Guillaume Durand veut briguer la présidence de France Télévisions.

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L’entretien est  à l’image de l’interviewé : tonique, décapant et sans concesssions. Le magazine Médias publie une excellente interview de Guillaume Durand qui revient sur sa saison sur France 2. Et sur la suppression  de son émission. Tout en jetant un regard critique et d’une grande franchise de ton  sur le Paf. Extraits.  

 (…) Remy Pflimlin veut rajeunir l’audience. Je peux comprendre ce point de vue, même s’il a un petit parfum idéologique. Pour la présidentielle, un électeur sur deux a plus de 50 ans. Et la télévision devrait tout d’un coup, dans un pays de vieux, devenir une télé de « djeun’s ». En plus, il y a un côté comique. Moi, je ne suis qu’un outsider de la télé. Sur ces dix dernières années, j’ai rarement eu des émissions hebdomadaires sur France Télévisions. Alors que Drucker (un ami) est là depuis quarante ans et personne n’envisage de le rajeunir ! En fait, la rédaction et la présidence de France Télévisions ne souhaitent pas que je me mêle de la campagne électorale présidentielle. C’est peut-être un hommage qui m’est rendu. Je pense qu’ils craignent que, lors du sprint final, les politiques choisissent davantage l’indépendance plutôt que les gens qu’ils veulent mettre en avant. C’est quand même la première fois depuis des années que seuls les présentateurs des journaux télévisés auront le droit de poser des questions à des politiques. (…)

(…) Soyons extrêmement clairs : les jeunes journalistes ne sont pas moins bons que la génération Giesbert, July, Joffrin, Poivre d’Arvor. Mais ces quatre-là avaient commencé leur carrière ailleurs qu’à la télévision, dans l’indépendance. Ils ne doivent rien à des patrons de chaînes. Jean-François Kahn a été viré des dizaines de fois. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il reste l’un des plus grands patrons de presse. Or, aujourd’hui, la télévision, y compris le service public, est devenue une espèce de mini Hollywood où les patrons choisissent leurs jeunes favoris. Mais comme le patron lui-même est nommé par le président de la République, c’est un problème incontestable. Ce n’est pas moi qui le dis, mais Alain Duhamel, qui ne passe pas pour le plus grand des révolutionnaires et qui est le plus expérimenté de tous les éditorialistes politiques français. Donc, les jeunes, c’est mieux parce que plus frais et, surtout, plus malléables. Cela concerne d’abord et avant tout la télévision, pas du tout la presse écrite. Quand j’ai commencé ma carrière, à Europe 1, on m’a proposé quinze fois d’aller à la télévision, ça ne m’a pas intéressé pendant dix ans. Aujourd’hui, je reçois dix dossiers de candidatures par jour. Être vu est devenue une obsession de la société. Une absurde marque de réussite sociale. Il serait insultant vis-à-vis du président de la République de croire qu’il ne réfléchit pas à ce qui se passe à la télévision. Peut-être, dans la perspective de 2012, préfère-t-il cantonner l’effervescence à Canal+, et que, sur les chaînes publiques, on soit un peu plus calmes…

A propos de Franz-Olivier Giesbert, Taddeï, Moati, Picouly…

D’abord nous ne ferons pleurer personne puisque jouissant depuis tant d’années de tant de privilèges. J’ai eu beaucoup de messages de Franz. J’en ai ri parce que, pendant la confirmation de mon fils, j’ai reçu un appel, puis des textos le soir m’expliquant que Sarkozy voulait le tuer, qu’il était responsable de tout ça, que Pflimlin n’y était pour rien… Et puis il m’a téléphoné — on se connaît bien — en me disant qu’il était très énervé, qu’il n’accepterait pas que les choses se passent ainsi. Je l’entends encore me dire : « On se tient au courant. » Depuis qu’il a, semble-t-il, obtenu sa case sur France 5, son téléphone reste bizarrement muet… Franz, qui se définit dans son dernier livre comme une sorte de salaud ou de traître qui balance tout le monde, est d’abord et avant tout un comique. (…)

