France Télévisions: Olivier Schrameck aux avant-postes

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 « Une entreprise de service public qui se porte mal financièrement, économiquement ou socialement ne peut pas tenir dans de bonnes conditions son rôle de référence » : dans la bouche du président du CSA, Olivier Schrameck, qui évoque dans les colonnes de l’Express la situation de France Télévisions, ces mots, pesés au trébuchet, devraient résonner comme une sonnette d’alarme dans les étages dirigeants de ce groupe. Car pour l’avoir rencontré et longuement interrogé, ces propos, soigneusement pesés et relus par ses soins, ont une signification bien précise.  Car voilà des semaines que la presse l’écrit : c’est au CSA que va se décider l’avenir, à court ou moyen terme, de France Télés. Or, sorti du bois, Olivier Schrameck, en liaison direct avec François Hollande, avance maintenant à pas comptés…

Car l’agacement et l’impatience sont désormais partout. Personne ne dit mot dans les allées du pouvoir, mais chacun, de l’Elysée au ministère de la Culture, cogne à bras raccourcis sur une entreprise vilipendée. Et seul Olivier Schrameck, avec son lexique et sa petite musique lancinante, traduit, l’état d’esprit d’un exécutif incapable de trancher.

Car c’est bien là que le bât blesse : On ne sait qui pilote dans cet avion qu’est l’Etat, où  François Hollande, désormais fidèle à sa ligne, – la conduite des affaires le pied sur le frein-, n’ose arbitrer. Il en va de France Télévisions comme des dossiers du moment, qui voit l’Elysée tergiverser, un pas en avant, deux pas en arrière. Ainsi, rarement entreprise publique n’aura été laissée dans une telle situation de déshérence: frappé par la crise publicitaire, étranglé par Bercy, qui lui coupe l’oxygène et sans cap précis, ni feuille de route, (le  fantomatique Contrat d’objectif et de moyens de France Télés n’est toujours pas signé), France Télévisions s’encalmine jour après jour. On en vient presque à regretter l’agité de Neuilly qui de son bureau à l’Elysée régentait le Paf, dont il était alors le DRH.

Reste donc le CSA. Et son bras armé, Olivier Schrameck, à qui François Hollande a confié la tâche d’opérer. C’est dans le secret du bureau présidentiel que va donc se sceller l’avenir de cette maison. Et les premiers mots de Schrameck dans les colonnes de l’Express, sont en pointillé le signe d’une entrée dans l’arène d’une institution décidée à jouer les premiers rôles. Pouce baissé, le chef de l’Etat a donné son feu vert. Mais il sera dit que le locataire de l’Elysée n’apparaitra pas, ne participera pas à la manœuvre, ne sera pas de l’hallali, si hallali il y a. C’est le bal des hypocrites, le championnat de France des faux-semblants : Chacun avance masqué. Dans l’entourage du chef de l’Etat, on vous explique que le Président se tient à l’écart et qu’il n’intervient pas, contrairement à son prédécesseur, dans les affaires de médias, audiovisuelles ou non.

La vérité est tout l’inverse. C’est ainsi qu’il s’est tenu informé, cet été, de la fusion entre le français Publicis et l’Américain Omnicom, en recevant longuement à l’Elysée, en juillet, le patron du premier, Maurice Lévy. Il a également exigé d’être tenu au courant des détails de la crise de gouvernance qui a secoué, à la fin de l’été, Vivendi, s’en entretenant notamment avec l’industriel et actionnaire du groupe, Vincent Bolloré. Tout comme France Télévisions qui reste un dossier qu’il suit, en liaison avec son conseiller, David Kessler, sa ministre, Aurélie Filippetti et au premier chef, avec celui qui désormais fixera le tempo des prochains mois: un Olivier Schrameck aux avant-postes.  Or derrière ce sourire patelin et cette apparente bonhommie se dissimule une lame.

 

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1 Comment
  • bru
    octobre 31, 2013

    Ah « encalminé »… Y’avait longtemps… ^^ Mot fétiche, quand tu nous tiens. Sinon, on n’apprend rien (comme d’hab’).