TF1, France 2, France 3, M6… Halte au feu sur les audiences de rentrée !

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Le dirigeant de la société NPA Conseil, Philippe Bailly, spécialisée dans l’étude et l’analyse d’audiences, revient sur son site, sur les carambolages de cette rentrée.  Avec cette avis tranché.

 

Les audiences de la télévision ont en commun avec la météo de changer tous les jours. Et certains y trouvent une véritable mine. De la même manière qu’on a pu écrire que la France comptait soixante millions de directeurs des programmes puisqu’on comptait un téléviseur au moins dans chaque foyer ou presque, on voit chaque jour se dérouler le fil des commentaires, à l’emporte-pièce de préférence et redoutant d’autant moins le superlatif que la publication du lendemain se chargera, si nécessaire, de faire oublier l’erreur d’appréciation du jour.

Que s’y ajoute une tendance certaine au conformisme, et l’on voit ainsi les vagues se former, puis déferler. Qu’une même chaîne accumule deux ou trois contre-performances et l’on annonce que ce sont « ses fondations qui tremblent ».  Que telle autre subisse quelques échecs et c’est, au choix, un « coup de vent annoncé », le « signe d’une tempête », une menace de « noyade »… un jour TF1, le lendemain France Télévisions. Parfois M6 et plus rarement Canal+… A tour de rôle, dans un cycle qui n’est pas sans rappeler celui des saisons.

Pour renforcer le propos, certains animateurs ou journalistes sont parfois sollicités. Souvent les mêmes et dont on reproduit les propos comme s’il émanait d’un agneau tout juste venu au monde. Sans s’interroger, et en tous cas sans inviter le lecteur à le faire, sur la part de calcul et/ou de règlement de comptes qu’il peut y avoir celui dont l’émission n’a pas été renouvelée, ou chez le soupirant au projet duquel il n’a pas été donné suite.

On reprochait hier aux journalistes d’écrire parfois sans se soucier du fond mais parce qu’ils avaient de toutes façons des pages à remplir ; Internet a donné à l’exercice une ampleur insoupçonnée, puisqu’il s’agit maintenant de se hisser en tête de liste des portails et agrégateurs d’information pour y développer audience et publicité, en publiant le plus possible et le plus souvent possible.

Certains se demanderont à la lecture de ce qui précède de quel titre je peux me prévaloir pour m’autoriser de telles critiques. Je le mesure et n’entends évidemment pas me poser en arbitre des élégances numériques. S’agissant des commentaires qui accompagnent tout au long de l’année le déroulement de la saison TV, je me bornerai à deux suggestions :

  • Oser parfois prendre un peu de temps, d’abord. On a pu lire avant le 15 septembre des diagnostics – très peu nuancés – sur certains programmes lancés en début de saison. S’agissant le plus souvent d’émissions hebdomadaires, elles n’avaient donc encore été diffusées que… deux fois. Peut-on entendre qu’une période de rodage soit parfois nécessaire, et que le fait d’œuvrer sous la pression médiatique ne soit certainement pas le meilleur gage d’un travail d’amélioration efficace ? Et peut-on admettre que le public ait besoin d’un peu de temps pour identifier une émission nouvelle à un horaire qui ne lui est pas familier ? N’oublions pas que Star Academy (saison 1) ou Plus Belle la Vie n’ont pas été loin l’une comme l’autre d’être comparées au Titanic dans les semaines qui ont suivi leur lancement. « Sauf que sur le Titanic il y avait un orchestre », selon la plaisanterie alors souvent entendue…

 

  • S’y ajoute pour le service public une contradiction aux allures de tenaille, ou de seringue : l’exigence qui lui est demandée en terme d’ambition de ses programmes, mais le refus de lui pardonner des résultats d’audience à la mesure de la rencontre avec un public ciblé. Pour le dire en d’autres termes, on ne reconnaît que deux rôles à France Télévisions : celui de la fille de mauvaise vie quand ses courbes affichent de belles rondeurs et qu’il est soupçonné alors de racolage ; celui du fils de famille qui dilapide le bien commun familial (la redevance) quand sa part d’audience est moindre. Il est temps d’accepter que son registre est plus vaste, s’adressant parfois à une large assemblée de téléspectateurs à la manière « populaire de qualité » autrefois si cher à François Léotard ; assumant à d’autres moment un registre plus intime, façon orchestre de chambre.

 

Je ne surestime pas bien sur la portée de ces lignes. Puissent-elles simplement nous inciter tous à tourner sept fois la langue dans notre bouche avant d’émettre un propos définitif et souvent blessant et elles auront rempli leur office.

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5 Comments
  • PETRA
    octobre 3, 2011

    M. de Carolis nous a offert « la manière populaire de qualité » et celle « d’orchestre de chambre » et c’était bien hélas trop cultivé,trop chic, « trop tout » il a été remercié, que ne puisse-t-il revenir!!! dommage que notre redevance soit dilapidée pour des mièvreries fort coûteuses qui même avec le temps d’installation ne seront pas meilleures, souvenons-nous de cet été avec « F2 s’occupe de tout, le meilleur touriste,etc » sincèrement on ne pouvait pas rester plus de 5 mn, sinon merci de rendre du temps libre hors petit écran.
    Amicalement : vos doigts sont allés trop vite sur le clavier : c’est UN avis tranché….

  • GMG
    octobre 3, 2011

    Renaud, les fautes : CETTE AVIS TRANCHE !!

  • Newstaf
    octobre 3, 2011

    Bien vu Philippe Bailly,comme souvent, mais les journalistes ne sont pas les seuls responsables de cette surenchêre. Si seulement, par exemple, FranceTélévisions communiquait mieux en indiquant que la course à l’audience ne doit pas être sa priorité, surtout depuis que les soirées de ses chaines ne sont plus soumises aux diktats de la publicité. Par ailleurs, la donne est faussée car certains sites, émissions de radio et de télévision influents sont animés par des personnalités (journalistes ou animateurts) qui sont employées par ces mêmes supports et ont donc tout intérêt à protéger les résultats de leurs employeurs (en ne les évoquant pas quand ils sont mauvais !) et à insister sur ceux des concurents. Enfin il y a le cas de Canal +, qui communique bien, et bénéficie d’une mansuétude incroyable de la part des journalistes TV. Ainsi n’évoque t-on jamais ses « mauvaises » audiences, même si son statut de chaine payante en fait un cas à part bien qu’elle diffuse un certain nombre de programmes en clair à des horaires stratégiques.

  • cochard
    octobre 5, 2011

    bon attendons comme semble le dire ce monsieur mais pourquoi remplacer des emissions de debats qui faisait le double d’audience …par des animateurs (rices)disons un peu limitéS au niveau culture generale et amimation de debats? ON NE PASSE PAS IMPUNEMENT DE LA MATERNELLE ..au cp !

  • MILARD
    octobre 10, 2011

    Quel scandale de dénaturer ainsi « FAUST » !

    Respectez la morale SVP !!!!!