Le calvaire des rediffs.

par 8commentaires No tags 0

 

 Il y encore quelques années, les chaînes de télévision et de radio se mettaient en mode « rediff » qu’à de rares occasions: lors des transhumances estivales ou durant la trêve hivernale, de Noël au jour de l’An. Imperceptiblement et de manière systématique, elles ont étendu cette pratique à tous les ponts et jours fériés, à toutes les vacances scolaires. Si bien qu’elles nous infligent, à chaque pause, de longs tunnels quotidiens de rediffusions : ces « meilleurs moments de … » dont on a soupé. Du Grand Journal de Canal+, au rendez-vous quotidien de Laurent Ruquier, sur Europe 1, quelques grands médias nous abreuvent, ainsi, par facilité, (et souci d’économie, ce dernier argument ne tenant pas), des émissions fruit de compilations rapidement expédiées.

L’observation pourrait sembler anecdotique si ce phénomène témoigne d’une bien curieuse vision de la société française. Faudrait-il faire remarquer aux responsables de ces antennes que les millions de téléspectateurs et d’auditeurs à qui l’on administre ces interminables rediffusions ne sont pas au 1er novembre, à la Toussaint ou durant les vacances scolaires de Pâques ou de février, aux antipodes, à Saint Barth’, et sur les cimes : Sur les pistes de Courchevel ou les plages des Maldives! Savent-ils que crise oblige les français partent de moins en moins loin de chez eux et que la télévision demeure la  principale occupation de millions de français sédentarisés. Savent-ils que la famille, la maison de campagne des grands-parents, ou plus simplement le domicile principal, restent en ces périodes de « ponts » l’unique  lieu de villégiature pour une majorité. Il est d’ailleurs assez curieux de constater que mêmes les journaux de 20 heures n’ont pas la même tonalité et le même goût, dés lors que ce sont les doublures qui officient quand les vedettes sont au repos. L’information y semble plus décousue, moins institutionnelle : Comme s’il fallait que l’actualité, elle-même, lève le pied et nous épargne. Tachycardie: Vendredi dernier encore, les JT trépidaient au rythme des soubresauts de la planète finance. Or depuis samedi, ce sont les incendies de l’Ile de la Réunion et une grève des hôtesses de l’air d’Air France, dont on se fiche,  qui  tournent en boucle sur les chaînes, l’instar de ces sempiternelles images de Bangkok sous les eaux. Rediffusions toujours…      

Mais c’est là, également, une bien curieuse manière d’envisager ce métier : Industrie du spectacle, l’audiovisuel autorise ainsi nombre de ses vedettes à faire relâche, au motif que la France serait à l’arrêt, quand elle se calfeutre chez elle, en grappe devant le petit écran. Il y a ainsi une forme de désinvolture générale à considérer que ce pays vivrait au rythme confortable de ceux, patrons de chaînes, journalistes vedettes ou animateurs, ceux là mêmes que l’on retrouvera requinqués sitôt ce pont refermé et la réouverture des plateaux de télés prononcée. 

Pas de pot : Nombre de ceux qui auraient souhaité regarder, par exemple, les émissions en clair de Canal+ durant ces quelques jours de repos seront au boulot, quand celles-ci redémarreront. Décidément, la vie est mal faite.

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8 Comments
  • Martino
    octobre 31, 2011

    Il est un scandale encore plus édifiant, celui du très faible taux de « rafraichissement » de films proposés par les chaînes cinéma de l’unique opérateur Canalsat.

    Certains films détenus par les filiales du même groupe Canal+ (Studio Canal, Universal, etc…) sont carrément ultra rediffusés sur ces chaînes.

    En revanche, le nombre de films jamais diffusés (parce que trop anciens ou détenus par les studios concurrents) est considérable.

    En 5 ans, en dehors de l’incontournable production du box office US, Canalsat a saturé de rediffusions les films qu’on peut ensuite retrouver sur les chaînes de la TNT gratuite.

    Si cela continue, si les films « rares » et même les grand succès des années 1950 à 1990 ne sont pas davantage reprogrammés, Canalsat va perdre le noyau du de ses abonnés les plus fidèles : les cinéphiles.

    Ce n’est pas la technologie (HD, 3D, replay…) qui va répondre à cette incompétence ou à cette volonté de limiter le coût de revient des chaînes cinéma de Canalsat (qui gagne pourtant des centaines de millions d’euros !).

