Rien n’est moins sûr, là aussi, depuis que prises en main par des sponsors, – Dior, l’Oréal, Lancome…-, les soirées VIP du Festival, dont les photos sont livrées gratuitement aux magazines people, ne font plus recette. Triste réalité qui voyait la Croisette, en pleine DolceVita, il y a 40 ans, parcourue par une génération de paparazzi, qui participaient alors au mythe du Festival. Aujourd’hui, un cimetière des éléphants.

Daniel Angéli, que j’ai rencontré pour la rédaction de cette article et qui m’a tenu des propos on ne peut plus clairs,  tient à réagir: ‘ »A  cette date, aujourd’hui, ma société n’a pas déposé son bilan ». Et d’ajouter, « Je cherche des repreneurs, une solution pour poursuivre l’activité de mon agence ».  

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1 Comment
  • DOVERI
    mai 20, 2011

    L’agence Eliot Press dément formellement les informations publiées – sans aucune vérification – dans un article aussi fantaisiste que mal documenté qui jette un sérieux doute sur le professionnalisme reconnu de Renaud Revel. Nous n’avons aucun projet de dépôt de bilan. Malgré la crise notre agence se porte bien. Merci !
    Cristelle Doveri, rédactrice en chef de l’agence Eliot Press