La Ruquier dépendance

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Il fait les belles heures (et l’audience) d’Europe 1, où il s’installe chaque jour 2h30 durant avec un programme multi-rediffusé. Il est indéboulonnable sur France 2, le samedi soir avec une émission, On n’est pas couché, laquelle cartonne d’autant plus que le renfort de Nicolas Bedos, sniper aux saillies revigorantes, semble lui avoir apporté un second souffle. Voilà donc Laurent Ruquier au pinacle : on ne l’a jamais vu rarement aussi puissant au cœur d’un métier qui a trouvé avec lui son assurance tous risques.

Cet animateur à l’empathie rafraichissante est en effet devenu à ce point essentiel pour les deux médias susnommés que le premier, Europe 1, vacillerait sur son socle s’il disparaissait de la grille des programmes de cette station. Tandis que le second, France 2, semble être devenu « Ruquier dépendant », puisque c’est à lui que la chaîne songe très fortement pour reprendre, dès le mois janvier prochain, l’access prime time d’une chaîne aujourd’hui à la dérive.

 

Ruquier ici, Ruquier là…Omnipotent, l’animateur recueille les fruits d’une longue carrière et d’efforts justement récompensés. Une parenthèse: l’homme a pour lui d’être, par ailleurs, réglo, sympathique et d’une grande rectitude dans un « ego système » qui ne lui ressemble guère: je peux en témoigner, l’ayant pratiqué sur et en dehors de ses plateaux.

Reste que ce recours à cet animateur roi est également l’illustration de l’incurie, de la pauvreté d’un secteur, l’audiovisuel, incapable de promouvoir de nouveaux talents. Longtemps TF1 fut dépendante d’un Christophe Dechavanne, autre surdoué du métier, avant que le filon ne s’épuise, car trop exposé. Même si les capacités de rebond et le talent de l’intéressé le tiennent la tête hors de l’eau depuis plus de 25 ans.

 

Telle une mécanique ancienne, la télévision semble ainsi tourner sur de mêmes pignons, sans oser promouvoir de jeunes pousses et renouveler un cheptel inamovible. Il était assez triste de voir hier soir sur le plateau du Grand Journal José Garcia nous sortir de la naphtaline son vieux numéro de folle peinturlurée, comme au bon vieux temps de son duo déjanté avec Antoine de Caunes: mais c’est au prix de ces vieilles recettes, aujourd’hui éculées, que se construit l’audience d’un programme, qui a réalisé ainsi un record, avec prés de 2 millions de personnes devant leur poste. La télé nous ramenait brutalement quinze ans en arrière. Et la nostalgie aidant, nous applaudissions à tout rompre à ce spectacle suranné…Comme au spectacle d’un vieux scopitone.    

 

Tétanisées par le Médiamat et en panne d’imagination, les chaînes n’osent plus. Et le carambolage de Sophia Aram semble donner raison à ceux qui estiment que c’est avec des figures confirmées du Paf qu’on risque le moins de calancher. On fait ici d’ailleurs ici le pari que Ruquier à la barre d’une émission, qui le verra s’entourer d’une brochette de chroniqueurs triés sur le volet, France 2 redressera le bec. Tant mieux pour la chaîne et son pompier de service. Mais que penser de ce recours systématique à ces quelques urgentistes d’un paysage télé en pleine désertification, tenu d’une poigne solide par quelques tauliers inoxydables?               

 

        

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2 Comments
  • calamity jane
    novembre 1, 2013

    Bonjour et merci pour cette petite mise au point.
    Si je m’en réfère aux jeunes générations, je constate qu’elles préfèrent L. Ruquier
    à d’autres animateurs/animatrices qui surfent sur la superficialité d’histoires de
    fesses ou de problèmes de personnes dans l’espace du Paf !
    Elles ont bien ri avec toutes les variantes de certains amuseurs mais semblent
    mesurer mieux que nous l’impact de l’humour construit sur la langue et/ou
    certaines situations.
    D’ailleurs, certains pensent que L.Ruquier devrait de temps à autre donner
    un peu la voix à plus djeun’s en leur faisant tenir une petite chronique.
    Mais, comme tout un chacun L. Ruquier a besoin de se rassurer avec des
    poids plus ou moins lourds de la sphère médiatique.

  • isa
    novembre 2, 2013

    le futur animateur des dimanches après-midi