    🙁

  • Anne
    octobre 31, 2011

    Films et séries rediffusés ad nauseam d’une chaine à l’autre, après- c’est grandiose!- un seul épisode nouveau quand c’est la fête.
    Plus de VO pour les films, ce qui en gâche vraiment toute l’ambiance.
    Quant aux « créations »! parlons-en de la Création prévue par le cahier des charges:
    Prenons l’exemple d’Albert Schweitzer qui a été massacré hier: caricatures de personnages aux perruques et maquillages improbables, scénario inintéressant et primaire..On rêve à ce qu’aurait pu donner une histoire un peu construite qui aurait donné à voir une des périodes clé de notre histoire et ce tournant vers le monde moderne.
    Vous avez tout à fait raison de dire que cette TV de plus en plus inepte est le reflet du mépris de nos dirigeants pour la population: seuls la Cinq,Arte(qui change, hélas)nous sauvent.
    Où est notre TV d’antan? Quel gâchis!
    Heureusement France Inter nous fait des émissions passionnantes ( pour combien de temps)avec JP Ameisen, S.Paoli,le Carrefour de l’économie,F.Lodéon et d’autres qui ne nous prennent pas pour des abrutis uniquement intéressés par la téléréalité.
    Mais ce n’est pas une consolation! et ce n’est pas de l’audiovisuel…
    Que faire?

  • Chris
    octobre 31, 2011

    Films rediffusés, séries rererere-diffusées. Avez-vous essayer de regarder la télé à l’hôpital? Je pense aux pensionnaires des maisons de retraite ou les personnes qui sont cloitrées par obligation chez eux. Pour les fêtes les téléspectateurs sont ceux qui ne font pas la fête. Ne serait-ce pas l’occasion de leur offrir des grands films, et des émissions de qualité et non une énième resuccée de Derrick ou autre rintintin.????? Qui s’occupe de la diffusion des séries et leur rerediffusions : un acteur qui meurs sur l’épisode de 20h30, réapparait frais et dispos sur le deuxiéme de la même soirée. On a envie de se demander de qui on se moque !!!!!!!!!

  • boissonnet
    octobre 31, 2011

    La rediff du Grand Journal de Canal + me parait particulièrement scandaleuse. Ces bobos s’accordent 15 jours de farniente au Festival de Cannes, puis 2 mois de vacances en été (tant pis pour les abonnés), enfin des rediffs pendant les vacances scolaires. Ainsi peuvent-ils tranquillement partir en vacances (à St Barth ou ailleurs) pendant que la majorité des Français continue de travailler. Le Grand Journal, déjà truffé de pubs et de sketches débiles, et où les invités n’ont pratiquement pas le temps de répondre, est une bulle médiatique qui pourrait bien exploser…

    • Martino
      novembre 2, 2011

      @ Boissonnet

      L’émission de Denisot est produite et souvent réalisée par Renaud Le Van Kim, proche de N. Sarkozy dont il a assuré en 2007, les spectaculaires meetings de campagne.

      Quant on prétend que Cana+ serait une chaîne de gôche… Ca fait sourire ! 😉

  • Coquelicot
    novembre 3, 2011

    Bien vu Martino, + 1.

    Et si les vrais planqués n’étaient pas les fonctionnaires mais ces vedettes de télé payées des fortunes mais qui prennent des vacances à rallonges pour toutes les vacances scolaires ?

    • Lisalychee
      novembre 3, 2011

      Voilà un commentaire qui fait plaisir!! Les profs sont souvent accusés d’être des fainéants, surpayés (oui, oui!!) et qui sont en vacances 5 mois sur 12! Bizarrement personne ne critique les présentateurs et autres animateurs TV, qui eux aussi sont en vancances durant tout l’été, les vacances scolaires et se la coulent douces an mai à Cannes. Et eux ont un salaire sans sans doute un salaire 10, 20 100 fois même pour certains supérieurs à ceux des profs!

      • Martino
        novembre 4, 2011

        Et on ne parle pas non plus des « producteurs » qui ont à leur pieds, une équipe qui fait le sale boulot alors qu’ils touchent un max, friment dans les soirées et à Cannes.

        Pour info, un présentateur gagne 15% de ce que touche le producteur de l’émission.

        Et puis il y a ceux qui cumulent. L’exemple historique le plus connu était feu Jacques Martin : producteur, présentateur, auteur des textes et dialogues, compositeur des génériques, etc…
        Certains s’en sont inspirés comme Denisot ou Fogiel, par exemple.

        Quand on aime… On compte ! 😉