Fallait-il qu’Aurélie Filippetti rende hommage à Gérard de Villiers?

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Décidément, il n’est pas facile d’enterrer les morts quand on officie au ministère de la Culture…Aurélie Filippetti vient d’en faire la désagréable expérience, à l’occasion de la disparition de Gérard de Villiers, auteur prolifique à l’origine de la création de SAS. Une escouade d’internautes est allée en effet reprocher à la ministre de ne pas avoir pondu un communiqué saluant, des trémolos sous la plume, la mémoire de cet illustre auteur, dont les ouvrages, à forts relents d’œstrogène, ont accompagné la puberté de dizaines de millions de lecteurs et réjoui les amateurs de polars érotiques. SAS étant à la géopolitique, ce que furent à la Genèse, les villes de Sodome et Gomorrhe, ces villes mystérieusement détruites et restées dans la mémoire des hommes comme symboles de vice et de dépravation, il aurait donc fallu lui ériger une stèle. On rêve.

Industriel du roman de gare, de Villiers n’a jamais caché sa fascination pour les héros bodybuildés et l’extrême droite : idéologiquement proche du FN, le créateur de Malko Linge, – ce soudard en smoking devenu le héros manucuré d’une collection au succès insolent-, s’afficha de son vivant comme un homme que les thèses de Jean-Marie Le Pen ne heurtaient pas, bien au contraire.

C’est ainsi que, mise en cause pour son silence, Aurélie Filippetti a du se fendre de quelques mots jetés sur Tweeter. Et d’expliquer simplement qu’il n’y avait aucune obligation à saluer systématiquement la disparition de telle ou telle figure, au motif qu’elle était populaire. Et que les relations du dit de Villiers avec le FN lui posaient problème.

Ce que l’on peut comprendre. Le ministère de la Culture n’étant pas une annexe du Père Lachaise où seraient mis à la disposition du public des registres de condoléance, il appartient donc à la locataire des lieux de décider du bien-fondé de la publication d’un communiqué dégoulinant d’éloges. Or en l’occurrence, on est droit de s’interroger si les aventures érotico-guerrières de cet agent atteint de priapisme valaient à son auteur un hommage posthume. Personnellement j’en doute.   

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8 Comments
  • ChristopheNYC
    novembre 6, 2013

    A mon avis, elle aurait du pour plusieurs raisons, dont certaines sont citées dans ce post: le succès incontestable, l’appartenance au patrimoine littéraire « vulgaire » au sens premier de ce mot, le fait aussi, qu’en dépit du caractère érotico-loufoque du héros, les situations, lieux et personnages sont très bien décrits et inspirés de faits réels, un vrai travail de reporter et d’écrivain donc.
    La volonté de nuancer et une certaine objectivité auraient du amener à citer son amitié sincère bien que paradoxale avec Claude Lanzmann, dont on peut dire, sans trop se tromper, qu’il n’épouse pas les thèses du FN.
    Tout cela la ministre aurait du le savoir.
    On ne s’est pas posé la question à la disparition de Frédéric Dard, alors qu’il était un admirateur de Céline…

  • zabeillon
    novembre 6, 2013

    gerard de villiers et « son altesse serenissime  » c’est : 50 ans d’un succes phenomenal ,200millions d’exemplaires vendus dans le monde et traduis en 25 langues , pas mal pour le minable auteur de roman de gare que vous decrivez ! moi je connais des ecrivains plus ou moins confidentiels qui tueraient pere et mere pour un succes pareil! l’auteur avait des idées d’extreme doite ? la belle affaire …mais on aime ou on aime pas l’ignorer c’est ignorer tout un pan de litterature …populaire mais oui et ce n’est pas un gros mot.L absence de reaction du ministere de la culture et vos commentaires méprisants pour tous les gens qui ont aimé SAS ressemblent à ces ceremonies de recompenses au cinema français qui ignorent des films qui font des milliers d’entrées pour distinguer des navets intellos qui tiendront un mois dans les salles …et puis aprés tout on s’en fout du ministere de la culture la seule récompense pour un auteur c’est celle que lui descerne le public quand il lit ses oeuvres ….à mediter (

  • isa
    novembre 7, 2013

    mon dieu le style Mr Renaud Revel :

    on dirait que vous jouez au Scrable à chaque fois vous écrivez un article :

    escouade
    œstrogène
    stèle
    bodybuildés
    soudard
    manucuré
    priapisme

    • Maître Capelo
      novembre 8, 2013

      @isa : soyons indulgents, pour une fois pas d’énorme barbarisme dans cet article… Juste un contresens quand il parle d’œstrogène, puisque les romans de SAS sont plutôt pleins de testostérone !!!

      • grillini
        novembre 16, 2013

        @Maître Capelo : Pas de barbarismes ? Il y a tout de même un « s’interroger si (…) » au lieu de « se demander si (…) », véniel certes par rapport à ce à quoi il nous a habitué.

  • Polo
    novembre 8, 2013

    Je n’ai jamais lu un livre de Gérard de Villiers et je n’en ai aucune envie, mais je suis atterré par la police de la pensée du ministre et des journalistes culturels. Que cet auteur ait eu un tel succès en France et dans le monde prouve que beaucoup de personnes étaient attachées à son travail. Le rôle d’un ministre, c’est d’en prendre acte et d’agir en conséquence. Pas d’agir en fonction de ses goûts personnels ou de ses préférences idéologiques. La perte du sens de la fonction provoque nécessairement une perte de légitimité et de crédibilité.

  • Pierre
    novembre 11, 2013

    La mèche, la chemise, la pensée prostrée, tout y est! Pas étonnant que les jeunes ne vous lisent plus, les vieux non plus d’ailleurs. Dire que vous avez pignon sur rue! Mais vous nous faites crever! J’ai 25 ans et la pensée « Express » me met hors de moi. Votre écriture aussi. Pourtant je ne suis d’aucun parti, aucun extrême ni centre. Rien de politique là-dedans, à vrai-dire je ne vais même pas voter.
    SAS, c’était peut-être des romans de gare comme vous dites, mais je serais curieux de savoir ce que vous lisez, vous, à part des biographies d’hommes d’État dont tout le monde se fout complètement, et les merdouilles du tout venant. Enfin, des goûts et des couleurs…
    Si je m’énerve c’est que je viens de lire un article du NY Times sur de Villiers autrement plus intéressant que votre pauvre billet sans style. Lisez-le donc, vous en apprendrez sur un type qui, s’il ne se cachait pas d’être d’extrême droite – attention aux gros mots – mettait dans ses livres ce qu’il avait vécu de près, sur le terrain comme on dit. Et le sérail lui en était reconnaissant au point de faire de lui un conseiller, et même un confident. Je doute que quiconque se soucie de l’avis de R. Revel sur les questions de géopolitique.
    C’est une page spécial de votre journal que vous auriez dû consacrer à son itinéraire de journaliste et d’écrivain, le cahier central sur sa vie menée le pied au plancher. Au lieu de ça, on va encore se coltiner les ragots les moins intéressants et les plus soporifiques sur la femme du Président, les impôts, le chômage, que sais-je encore… Allez au diable.

    • grillini
      novembre 16, 2013

      @Pierre : Renaud Revel devrait continuer à « décrypter » les médias dans l’émission de Hanouna, il y serait à son aise.