Chacun pour soi…

(…) C’est malheureusement la loi de la télévision. Je me souviens d’avoir accueilli Arlette Chabot à Radio Classique pour lui remonter le moral lorsqu’elle a été évincée de France 2. C’est une amie professionnelle, nous avons travaillé ensemble avec beaucoup de plaisir à Europe 1. Elle était fort déprimée d’avoir été sortie, après dix-neuf ans de bons et loyaux services, sans réel motif ni beaucoup d’égards… Quand j’ai su que mon émission était supprimée, je lui ai adressé un texto pour lui dire qu’elle n’était plus seule. Elle a répondu qu’elle me rappellerait ; mais, depuis, aucune nouvelle. C’est symptomatique, non pas d’Arlette mais d’un milieu… Que la télévision soit égoïste ne me gêne pas, mais je croyais à une certaine confraternité de la presse. Quand j’ai lu le papier de Libération me concernant, le matin de l’interview de Rémy Pflimlin, j’ai compris. Chacun sa morale (…).

Guillaume Durand jete ainsi un regard froid, clinique et plutôt juste sur les arcanes d’un paysage télé, règne du compromis et de l’égotisme. Et il poursuit ce long entretien en expliquant que fort d’une longue carrière effectuée dans l’audiovisuel, tant à la radio qu’à la télévision, il envisage de briguer la « présidence de France Télévisions». Hervé Bourges, Jean-Pierre Elkabbach…d’autres journalistes ont occupé ce poste par le passé. Et pourquoi pas en effet Guillaume Durand, candidat un jour à ce poste? Il n’y a rien d’illégitime à cela.  

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3 Comments
  • steed
    juin 17, 2011

    Durand n’apprends rien de neuf ds le monde de la télé, qui depuis la télé commerciale fait du vide, c’est soit beau et tais toi !

    Après Durand a quand même pendant plus de 10 ans fait de la télé bas de gamme, rappelez vous le 20 de la cinq etc

    A 60 ans c’est plus facile d’ouvrir sa gueule qu’à 25 ans quand il faut nourir une famille.

    Moi ceux qui vraiment m’inspire la plus grande estime c’est Marcel Trillat, Pierre André boutang des personnes qui ont tjours étaient en accord avec eux même .

    Durand à fait et fait encore de la télé compationnelle et vulgaire, osez dire que lui est irrevérentieux, c’est à hurler de rire !

    Son émisson de France 2 n’avait aucun intérêt et plus personne ne la regardait !

    Autant la suppression de l’émission de Taddei est du gachi autant celle de durant est bienvenue

  • michael
    juin 20, 2011

    L’émission de Taddéi n’est pas supprimée mais passe en hebdo et en prime restera toute l’année….le mardi soir je crois. Quand à Durand, il a beaucoup de recul….Pour souvenir il s’était fait jeter comme une m…de Canal Plus en l’apprenant dans Voici….Je l’aime bien en tant que journaliste il a un côté prof d’histoire ou de philo….Perso voir ma bobine à l’écran n’est pas une fin en soi. Je me fous d’être connu…..je n’ai jamais envoyé de dossiers de candidatures à ce journaliste fort sympathique et original…..comment dirais je?….lol

  • paule
    juin 22, 2011

    Les propos de M. Durand sont justes. Il n’y a pas grand chose à enlever, mais il y a beaucoup à ajouter. Chaque fois qu’un journaliste ou un animateur est « viré », il dénonce -souvent avec à propos- l’état de la télévision, en général, et de la TV publique en particulier. Les constats ne coutent pas cher, les analyses sont souvent absentes des propos des « virés ». Des « talk-shows sans moyens », c’est vrai. Mais pour donner des moyens, encore faudrait-il en avoir. Depuis leurs créations, les chaînes publiques françaises sont sous capitalisées et sous dotées. C’est une constante historique. Un grand professionnel de la TV, écrivait récemment, que on avait « investi dans les tuyaux, mais pas dans les contenus ». Mais alors que M. Cavada est désormais un homme politique, il s’est bien gardé de donner la clef, tout comme monsieur Durand. Pourtant la réponse est simple. Sans moyen, pas de bonne télévision possible. Cela c’est un choix politique.