Sarkozy: propos de campagne ou intervention présidentielle?

par 6commentaires No tags 0

http://www.youtube.com/watch?v=xbWlmO_Nwo4 

« La peur est revenue » lâchait hier à Toulon, non pas Roger Gicquel, mais Nicolas Sarkozy. Les scribes du chef de l’Etat ont-ils eu un instant en mémoire cette fameuse et lugubre expression de l’ancien journaliste de TF1, au regard d’épagneul battu, avant de rédiger ce passage du discours du locataire de l’Elysée? Le mot, dont on devine qu’il a du faire l’objet d’intenses réflexions avant qu’on ne le jette sur une feuille blanche comme l’on dégoupille, a fait mouche, en tous les cas, si l’on s’en réfère aux radios qui glosaient ce matin sur ce thème. Le mot a fait fureur au point d’entendre RMC sonder ce matin ses propres auditeurs, avec cette interrogation anxiogène: «Et vous, avez-vous peur?»

Posée cette question à un pays qui détient déjà le record mondial de consommation d’anxiolytiques revient à demander à un candidat au suicide s’il préfère le premier ou le deuxième étage de la Tour Eiffel pour se jeter dans le vide.  Le discours de dramatisation de Nicolas Sarkozy est dangereux et porteur de graves dérives. Car la rhétorique de la peur n’est pas une arme démocratique. Mais c’est l’un des ressorts classiques et souvent efficaces de l’argumentation en politique: y recourir est plus ou moins inévitable, à la condition que cette peur soit raisonnablement fondée. Ce qui est loin d’être le cas, aujourd’hui. Boite de Pandore du populisme, elle ouvre la voie à toutes les instrumentalisation de l’opinion.

Voilà en tous les cas un aspect de l’intervention de Nicolas Sarkozy qui ne devrait pas interpeller le CSA. En revanche, la tonalité générale du propos du chef de l’Etat pose une sempiternelle question, soulevée par le PS. En effet, personne n’en a douté hier, y compris les militants de l’UMP interrogés à la sortie : c’est bien un Nicolas Sarkozy au discours de campagne qui officiait à la tribune. Revient alors l’éternel débat jamais vraiment tranché, qui file des migraines aux membres du CSA et à son président: Peut-on interminablement ranger ces allocutions au registre des interventions du Président de la République, quand c’est le candidat, à peine virtuel, à la présidentielle, qui s’exprime de manière à peine subliminale? L’opposition qui n’est pas dupe a ainsi beau jeu de crier au déséquilibre et à l’usurpation d’identité. Quant aux chaînes de radio et de télévision, elles n’ont pas d’autres choix que de se ranger à une règle strictement arithmétique régie par le chronomètre, maintenant fois dénoncée dans ces colonnes, qui confine à l’absurde. Pour preuve, Toulon.

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6 Comments
  • Hipparkhos
    décembre 2, 2011

    Maintenant -> maintes ?

  • cricri d'aix
    décembre 2, 2011

    Il se moque vraiment du peuple. A sa malhonnêté intellectuelle (si l’on peut parler d’intellect pour lui), s’ajoute une escroquerie, puisque n’étant pas candidat déclaré, il fait sa campagne à travers sa fonction de président, c’est-à-dire aux frais du contribuable.

  • azise.b
    décembre 2, 2011

    LE BERET ACCROCHé AU CASQUE A POINTE!

    Voilà le lamentable discour d’un président qui sait déjà que la partie est perdue. Il ne sera plus président dans 6 mois. Il ne sera plus président car l’allemagne vient de gagner, vient de mettre a genoux la France avec sa troisiéme guerre réussie, cette fois, financiére. Les allemants ont toujours voulu diriger l’Europe, ils ont fait deux guerres pour ça. Ils doivent bien rigoler les germains. Ils doivent bien se marrer, car ils ont devant eux, un président faible, comme ils ne l’espéraient plus. Le discours de Sarkozy est un discours de collaboration et c’est ça qui fait froid dans le dos. Il n’accuse pas la casse social organisé par ses amis les financiers et les allemands en premiére ligne, non, il accuse les Français, comme Pétain; les francais sont des fainéants, qui ne travaillent pas assez, vieux discours de l’extreme droite qui détestent les classes laborieuses. Avec la Merkel, ils sont d’accord. Et puis Sarkozy, ne fait il pas une politique d’extreme droite depuis 2007, envers les pauvres, les syndicalistes, les partis de gauches et pour s’essuyer les pieds, les Français issues de l’immigration qu’il trouve pas assez blanc a son goût, même si a ce qu’il parrait, il a bien rigolé en voyant le film  » Intouchable « ! Va comprendre Charles? Mais quel ratage tragique, d’un homme qui n’est que l’ombre de lui même, l’ombre du chien chien a madame choucroute! Voilà, comment il est entrain de brader la France, comme un poivro qui cherche son équilibre a la sorti du bistrot et qui hurle a qui veut l’entendre, que ce n’est pas de sa faute si tout fout le camp! C’est ça le discours de Sarkosy, un discours de quelqu’un qui ne comprend même plus ce qu’il raconte. Les traits tirés, mauvaise mine, cernes et poches sous les yeux, des poches qui représentent l’escrorie de l’aventure absurde de cette présidence.Et dire qu’il critiquait Jacques Chirac! Mais on aurait bien voulu que Jacques Chirac avec tout ses défauts, on prend sans discuter! Avec lui, je crois que la Merkel, ne la ramenerais pas comme elle le fait actuellement!!
    Sarkozy a commencé avec la lettre de GUY MOQUET, paix a son âme et il finit dans l’anti-chambre d’une collaboration avec l’Allemagne! Quelle misére, là ou l’histoire se répéte toujours! Normal, c’est toujours les mêmes qui ont le jeux de cartes! Vive Jaures!!

  • HAL Chipset
    décembre 2, 2011

    Soyez indulgent avec un système débordé, par la charge de travail, les enjeux et les tentions dont elle n’est pas immunisé. Tentions intellectuelles et émotionnelles.

    <3

  • Gerards
    décembre 3, 2011

    Mais qui peut encore le croire?