France Télévisions répond à la Cour des comptes

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Suite à la publication du rapport de la Cour des comptes, dont un chapitre est consacré à France Télévisions, cette maison, dirigée par Rémy Pflimlin, a cru bon réagir sous la forme de ce commentaire que je vous livre dans son intégralité.

« La direction de France Télévisions a pris connaissance du rapport annuel 2012 de la Cour des comptes qui contredit la vision catastrophiste que certains se plaisent à avoir sur le Service Public de l’audiovisuel.

Elle considère ce rapport encourageant et positif pour France Télévisions, qui :

1) se réforme

La Cour des comptes reconnaît la complexité de la démarche de construction de l’entreprise commune France Télévisions engagée en application de la loi du 5 mars 2009, et le fait que sa mise en œuvre ne peut être que progressive et étalée sur plusieurs années, avec une complexité liée à la forte divergence initiale des systèmes d’information et à la disparité des statuts sociaux et des organisations du travail. La Cour note l’avancement des travaux de convergence des systèmes informatiques et des négociations sociales,

2) a vu sa situation financière se redresser

La Cour des comptes prend acte de l’amélioration de la situation financière de l’entreprise. Elle relève l’importance de la consommation de la trésorerie sur la durée du COM, tout en notant qu’elle est justifiée par le poids des investissements liés à la convergence des systèmes d’information et à l’augmentation des engagements en faveur de la création. La direction de France Télévisions rappelle que la trésorerie restera positive au terme de la durée du Contrat d’objectifs et de moyens 2011-2015. Elle reste évidemment attentive aux évolutions de l’environnement de l’entreprise, et entend poursuivre résolument la mise en place de l’entreprise commune afin d’en retirer les synergies attendues.

3) assainit ses relations avec les producteurs

L’ensemble des recommandations de la Cour en la matière ont été mises en œuvre, à une exception près, relative à la définition des obligations de production, qui relève du pouvoir réglementaire, et hormis deux expérimentations préconisées, difficiles à concilier avec la nature des activités de production audiovisuelle telles qu’elles sont exercées par l’ensemble des producteurs indépendants.

Un plan d’audit renforcé a été mis en place en 2011 et pour 2012, sur la base d’une méthodologie unifiée, appliquée par les cabinets d’audit externes. Un référentiel des coûts de production a été établi pour permettre des analyses et comparaisons. La démarche d’audit de production est en voie d’être généralisée. Il est prévu dans le COM que, sur sa durée, 90 % des émissions de flux existantes devront avoir fait l’objet d’un audit, et que des audits de production seront également réalisés pour les oeuvres audiovisuelles.

Comme l’avait souhaité la Cour en 2009, la présentation homogène des devis et des remises de comptes, l’identification et le chiffrage de la rémunération des producteurs, et l’insertion d une échéance de paiement à la remise des comptes, figurent bien dans tous les nouveaux contrats.

Concernant plus généralement les rédactions nationales et l’information, reconnue comme l’un des succès actuels de France Télévisions, la Cour souhaite « le développement d’un référentiel de qualité sur la base de critères objectifs (durée des reportages, angle international, point de vue d’experts, débats contradictoires) ». La direction de France Télévisions n’estime pas que le développement d’outils quantitatifs de mesure de la qualité de l’information puisse permettre de planifier et piloter de manière satisfaisante l’activité des rédactions.

Pour autant, France Télévisions ne conteste pas la nécessité de disposer d’indicateurs de suivi des moyens affectés à la collecte et à la fabrication de l’information, ainsi que d’améliorer leur performance économique. C’est un des objectifs poursuivis par la direction de l’entreprise, dans le respect de l’identité éditoriale de chaque rédaction, comme en attestent les projets engagés par la direction générale adjointe des rédactions :

– la mise en place d’une direction des reportages et des moyens, commune aux différentes rédactions nationales ;

– une coordination centralisée des reportages (au lieu de deux coordinations jusque là) afin d’optimiser les envois d’équipes pour couvrir l’actualité et notamment éviter la présence d’équipes multiples sur des événements ne le justifiant pas ;

– la mise en commun de services techniques en vue d’en mutualiser les moyens ;

– la modernisation de ses processus de fabrication notamment au travers de la dématérialisation de l’ensemble de la chaîne de fabrication de l’information (France 2 en 2011 et France 3 à partir de 2012) ce qui inclut en outre la transmission via internet des images de reportages.

La couverture des échéances électorales présidentielles et législatives en 2012 sera de même l’occasion de déployer pour la première fois un dispositif mutualisé, avec le choix d’un institut de sondage unique pour accompagner le groupe, la couverture de la campagne avec des moyens communs pour des événements tels que les conférences de presse de candidats, leurs meetings et déplacements, mais aussi pour les soirées électorales elles-mêmes, sans faire obstacle à un traitement éditorial différencié de ces événements. »

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