Cité du cinéma: Filippetti savait…que la Cour enquêtait

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Absente en mai 2012 de l’inauguration de la Cité du cinéma, alors qu’elle s’installait tout juste à la tête du ministère de la Culture, Aurélie Filippetti avait été à l’époque la cible de violentes critiques. Vilipendée pour avoir somptueusement snobé cette opération prestigieuse, la même ministre, aujourd’hui, n’est pas mécontente du pied de nez que lui offre la Cour des comptes.

En effet, au printemps 2012, la presse dans un bel ensemble,, dont nous-mêmes, à l’Express, l’avait accablée, l’accusant de ne pas vouloir cautionner par sa présence un projet qui portait alors le sceau et l’imprimatur de Nicolas Sarkozy.

Or il semble que la réalité soit toute autre. Et qu’Aurélie Filippetti s’interrogeait alors sur les conditions dans lesquelles ce projet pharaonique, aujourd’hui dans le collimateur, avait été réalisé. Dénoncé dans un rapport, publié ce week-end par Le Parisien, le montage financier de ce chantier, – où la Caisse des Dépôts, bras séculier de l’Etat, a joué un rôle clé-, fait ainsi l’objet plus d’un an plus tard de lourdes suspicions. S’ajoute à cela la présence autour de ce dossier d’une brochette de personnalités toutes liées à l’ancien locataire de l’Élysée : de Claude Guéant à Christophe Lambert, un ancien publicitaire proche de Nicolas Sarkozy,-dont il fit la campagne- aujourd’hui aux commandes de la société de Luc Besson, EuropaCorp.

Cette dernière a répliqué ce matin. Dans un communiqué, la société assure ainsi n’avoir aucune connaissance de la note de la Cour des comptes, et défend sa Cité. « EuropaCorp déplore que cette magnifique réalisation soit prise en otage pour des règlements de comptes politiques« , affirme le communiqué. EuropaCorp assure que la Cité du cinéma « n’a bénéficié d’aucune aide publique pour sa réalisation ». Les studios auraient été financés par « un partenariat public-privé (la Caisse des dépôts et le Groupe Vinci) et c’est ce modèle de financement qui a permis sa réalisation -sans l’intervention financière de la Seine-Saint-Denis.

Reste une note accablante des magistrats de la Cour des comptes et un climat pour le moins délétère autour d’un projet aujourd’hui sous les feux des projecteurs. Dépositaire d’éléments à charge, Aurélie Filippetti a-t-elle eu raison de prendre, en son temps, ses distances avec une Cité du cinéma désormais en pleine tourmente? C’est l’enquête, actuellement en cours, qui le dira.     

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1 Comment
  • Martino
    novembre 18, 2013

    Citation : la Cité du cinéma « n’a bénéficié d’aucune aide publique pour sa réalisation ».

    Amusante déclaration aussitôt suivie d’une précision établissant que la Caisse des Dépôts (organisme financé par chaque contribuable français) a dépensé plusieurs dizaines de millions d’euros dans l’opération. 😉