Conciliabules et opacité autour de la nomination du futur patron de l’AEF

par 0 No tags 0

 

 

 

 

 

 

La succession d’Alain de Pouzilhac à la présidence de l’Audiovisuel Extérieur de la France, cette entité qui coiffe France 24 et Radio France International, prend un tour pas clair. Sous couvert d’indépendance et de transparence, l’Elysée, sur la décision de François Hollande, a décidé de confier au CSA le soin de désigner celui ou celle qui prendra la tête de cette entreprise couvée du regard par d’encombrants parrains, qu’il s’agisse du Quai d’Orsay ou de l’Elysée. Pas dupes, les syndicats de l’AEF commencent à s’agacer face à ce qui ressemble de plus en plus à un simulacre de nomination.

Car qu’on le veuille ou non l’AEF n’est pas une entreprises comme les autres, mais une vitrine battant pavillon français tournée vers le monde. Bref, un vecteur essentiel au même titre que le BBC World Service. C’est ainsi que la nomination de son PDG prend bien évidemment un tour politique: il va sans dire que le CSA ne pourra pas désigner quelqu’un qui n’aura pas été adoubé, au préalable et en coulisses, par la nouvelle majorité et son exécutif. Que restera-t-il de la flopée de candidats, officiels et officieux, déclarés ou non, une fois ces derniers passés au tamis du politique et par le shaker du cabinet de François Hollande? Quand on pose benoitement, ici ou là, dans les allées du pouvoir, la question du profil du futur patron de l’AEF, un premier tri s’opère déjà: plus question, en effet, d’un journaliste ou d’une personnalité issue de la société civile. Echaudé par l’épisode Ockrent et le bras-de-fer avec Alain de Pouzilhac, l’Etat, versus François Hollande, semble  vouloir garder la main sur cette nomination.

Est-ce un hasard si depuis quelques jours le nom de la présidente de TV5, Marie-Christine Saragosse, un haut fonctionnaire rompu aux rouages de l’Etat et habitué de longue date aux arcanes du Quai d’Orsay, qu’elle fréquente assidument, revient de manière insistante ?  

Le système instauré par Nicolas Sarkozy avait le mérite de la clarté: considérant que l’AEF est un maillon, un instrument,  essentiel de la présence française dans le monde, l’ancien locataire de l’Elysée avait installé à sa tête une équipe de son choix. Or si la méthode a pu choquer, elle correspondait à une logique politique: Je paye, j’incarne, donc je nomme ! Décidé à rompre le fameux cordon ombilical, François Hollande a redonné au CSA cette prérogative: une belle initiative à laquelle on applaudirait volontiers si des manœuvres et des conciliabules d’antichambres ne venaient obscurcir un processus de nomination bien moins transparent qu’il n’y parait.

0

Comments are closed.