Les médias français, caisse de résonnance de la presse US.

par 11commentaires No tags 0

« Et si les médias Français enquêtaient au lieu de commenter, à propos de DSK, les informations de journalistes Américains!» Frappée au coin du bon sens, cette réaction, glanée sur Tweeter, est consécutive à cette nouvelle poussée de fièvre qui a vu l’ensemble de la presse écrite et audiovisuelle s’emballer ce week-end. A l’origine  de ce nouveau rebondissement, les révélations invérifiables et invérifiées d’un journaliste, Edward Epstein. Relançant  le feuilleton DSK, ce septuagénaire aperçu sur un grand nombre de chaînes, a pointé les quelques zones d’ombre qui entourent toujours l’affaire du Sofitel et demandé à Accor de diffuser des images montrant deux personnes se congratuler après avoir écouté le récit de Nafissatou Diallo.

Le journaliste affirme en effet dans son enquête que le procureur de New York aurait en main les enregistrements de vidéosurveillance du Sofitel dans lesquels on voit deux employés se réjouir, l’espace de trois minutes après avoir entendu la femme de chambre accuser DSK de crimes sexuels. Il parle à cet égard d’une « danse de fête extraordinaire ». Ces nouvelles allégations ont été vigoureusement démenties par le groupe Sofitel – qui évoque, de son côté, une scène, non pas de 3 minutes, mais de 8 secondes, entre deux employés évoquant de manière tapageuse un résultat sportif. Et elles ont obligé Claude Guéant à sortir du silence, puisque c’est l’UMP et les cercles sarkozystes qui se trouvent à nouveau visés dans  cette version.    

Il n’en aura pas fallu plus pour que la théorie du complot retrouve des couleurs et que les médias, sans autres éléments que ceux avancés par le reporter Américain, surfent allègrement sur cette dernière thèse. Un scénario chasse l’autre, une version des faits balaye la précédente: le feuilleton de l’affaire DSK se nourrit ainsi de bribes d’informations assénées et invérifiées, mais aussitôt répercutées et interprétées à la vitesse des dépêches d’agence. Si bien que ce matin, RMC interrogeait ses auditeurs, lesquels se disaient sur Internet majoritairement convaincus que DSK avait été victime d’un traquenard. Jusqu’aux prochaines investigations d’une autre figure de la presse Américaine, laquelle est devenue dans cette affaire le premier prestataire de la presse française. Il est ainsi étonnant qu’une telle affaire, qui continue de passionner les français, soit devenue l’objet d’enquêtes d’une seule presse Américaine, dont chaque révélation a valeur de scoop. Et qu’il ne soit pas un seul organe de presse Français pour dépêcher de longues semaines durant, à New York, une équipe de journalistes qui la passeraient enfin au peigne fin. On touche là aux difficultés de la presse française et à ses contingences économiques. Pas un titre n’est en mesure aujourd’hui d’engager des moyens conséquents dans le but de réaliser une enquête qui mériterait un gros dispositif sur place. Et pas un titre n’est en mesure de répondre à la question que soulève Edward Epstein et qui demeure six mois après son éclatement  sans réelles réponses: DSK, victime ou coupable?   

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11 Comments
  • db
    novembre 28, 2011

    Renaud Revel devrait commencer par lire la vraie source (http://media.nybooks.com/strauss.html) avant de commencer à commenter. Car il fait ce qu’il critique !

  • broche
    novembre 28, 2011

    Je crois que la presse française ne peut que reproduire ce qu’écrit la presse américaine, cela ne veut pas dire qu »elle est d’accord ! Cela nefait pas de dsk un innocent et tent à démontrer qu’il y a eut complot, et alors ca ne fait que démontrer l’addiction de ce monsieur pour. le sexe et que n’importe qu’elle femme qu’il a devant lui il faut qu’il lui saute dessus. Quand arreteras t-on de parler de ce monsieur et de ses histoires de sexe, ça commence a bien faire, mr les journalistes passer à autres choses, merci d’avance.

