Lettre ouverte de Valérie Decamp aux salariés de La Tribune.

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Directrice générale de la Tribune, Valérie a adressé cette lettre aux salariés du quotidien, touchés par un important plan d’économie qui s’accompagne de nouvelles supressions de postes.  Le journal devait se mettre en grève.   

Chers tous,

Comme vous le savez, j’ai réuni ce matin un comité d’entreprise extraordinaire afin de faire part à vos représentants d’un projet de réorganisation de l’entreprise. Sans préjudice des prérogatives de vos élus et du dialogue permanent que nous avons avec eux, j’ai souhaité m’adresser directement à chacun d’entre vous.

Depuis que j’ai pris la présidence de La Tribune, mon seul objectif est de relever notre journal et d’en faire une entreprise rentable, ce qu’il n’a jamais été. Le pari, vous le savez, est ambitieux a fortiori dans le contexte de crise quifrappe durement et durablement l’ensemble du secteur. Vous le savez aussi, nous avons accompli un travail colossal s’agissant de la réduction des charges d’exploitation en évitant tout plan social. Très concrètement, nous avons à ce jour généré 24 millions d’euros d’économies par rapport à 2007. Récemment encore, nous avons renégocié avec succès tous nos contrats industriels à commencer par les contrats d’impression et de bail ce qui a permis de réaliser des réductions de charges supplémentaires considérables.

Malgré ces efforts, La Tribune continue de subir directement les conséquences d’un environnement économique particulièrement dégradé. Or, elle ne peut tout simplement plus se permettre une année supplémentaire de déficits, et encore moins dans le contexte de sa recapitalisation en cours.

En parallèle, il est vrai qu’un certain nombre de départs à la rédaction n’ont pas été remplacés. De fait, nous avons tous subi les conséquences d’une clause de cession trop longtemps ouverte. C’est la rédaction des journalistes écrivants qui s’est le plus « vidée » et la situation est par conséquent déséquilibrée entre les services au préjudice de la bonne organisation du travail au sein de la rédaction.

Aujourd’hui, nous n’avons d’autre choix compte tenu de notre situation et pour atteindre l’équilibre d’exploitation en 2012, que d’achever la réorganisation de l’entreprise.

Nous avons donc présenté un projet en ce sens à vos représentants ce matin. Selon les termes de ce projet, 17 postes seront supprimés à la rédaction de La Tribune, pour l’essentiel au service « édition ». Après deux ans de tentatives de discussion toujours reportées, j’ai également informé vos représentants qu’il faudra inévitablement remettre à plat les 35 heures au sein de l’entreprise.

En ce qui concerne la réduction d’effectifs envisagée, la décision est bien sûr difficile mais elle est indispensable, a été trop longtemps repoussée et il importe de la mettre en œuvre dans des conditions raisonnables. Je peux vous assurer en tous cas que nous aurons à cœur de trouver des solutions adaptées prenant en comptel’intérêt de chacun dans le respect d’un dialogue social responsable. 

Nous avons notamment proposé à vos représentants de mettre en place un espace écoute information conseil auprès du cabinet Altédia. Son objectif sera de réaliser des entretiens individuels afin d’informer les salariés sur les mesures d’accompagnement en prenant en compte les situations particulières de chacun et de mettre en œuvre un bilan professionnel pour ceux qui le souhaitent. Nous favoriserons le reclassement interne des salariés par le biais d’un Centre Relais Emploi. Nous avons également fait appel au SPQN pour que soient appliquées les règles du paritarisme entre éditeurs membres du syndicat s’agissant d’éventuelles solutions de reclassement dans d’autres rédactions.

Ce projet de réorganisation s’accompagne de la mise en œuvre de notre stratégie éditoriale telle que précisée par François Roche et Jacques Rosselin au terme du travail mené ces dernières semaines.

Notre objectif reste de faire de La Tribune le journal de référence en matière d’information économique et financière en proposant une lecture approfondie autant qu’originale de l’actualité du monde de l’économie et de la finance en France comme à l’international.

L’édition « papier », qui sera bien évidemment maintenue, sera repensée et réorganisée en quatre grandes séquences : macro, marchés, micro et le « magazine ». En parallèle, nous poursuivrons nos efforts sur le numérique, désormais placé, avec les activités hors médias, au cœur dudéveloppement du titre. Nous favoriserons une intégration toujours plus forte entre La Tribune et latribune.fr et valoriserons le travail de la rédaction sur le numérique en créant par exemple des « chaines spécialisées ». Nous pourrons également nous appuyer sur des enrichissements de contenus apportés par des sources extérieures. Nous nous doterons par ailleurs d’un nouveau système éditorial pour moderniser la production du contenu de La Tribune etfavoriser sa stratégie bi-médias.

Au total, je vous le réitère, je suis déterminée à me battre pour l’avenir de l’entreprise. Je nous sais en mesure de l’assurer avec un projet crédible et novateur, au nom de l’indispensable mutation de la presse.

J’ai aussi à cœur de garantir l’indépendance éditoriale de La Tribune, à laquelle je suis très attachée et qui passe nécessairement par son indépendance financière.

Il n’en reste pas moins que nous traversons un moment difficile. Soyez sûrs que je comprends les manifestations de désarroi qui peuvent s’exprimer. J’en appelle à votre esprit de responsabilité et à votre implication pour La Tribune. La réorganisation est nécessaire. Elle est vitale.

 Les décisions qu’elle implique sont difficiles à prendre mais elles sont indispensables et nous ne nous défausserons pas. Je suis animée d’un double souci : la responsabilité et la volonté de trouver le plus rapidement possible des solutions adaptées à chaque situation particulière. Je peux vous assurer que j’y veillerai personnellement, avec tout le comité de direction.

Bien à vous,

Valérie DECAMP

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