Time fait scandale en Birmanie sur les violences religieuses

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La couverture d’un prochain numéro du magazine américain Time, consacré aux responsabilités d’un moine bouddhiste dans les violences religieuses en Birmanie, a déclenché les protestations officielles des autorités et une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux.

Le magazine fait sa Une avec la photo de Wirathu, un moine de Mandalay (centre) auteur de violents discours islamophobes et identitaires, avec le titre suivant: « Le visage du terrorisme bouddhiste. Comment des moines militants alimentent la violence anti-musulmane en Asie ».

« La Birmanie est un pays où la liberté religieuse est garantie sans discrimination », a indiqué la présidence birmane dans un communiqué sur son site officiel.

« L’article du magazine Time crée un malentendu sur le bouddhisme qui existe depuis des milliers d’années et constitue la religion de la majorité des citoyens. Il porte atteinte à la confiance mutuelle entre les religions ».

A la mi-journée, une pétition sur internet contre la couverture recueillait quelque 40.000 soutiens. « Je ne suis pas un partisan de Wirathu », pouvait-on lire dans un texte accompagnant la pétition. « Mais le mélange de ces deux mots +bouddhiste+ et +terrorisme+ provoque un sentiment très triste chez tous les bouddhistes ».

Environ 200 personnes avaient été tuées l’an passé et 140.000 déplacées dans des violences, dans l’ouest du pays, entre bouddhistes de l’ethnie rakhine et membres de la minorité musulmane apatride des Rohingyas.

Les heurts se sont depuis élargis à d’autres régions du pays, visant cette fois des Birmans musulmans. Des dizaines de personnes ont été tuées. Des moines ont été directement impliqués, dans les discours et parfois dans les violences elles-mêmes.

Une campagne menée autour du slogan « 969 », des chiffres bouddhiques, dans lequel Wirathu est impliqué, a appelé notamment au boycott des magasins tenus par les musulmans.

Ce climat délétère met en lumière des tensions mises en sourdine pendant 50 ans par la junte, mais réapparues au grand jour depuis que celle-ci a cédé le pouvoir en mars 2011.

Le président Thein Sein, crédité de profondes réformes depuis l’auto-dissolution de la junte en 2011, a promis d’assurer la sécurité de toutes les confessions.

« L’enseignement du Bouddha est une religion orientée vers la paix », a rappelé à cet égard la présidence. « Les organisations du sangha (clergé bouddhique) appellent à ne pas utiliser le label (969) dans des lieux et d’une façon qui nuisent à l’image du bouddhisme ».

« Le gouvernement s’efforce, avec les dirigeants religieux, les partis politiques, les médias et le peuple, de se libérer de conflits indésirables », a-t-il ajouté. (AFP)

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