  • Pierre P
    novembre 28, 2011

    En effet… Ce qui est peut-être le plus humiliant pour la France dans cette affaire, c’est bien la manière des journalistes français de la traiter, ou plutôt de ne pas la traiter…
    Quand on lit la presse en France, on a l’impression de lire le compte-rendu du travail des agences de presse, des journalistes étrangers, de la police ou des politiques.

    Les journalistes français ne sont désormais plus que des commentateurs. Et lorsqu’ils enquêtent, ils sont regardés comme des « guignols » par leurs pairs (cf. les enquêtes de Mediapart sur l’affaire Karachi, superbement ignorées par la plupart de leurs confrères).

    Est-ce de la paresse ? De l’incompétence ?
    Parce que l’excuse du « manque de moyens » est trop facile… Il ne me semble pas que les journalistes de Mediapart par exemple, soient les mieux lotis. Et quoiqu’on pense de leurs enquêtes et de leur travail en général, ils ont au moins le mérite de faire le travail qu’on attend d’un journaliste.

  • Martino
    novembre 28, 2011

    On bat des records dans ce blog.

    Si le sujet intéresse quelques journalistes parisien, il n’intéresse plus personne d’autre. L’acharnement se confirme et s’amplifie même ! Pour quels motifs ? Il conviendrait de balayer devant sa propre porte Renaud, quelle énergie dépensée et quel temps passé à écarteler ce personnage politique désormais à terre…

    Cet acharnement devient lassant. Une nouvelle fois, vous dénoncez soi-disant les pratiques journalistiques que vous pratiquez vous-même dans ce blog. C’est le 15e sujet sur DSK !

    Merci de bien vouloir traiter de sujets considérablement plus essentiels pour nous, pauvres lecteurs : le poids des groupes industriels et financiers qui en contrat avec l’État français pour vendre du BTP, des armes, des Télécom ou de l’Eau, sont également ceux qui dirigent les plus puissants médias : TF1, Canal+, M6, Lagardère, etc…

    Suggestion : toujours rien sur la remise en cause de la fusion TPS+Canalsat ?

  • azise.b
    novembre 28, 2011

    M.Revel

    C’est normal que les médias fassent la peaux a DSK, car ils sont dans la culpabilité de n’avoir rien dit depuis des lustres. Alors, les médias, les journalistes le tapissent et en plus il est vendeur le bougre, puisque a chaque mois, il y a un scandale sur sa pomme. Il faut être dingue pour laisser passer l’occasion rêvé. Après le Carlton avec comme second couteau, Dédé la Saumure et les flics ripoux et maintenant un journaliste qui prend des vessies pour des lanternes tout ça parce qu’il voit deux types qui se tapent la bourre et il en déduit qu’il parle de DSK! Même lui, il veut sa minute, sa seconde de gloire. Tout le foin de DSK ne vient que commencer, car il opère depuis plus de 4O ans, bientôt on va voir les mémés des années soixante se pointer pour l’accuser, ça ce serait drôle.Bon, DSK ne peut plus s’en sortir et l’enfumage du complot, franchement c’est du mauvais scénario de la série Z! Il n’y a pas eu de complot et ce n’est pas comme ça qu’ils vont le prouver, trop limité , pas de preuve , il va falloir que DSK cherche un autre truc pour ne payer au civile; il ne fait que s’enfoncer, c’est normal quand on est au aboie on saute sur n’importe quel plan foireux!!

  • jacquou
    novembre 28, 2011

    Que ce soit pour l’affaire DSK, ou pour n’importe quel autre sujet, aucun media écrit français n’a les moyens financiers d’envoyer une équipe (voire meme un seul journaliste) aux USA ou ailleurs pour effectuer une enquete d’investigation. C’est fini l’époque des grands reportages et des journalistes d’expérience. Quelques free lance tentent le coup mais ont bien du mal å se faire payer leurs reportages. La presse et les blogs comme celui-ci se limitent å commenter les dépéches d’agence (quand il ne s’agit pas d’une vulgaire copie å peine retouchée). Meme la TV préfére organiser des talk shows en plateau. Cela ne coute pratiquement rien. C’est plutot triste mais c’est la réalité d’aujourd’hui.
    Signé : un ex-journaliste
    PS : désolé pour les accents (clavier US)

  • RvieGauche
    novembre 28, 2011

    Faire des enquêtes, vous plaisantez ? Avec les trois lettres D.S.K, nos médias français depuis 7 mois sont devenus des dealers qui fourguent leur came tous les jours tranquillement, et ils ont rendu la France accro et déjantée.
    en plus la came ça rapporte. La french connection ne va pas s’amuser à s’auto flinguer.

