Un publicitaire pris dans la tourmente de l’affaire Cahuzac

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La publicité est son domaine, la politique et ses réseaux, son royaume, et le lobbying un job à plein temps, qu’il exerce depuis plus de 25 ans. Stéphane Fouks est une figure du paysage médiatico-politique connue comme le loup blanc. Cadre dirigeant du groupe Havas, compagnon de route de Jacques Séguéla, dont il est l’un des émules, et publicitaire à l’entregent solide, il nage dans les allées du pouvoir comme un squale en son marigot.

Brillant, enjôleur, rapide, ce «spin doctor» avait parmi ses nombreux « clients », DSK et Jérôme Cahuzac. Installé de longue date dans le sillage de l’ancien patron du FMI, dont il fit partie du premier cercle, l’accompagnant dans son ascension comme dans sa chute,  Stéphane Fouks paya au prix fort cette proximité devenue encombrante avec l’élection de François Hollande il y a 1 an. Le nouveau locataire de l’Elysée, qui a rompu de longue date avec DSK, tient en effet à distance de lui tous ceux qui ont gravité dans l’entourage de cet ancien client  du Sofitel. Si bien que, persona non grata au sein du nouveau pouvoir, au lendemain de l’élection présidentielle, Stéphane Fouks s’est vu très vite confiné loin de l’Elysée et de ses différentes annexes.

Mais l’intéressé à encore quelques fers au feu à cette époque et un joli carnet d’adresse. Parmi les personnalités qui y figurent, Manuel Vals et Jérôme Cahuzac. Très proche de ce dernier, Stéphane Fouks tombera de haut quand il apprendra son faux pas et le mensonge de ce dernier fait à la nation. Et il tombera d’autant plus de haut que l’ancien ministre lui jura, dans le blanc des yeux, ne pas détenir de compte en suisse. Ayant rompu avec celui qui lui aura effrontément menti, le publicitaire n’en est pas moins « blacklisté » à l’Elysée, où cette génération de lobbyistes et leurs réseaux ne sont plus les bienvenues.

 

Est-ce la raison pour laquelle le contrat qui liait son agence, Havas Worldwide, à l’Etat, ne sera pas renouvelé, comme le révèle Le Monde : « Il faut s’interroger sur les conditions d’exercice d’une activité qui représente 1 % du chiffre d’affaires d’Havas Worldwide et 99 % de ses emmerdes« , explique à nos confrères le communicant. Des « emmerdes » ? Un tombereau ! Au point que le patron d’Havas, Vincent Bolloré, a pensé, à plusieurs reprises, se débarrasser de ce cadre dirigeant devenu encombrant sur le plan politique. L’industriel a pourtant longuement hésité, compte tenu des liens qu’entretient Stéphane Fouks avec certains des très grands clients d’Havas, sources de royalties pour le groupe publicitaire.

 

Stéphane Fouks a été donc contraint de couper le cordon qui le rattachait de longue date à la politique. Mais a-t-il vraiment eu le choix ? Pris en étau entre un Vincent Bolloré agacé par les liaisons dangereuses de son collaborateur et un exécutif qui s’en défie, celui qui tirait bien des ficelles à l’ombre des cabinets ministériels et des antichambres des patrons du CAC 40, se voit condamné à s’éloigner d’un volcan qui s’apprêtait à tout simplement à le consumer.

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3 Comments
  • Laura
    avril 30, 2013

    S. Fouks continue à s’occuper de la reconversion de DSK en l’emmenant dans ses bagages pour que le brillant économiste se refasse une virginité politique et professionnelle.
    Ainsi la Conférence de Yalta où il était à ses côtés et autres conférences internationales…
    C’est, au fur et à mesure que les affaires nauséabondes de l’ex grand homme, ex futur candidat, sortent, il est vrai, de plus en plus difficile.

    Ce qui est stupéfiant, c’est qu’il ait fallu tant de temps pour s’apercevoir que la puissance de Fouks ne tenait qu’à ses réseaux et non pas à ses compétences.

  • HOUZE
    mai 1, 2013

    Au fait,si Cahuzac est un menteur,n’oublions pas que françois Mitterand nous a menti au moins 2 fois:1 Pour sa maladie.2pour sa favorite!!!!Comment faire confiance à des politiques qui se sont amnistiés il y a quelques années pour toutes les magouilles de financement de leur parti.Et que dire des syndicats qui gèrent les plus gros Comités d’entreprise, objet des rapports de la Cour des Comptes pour des faits étranges dans leur gestion

  • mahé des portes dominique
    mai 2, 2013

    Avant de juger et de taper encore et encore et encore et encore sur Jérôme Cahuzac balayons , avec lucidité , devant notre porte .De plus, on dirait qu’il est le seul responsable de tous les maux de la France, il n » atué personne non ? Avant, je n’avais pas de sympathie particulière pour ce ministre, même croyez moi si vous voulez au contraire!
    Mais maintenant, tout ce « ramdmam m’irrite. C’est trop facile de toujours accuser la même personne. Du reste, il serait interressant de fouiller dans la comptabilité de Média part et de beaucoup de journaux qui demandent la transparence mais sont souvant opaque !!!