L'impensable et rocambolesque nouvelle affaire Bettencourt.

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L’histoire est un « pitch » de série télé à lui seul et un concentré détonant, où se mêlent argent, pouvoir, glamour et politique. La nouvelle demande de placement sous tutelle de Liliane Bettencourt par sa fille, Françoise Bettencourt-Meyers, ne serait qu’un épiphénomène de plus dans la guerre que se livrent ces deux femmes, si l’affaire qui a mis le feu aux poudres voyait intervenir une galerie de personnages hauts en couleur.

Au cœur des soupçons de la fille de la riche héritière de l’Oréal un homme, Pascal Wilhelm, avocat d’affaire de fonction et nouveau conseil de Liliane Bettencourt, dont il gère le colossale patrimoine  depuis l’été dernier. C’est à ce titre que ce mandataire social a investit, en accord avec sa prestigieuse cliente, la somme de 143 millions d’euros dans le capital d’une société spécialisée, entre autres, dans le commerce des jeux en ligne, LG industries, dirigé par un jeune entrepreneur ayant fait fortune, par le passé, dans la télé-réalité, à la tête d’Endemol, Stéphane Courbit.

La somme est coquette et laisse même pantois la fille de Liliane Bettencourt, qui s’interroge alors : l’héritière savait-elle ce qu’elle faisait quand elle a donné son accord pour cette opération à un homme qui est, par ailleurs, l’avocat du récipiendaire de ce versement?  Première étrangeté.

Or selon Le Monde, un certificat médical établi le jour même de cette signature constatait un « état confusionnel» chez la milliardaire. Si c’était le cas et si ce certificat existe, l’affaire est grave et risque d’entrainer des conséquences relevant des tribunaux pour le principal acteur de cette transaction, l’avocat de Liliane Bettencourt et de Stéphane Courbit, premier et seul  intermédiaire dans cette opération.

L’affaire en devient d’autant plus troublante qu’un second  personnage et pas des moindres apparait dans cette rocambolesque affaire, l’ancien patron de Vivendi, Jean-Marie Messier. C’est par ce dernier, banquier d’affaire de son état, qu’a transité l’opération. Petit hic, l’ancienne figure du CAC 40 n’est autre que le client du même avocat, Pascal Wilhelm! Seconde anomalie.

 Quant au volet politique, il existe: ancien directeurde cabinet d’Edouard Balladur, J2M est également l’un des proches de Nicolas Sarkozy et d’Alain Minc, éminence grise du chef de l’Etat et parrain attentif  de Stéphane Courbit dans le monde des affaires.   

Voilà pour les faits. Mais quel tableau !  Un avocat au centre d’un entrelacs d’amitiés croisées, où les liens de connivences prospèrent. Une riche héritière dont on voit bien que l’état de santé psychologique ne permet pas, semble t-il, de toujours appréhender les opérations financières qu’on lui expose. Un ancien ténor de la finance, J2M, juge et partie dans une affaire, où l’obligation  de réserve aurait du prévaloir. Et enfin, un jeune industriel des jeux en ligne et des médias, à qui l’héritière de l’Oréal venait d’apporter un ballon d’oxygène financier inespéré.

Voilà en tous les cas une histoire bien Française. Une histoire impensable sous d’autres latitudes  ou pavillons. Aux Etats-Unis notamment, où une telle consanguinité d’intérêts aurait rendu cette affaire impossible. Mais nous sommes en France où ce feuilleton risque néanmoins de prendre une fâcheuse tournure.

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