Une « First lady » sous le feu médiatique

par 9commentaires No tags 0

Elle est en couverture de l’Express et de VSD cette semaine, elle agite le monde de l’édition où les projets de livres pullulent, bref, elle attise les commentaires et la curiosité, bien qu’à peine intronisée Première dame. Valérie Trierweiler est devenue en l’espace de quelques semaines l’objet de toutes les attentions d’une presse qui s’attache au moindre de ses pas -et faux-pas : cette journaliste devenue First Lady  déconcerte. Un pied dans la fonction, l’autre dans son ancienne vie qu’elle peine à refermer, la compagne de François Hollande va devoir se trouver une place sous les feux des projecteurs, quand les observateurs font, jour après jour, la chronique méticuleuse de ses propos tenus tantôt sur Twitter, tantôt aux  journalistes qui l’interrogent au débotté. Une chose est sure, l’intéressée qui n’a pas la langue dans sa poche et un caractère bien trempé, semble décidée à désacraliser la fonction. Oui, mais comment ? Quelle peut être son influence  à l’Elysée? Quels  rapports entend-t-elle entretenir avec sa profession ? Comment envisage-t-elle de gérer sa communication et son image ? Et modifiera-t-elle les rapports qu’entretient de longue date François Hollande avec les journalistes, une sphère  qu’il affectionne particulièrement? 

 

Il y a quelques semaines de cela, le projet socialiste pour la presse avait suscité une vive inquiétude chez les éditeurs, en particulier de magazines. Le Syndicat de la presse magazine avait même adressé un courrier à François Hollande pour lui faire part des craintes des professionnels, qui redoutent les mesures envisagées sur les aides à la presse. « Il est primordial de remettre totalement à plat les aides à la presse », expliquait alors un texte signé de François Hollande, « de mieux les orienter vers le lecteur citoyen, celui qui réfléchit. […] Le lecteur consommateur, celui dont l’activité de lecture prolonge souvent une activité de loisirs, devra quant à lui acquérir son magazine au juste prix ». Bref, il s’agirait de réserver les aides aux titres dits « d’information politique et générale » (PIPG). Les aides directes, qui représentent environ 400 millions d’euros par an, sont déjà largement réservées à la presse PIPG. Mais les aides indirectes (TVA réduite, tarifs postaux avantageux…), estimées à 600 millions d’euros, sont accessibles à tous les titres, quel que soit leur contenu.

 

Or François Hollande semblait indiquer que seuls les journaux d’information générale, qui contribuent au pluralisme et à l’éducation du plus grand nombre, pourraient désormais bénéficier de ces fameuses aides. Exit, notamment, la presse télé ou people : celle qui, sous-entendu, survole, réduit, abêtie, lobotomise! Y aurait-il donc une presse noble et une autre de caniveau, des journalistes galonnés et d’autres, roturiers?  J’évoque cette question en raison d’un fâcheux épisode qui avait opposé, en 2008, François Hollande et Valérie Trierweiler au magazine Closer. Cet hebdomadaire people avait publié quelques photos volées du couple, des clichés  pris à leur insu sur une plage au Maroc. Or irrité, François Hollande avait demandé à la justice la saisie et l‘interdiction immédiate du numéro, ce qu’il n’obtint pas : C’était, en tous les cas, une première dans les annales de ce journal pourtant assommé de nombreuses procédures depuis sa création.

Il est à espérer que cet épisode n’a pas laissé des traces dans l’esprit du couple présidentiel et qu’au nom de je ne sais quel dogme, on ne se décide pas à séparer, journalistiquement, le bon grain (supposé) de l’ivraie. Et de couper le robinet des aides à une presse qui intéresse chaque semaine plusieurs millions de lecteurs.

 

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9 Comments
  • Lemotina
    mai 15, 2012

    Il est certain que pour Valérie Trierweiler, la dureté du choix pour son avenir, en tant que Première Dame, ne va pas être facile à prendre. Il lui reste à trouver sa place.

    • eldorado
      mai 15, 2012

      Trouver sa place vous dites? Mais si elle est partout!

  • Blanc Cassis
    mai 16, 2012

    1) Cette femme a beaucoup (trop) de présence politico-médiatique depuis quelques semaines et le jour de l’investiture, j’avais le sentiment qu’elle dirigeait.
    2) Ségolène Royal avait éclipsé Hollande en 2007, serait-ce le tour de VT ? le nouveau Président puiserait-il son ambition et son caractère auprès de cette femme ?
    3) Si elle ne peut poursuivre sa carrière de journaliste, elle peut avoir un job à l’Elysée comme conseillère médias : elle décidera des nominations au CSA, des patrons de France Télévision, Radio France, des subventions que vous décrivez. Elle pourrait écrire pour Libé, Le Monde et autres revues objectives….

  • LMGaveriaux
    mai 16, 2012

    Séparer le bon graie de l’ivraie ? Et pourquoi pas ! On parle de l’argent des contribuables, pourquoi devrais-je accepter de financer ces torchons abêtissants ? Ils sont libres d’imprimer, mais pourquoi les aider ? Et pourquoi accepter nécessairement de les qualifier de journalistes, ces gens ? Je trouve votre article bien démago pour une fois… l’intelligence n’est pas une tare aux dernières nouvelles, le marketing idiot, lui, oui.

    • PetitPoucet
      mai 16, 2012

      Le propre de la démocratie c’est de laisser TOUT le monde s’exprimer ( les  » idiots » et les moins « idiots »). A partir du moment ou il y a des aides elles doivent être pour tout le monde et pas que pour ceux qui seront choisi sur des critères de préférences subjectives d’un groupe au détriment d’un autre groupe. Que vous estimiez que certaines publications soient des  » torchons abêtissants » c’est votre avis ( peut être justifie) mais ça ne peut avoir valeur de loi.

      • LMGaveriaux
        mai 16, 2012

        Vous ne savez pas lire ? J’ai dit « ils ont le droit d’imprimer ». Ce n’est pas parce qu’on ne les aide pas financièrement que l’on contrevient à la liberté d’expression… faudrait peut-être arrêter de les lire ces torchons, voyez quels dégâts ça fait !

  • Ln2367
    mai 16, 2012

    Il est bien dommage que ces toutes ces infos viennent après les élections !

  • boissonnet
    mai 16, 2012

    Aucune raison que nos impôts servent à subventionner cette presse « people ». Il y a énormément d’économies à réaliser parmi les subventions diverses accordées par l’Etat. Toutes ne se justifient pas, loin de là.

  • Marie971
    mai 18, 2012

    Première Dame, c’est pas elle qui déclarait vouloir continuer à travailler pour élever ses 3 enfants, c’est louable, mais à quel moment travaille-t-elle, elle est partout!!!!!!