Plaidoyer pour une économie de l’immatériel.

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L’économie de l’immatériel : Un veau d’or pour le futur ou une lubie rêvée par quelques théoriciens d’un nouvel ordre économique mondial qui ne jurent, notamment, que par le net et ses applications? Voilà quelques années déjà que toute une génération de dirigeants, issus  du monde de l’internet de la publicité ou de la nouvelle économie, tentent d’esquisser les contours d’un nouveau modèle de société où la Net-économie et les nouvelles technologies, au sens large du terme, seraient au cœur de tout: un vecteur pour la vieille Europe, un levier pour les entreprises, un Eldorado pour des politiques encalminés par la crise. Et une planche de salut pour des sociétés aujourd’hui sans repères et en déshérence, qui ne croient plus aux vertus d’un capitalisme éculé et à bout de souffle.

 

Mais une fois posé ce postulat, quels sont les signes ou les pistes qui permettent, concrètement, d’envisager un nouveau modèle de société, quand la totalité des responsables politiques, déboussolés, semblent vouloir régler la crise à coups de veilles recettes, ignorant les mutations en germe ?

 

Président de l’Observatoire de l’Immatériel, PDG de l’agence Euro RSCG C&O et personnalité écoutée dans les sphères de décision, au coeur de l’Etat, Laurent Habib, (photo), vient de publier un petit opuscule, pertinent, qui a pour intérêt de proposer tout un arsenal d’initiatives concrètes, destinées à donner à cette économie de l’immatériel, qui nous échappe, une valeur, un contenu et des objectifs. Et l’auteur de tracer les grandes lignes de ce que devrait être, à ses yeux, une « nouvelle politique publique».

 

Laurent Habib explique ainsi que, « la politique industrielle de la France ne doit plus se contenter d’aider les champions nationaux, mais se doit de miser sur les segments d’activité à forte valeur ajoutée : l’aéronautique, les énergies renouvelables, les biotechnologies, le numérique… » Or « pour être efficace », poursuit l’auteur, «nos politiques publiques doivent tenir compte des potentialités de l’immatériel, et la politique industrielle doit être intégrée à la politique économique globale. En d’autres termes, pour renouer avec la croissance, écrit-il, le pays a besoin d’une réorientation complète de sa politique publique ».

Mais comment et quelles sont les pistes en la matière? Notre tête chercheuse, fréquemment consultée par les têtes pensantes de Bercy dessine alors 4 axes d’orientation:

 

 

1. Mesurer les actifs de l’immatériel. On ne peut mesurer l’état de santé d’un pays et son poids économique à l’aune de ses seuls actifs industriels visibles : Le Pib d’un pays « ne peut plus constituer l’indicateur valable du progrès, notamment parce qu’il méconnait la richesse « non matérielle», telle que le progrès social, la qualité de vie ou le bien-être ». Et Laurent Habib de préconiser un état des lieux de cette économie non visible, « afin de mieux prendre en compte la consommation réelle et les facteurs de bien-être, ainsi que le développement des services, (prestations de santé ou d’enseignements, technologies de l’information et de la communication…)

2. Mieux protéger les actifs de l’immatériel. Dans un monde désormais totalement ouvert, où la pratique de l’Open source, chère à Google, est devenue l’un des piliers de la nouvelle économie, il est urgent de conforter le droit de la propriété intellectuelle, estime Laurent Habib. « Si l’on admet que la valeur réside dans les actifs immatériels, on ne peut considérer que la modernité aboutirait inéluctablement à la gratuité des idées et des savoir-faire des entreprises. Une telle forme de dérégulation est contradictoire avec la nouvelle économie dont elle se réclame  et va directement à l’encontre de la croissance à venir (…) Puisque c’est sur leurs talents, leurs savoir-faire, leurs marques, leurs contenus, que repose l’essentiel du potentiel de croissance des entreprises, il est vital de préserver leur juste rémunération ».

  1. 3. Mieux valoriser  les actifs immatériels par des mesures d’incitation. Crédits d’impôt, taxation réduite des redevances, amortissement fiscal, financement des PME innovantes, soutien à l’économie fondée sur des activités à forte valeur ajoutée, déblocage de crédits, à grande échelle, pour des projets innovants, possibilité de gager des actifs immatériels pour emprunter et se développer…Laurent Habib multiplie les pistes.
  2. 4.Favoriser enfin l’investissement  privé et la recherche dans l’immatériel. « Les apports en fonds propres aux entreprises devraient mieux prendre en compte le capital immatériel » : création de fonds de private equity, mise en place de systèmes d’épargne, type PEA, promotion des acteurs qui investiraient massivement dans des entreprises fortement immatérielles, prime à l’innovation…Laurent Habib est intarissable et  son livre un ouvrage de recettes anticrise, un ouvrage de grammaire économique, à destination d’une classe dirigeante déboussolée.  A lire!

 

Laurent Habib. La force de l’immatériel. (Puf).

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2 Comments
  • Besnard
    janvier 13, 2013

    Bonjour,

    Vous utilisez une photo de l’artiste Katya Legendre, sans en avoir demandé les droits à l’auteur .Merci de bien vouloir rajouter le nom de l’artiste sous la photo, ou la supprimer.

    Le cas contraire, une procédure judiciaire sera entreprise à votre intention.

    Cordialement.

    Mr Jacques Besnard.

    • besnard
      janvier 14, 2013

      Bonjour,
      Vous utilisez une photo de l’artiste Katya Legendre, sans en avoir demandé les droits à l’auteur .Merci de bien vouloir rajouter le nom de l’artiste sous la photo, ou la supprimer.

      Le cas contraire, une procédure judiciaire sera entreprise à votre intention.

      Jacques Besnard