Le journaliste-lobbyiste Marc Francelet nie toute escroquerie et sera fixé sur son sort le 16 janvier

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Françoise Sagan l’estimait paraît-il incapable de faire du mal à une mouche; le journaliste-lobbyiste Marc Francelet saura en janvier si le tribunal correctionnel de Paris l’a jugé coupable d’escroquerie aux assurances chômage et de recel d’abus de biens sociaux.

                 
La 11e chambre du tribunal, qui jugeait Marc Francelet et neuf autres prévenus depuis le 15 octobre, a mis mercredi sa décision en délibéré au 16 janvier à 13H30, après avoir entendu les dernières plaidoiries de la défense.

                  
Francelet lui-même, 65 ans, poursuivi notamment pour avoir perçu indûment 63.000 euros d’indemnités de chômage, a déclaré pour sa défense, la voix étranglée, qu’être accusé de cette escroquerie était pour lui « une chose infamante ».

                  
« Il n’y a pas eu de ma part de malveillance ou d’escroquerie », a-t-il affirmé.

                 
Le 24 octobre, le parquet avait requis contre lui trois ans de prison dont 18 mois ferme et une amende de 300.000 euros.

                 
Des peines allant de trois mois à un an de prison avec sursis avaient été demandées à l’encontre des autres prévenus, pour la plupart des entrepreneurs poursuivis pour avoir émis entre 2003 et 2006 au bénéfice de Marc Francelet des chèques tirés sur les comptes de leurs sociétés.

                 
Selon l’accusation, ils auraient contribué à hauteur de plus d’un million d’euros au financement du train de vie de Marc Francelet en retour de conseils, lobbying, articles complaisants ou mises en relation.

                  
« Cette affaire n’est pas normale », il fallait « abattre Marc Francelet », a plaidé son avocat, Daniel Vaconsin, en dénonçant « l’archarnement » dont il aurait été victime dans ce dossier, instruit à l’époque par Philippe Courroye, alors juge d’instruction à Paris.

                 
Des relations de Francelet telles que Johnny Hallyday, Daniel Hechter ou Franz-Olivier Giesbert avaient alors été entendues, mais un seul témoin, un policier, a été cité au procès par la défense d’un de ses coprévenus.

                 
Pour l’affaire des Assedic, « il n’y a jamais eu de manoeuvres frauduleuses », a assuré Me Vaconsin.

                 
Quant aux autres volets de l’affaire, a continué l’avocat, « dans tous les cas, vous avez affaire (…) à des entreprises familiales ou unipersonnelles », dont les dirigeants « ne comprennent pas » pourquoi ils sont poursuivis puisqu’ils estiment avoir disposé de leur propre argent.

                 
L’avocat d’un de ces entrepreneurs a d’ailleurs reconnu que son client avait rémunéré Francelet « peut-être de façon assez stupide », mais sans penser à mal et parce qu’il le considérait comme un « apporteur d’affaires », connaissant « tout le monde » et capable de « faire le go-between entre tout le monde ».

                 
Françoise Sagan a figuré parmi les nombreuses relations du lobbyiste et Me Vaconsin a fait appel à elle pour conclure sa plaidoirie. L’écrivain disait « si Marc Francelet a fait un jour du mal à une mouche, qu’elle se présente devant moi! », a lancé l’avocat. (AFP)

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1 Comment
  • Jean-Charles Marchand
    novembre 1, 2012

    Cher confrère,
    Pour l’avoir bien connu et fréquenté il y a déjà fort longtemps, je connais – comme vous – la faconde, l’entregent, le sens de l’amitié, le culot, etc. de Marc Francelet.
    Mais, quelles que soient ses qualités humaines, il y a déjà longtemps qu’il n’est plus « journaliste » ou alors il faudrait redéfinir profondément la définition de notre métier…
    Curieusement d’ailleurs, vous le savez sans l’avouer : je n’en veux pour preuve que votre titre en forme d’oxymore : comment pourrait-on être à la fois journaliste et « lobbyste » ? Et si tel était le cas, quelle serait la crédibilité professionnelle d’un tel journaliste ?
    Cordialement.