  • pierrot
    novembre 28, 2011

    bah il y a pas que les propos de ce journaliste américains que nos médias retranscrivent mais tout ce que nos politiques disent aussi car les médias français ne font plus leur boulot de journaliste mais des portes paroles des parti politique, ils retranscrivent les dépêches des agence de presse et sa s’arrête là, pas dei suite ni rien, quand les journalistes bougent c’est quand sa s’enflamment sur internet ou alors que le cosmos parisiens prends feu.

    les journalistes, car sont tous parisiens, parlent juste ce qui est important dans le milieu politique parisiens et le reste ils en moquent, donc je pense que ce journaliste américain aurait beaucoup de leçon à donner aux médias français qui se cachent derrière le droit à la vie privée de nos politiciens, mais bon, quand on s’est que tout nos médias sont tenu par des groupe proche du milieu politique, on peut se poser des questions sur l’indépendance des journalistes français qui sont trop proche de nos politiciens, donc l’affaire DSK et ses soucis, pourquoi aucun médias n’a rien dit si tout le microcosme parisien le savait? pourquoi un tel silence? quel affaire va t’on nous sortir et qui a été tut par nos médias pendants des années car nos journalistes ont été complice de se silence?

    car, moi, je croirais plus un journaliste américains, qui sont plus indépendant que les journaliste français, qui ose critiquer ou dire ce qu’il pense, que un journaliste français qui couvre un politiciens de ses méfaits, comme pour mitterrand avec sa famille cacher dans les années 80 et après son cancer que nos journalistes n’ont jamais dit sa maladie, alors qu’il était plus possible qui dirige le pays normalement.

    donc, est ce que les journalistes américains peuvent donner des leçons de journalisme aux français, moi je pense que oui car les journalistes français ne font pas leur boulot d’informer mais font de la désinformation quand sa touche un politicien

  • Stern
    novembre 29, 2011

     » RAS LES CASQUETTES DES COMMENTAIRES » et je reste poli, excuser du peu……….

     » EST-CE QU’ILS EXISTENT ENCORE DES JOURNALISTES D’INVESTIGATIONS » ????

    OUI, BIEN SUR !!!!!!

    ARRETER DE NOUS PRENDRE LE CHOU TOUS LES JOURS.

    STOP !!

  • Martino
    novembre 29, 2011

    @stern
    « Journaliste d’investigation » : invention française.

    Il est particulièrement curieux d’avoir inventé cette expression car la fonction même d’un journaliste « de base » n’est elle pas justement d’enquêter, de dénicher, de recueillir des faits d’actualités inédits ?

    Mais hélas, s’il existe quelques « oiseaux rares », 99,9% des journaliste font désormais leur travail en :
    * Récupérant l’AFP ou les grandes agences le plus souvent au mot près
    * Lisant, écoutant et regardant leur concurrents pour « colporter »
    * Partageant exactement les mêmes méthodes et les mêmes filières

    N’est-il pas surprenant de constater qu’alors que les médias se multiplient, de plus en plus rares sont les « exclusivités, » les inédits et autres scoops ?

    Enfin, à la différence des principaux pays (y compris les USA), un « bon sujet » se base sur 95% de données factuelles et 5% de point de vue éditorial. Chez nous, c’est exactement l’inverse. C’est pour cette raison que de très nombreux journalistes se ridiculisent depuis des décennies avec leur grand savoir. Ce qui est triste c’est qu’en raison de ces dysfonctionnements, le public se détourne de la presse au bénéfice d’Internet.

  • Christophe ASSELIN | Digimind
    novembre 29, 2011

    Résonance avec un seul N serait pas mal 😉