L’Express mène-t-il une campagne contre le PDG de France Télévisions?

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La publication ce jour, sur le site de l’Express.fr et dans les colonnes de l’Express, d’un article relatant l’audition par le juge Renaud Van Rumbeke, de deux cadres dirigeants de France Télévisions, dans le cadre d’une enquête sur les conditions d’attribution d’une série de contrats de conseils signés, tantôt sous la présidence de Patrick de Carolis, tantôt sous celle de Rémy Pflimlin, m’a valu une volée de bois vert de la part de l’une des éminences de ce groupe: l’article en question sous-entendrait, en effet, et de manière subliminale, que Rémy Pflimlin, serait, seul, le signataire des dits contrats,  un mille-feuille dont Van Rumbeke entend faire du menu bois.

 

Chaussons nos besicles et évacuons ici ce qui semble relever d’une lecture hâtive ou d’une extrapolation qui m’échappe. Et calmons ces messieurs: Rémy Pflimlin, qui n’a pas vendu de beurre aux allemands, est exonéré d’une bonne partie d’entre eux, paraphés sous l’ère Carolis. Le vilain, c’est lui. Reste ceux prorogés par les équipes de l’actuel patron de France Télés. Ainsi que le jackpot accordé justement à son prédécesseur, Patrick de Carolis : un contrat de « prestations artistiques », dont le libellé semble avoir laissé perplexe, -doux euphémisme-, le magistrat instructeur. Un doux parfum de conflit d’intérêt semble émaner de ce dernier. Mais c’est désormais au juge Van Rumbeke de se faire une religion. Et les deux hommes auront à répondre aux questions du magistrat.   

 

Voilà qui est dit. Maintenant, venons-en au fond.

 

Dans l’échange, vif, qui vient de m’opposer à ce cadre de France Télés, je me suis entendu dire que l’Express, sous ma plume, mènerait une « campagne de démolition » contre Rémy Pflimlin. Il y a quelques semaines de cela, déjà, ce même interlocuteur avait avancé l’argument selon lequel Christophe Barbier diligenterait de son fauteuil une fatwa contre le PDG de France Télévisions, parce que maltraité par ce groupe, qui ne l’accueillerait pas suffisamment sur ses antennes. Et bras séculier de ce complot, destiné à faire la peau de Pflimlin? Ma pomme!

Un mot sur Christophe B: imaginer que ce dernier puisse se plaindre de ne pas faire assez de télé, reviendrait à reprocher à un bon buveur, qui vient de s’enfiler quelques cubis, d’exiger de la part du bistrotier un dernier verre pour la route.      

 

Ayant rapporté les propos de ce cadre en colère à mon bien-aimé directeur, nous avions éclaté de rire, Barbier me renvoyant à l’irresponsabilité de mes articles: « Mon, vieux, tu te démerdes !»

 

Ainsi va la presse: une nébuleuse où règne le plus souvent une autogestion bordélique et sympathique, dont les réseaux sociaux sont aujourd’hui le premier réceptacle. Et où l’indépendance des journalistes est encore une réalité.

 

Nous n’avons jamais mené campagne contre qui que ce soit. Et naturellement jamais contre Rémy Pflimlin : un patron qui devrait d’abord s’interroger sur l’état de sa maison, qui doit faire faire face à une dégradation inquiétante de ses finances. Ainsi que sur l’hostilité que lui manifeste aujourd’hui la quasi-totalité de l’appareil d’état.  Lequel n’a de cesse de l’entraver et de lui mettre des bâtons dans les roues, dans le secret espoir qu’il s’use et jette un jour l’éponge.

 

Le dernier épisode en date remonte à hier soir, avec le lancement d’une mission, sur le devenir de France 3 confiée à une journaliste, passée par Havas, France 3 Nord-Picardie et France Bleu, Anne Brucy. Que penser d’une telle initiative de l’état, quand on est en droit d’imaginer que la chaîne des Régions doit bien avoir un cap, une feuille de route et des chefs ?

S’ajoute à cela, la volonté croissante du CSA d’Olivier Schrameck de placer sous étroite surveillance l’entreprise France Télévisions, dont les principaux cadres dirigeants sont désormais convoqués chaque quinzaine. Au programme, remise au pas et interro orale.

 

Dans ce climat de connivence touchante et de franche camaraderie, qui voit un PDG transformer son bureau en Fort Chabrol, la presse, dont l’Express, ne fait simplement que répercuter et traduire ce qu’elle entend et observe. Au-delà des postures et des discours de façade. J’ai suffisamment dénoncé ici  l’insupportable duplicité et double langage des cabinets, -élyséens et autres-, à l’encontre de Rémy Pflimlin, pour ne pas prendre pour argent comptant les propos souvent désarmants de ce dernier face à une réalité de plus en plus instable.

 

La presse, qui est aux croisements de ces deux univers, est ainsi le récipiendaire et le traducteur des secousses qui agitent un secteur, dont les séismographes ne sont jamais au repos. Or s’imaginer que les hommes ou les femmes qui conduisent ces entreprises sont une source d’intérêt ou de questionnement pour les observateurs, pour les «rubricards», que nous sommes est une vue de l’esprit.

 

Pour une raison simple, vielle comme la cathode: les PDG passent, les journalistes restent.                 

                         

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1 Comment
  • Dr Sin
    novembre 26, 2013

    Force est de constater que vous avez tout de même souvent des problèmes avec les chaînes que d’autres de vos confrères, tout aussi sérieux que vous, n’ont pas.
    L’an dernier, c’était TF1 qui vous avait fermé les portes. Cette année c’est France Télévisions…

    Je vous lis régulièrement et j’ai cette impression que vous souhaitez souvent semer la zizanie. Est-ce votre façon de vous exprimer qui provoque cette sensation ? Est-ce parce que vous revenez constamment à la charge en multipliant les articles et les billets comme encore avec celui-ci ? Vous plaidez votre bonne foi mais l’on est en droit de s’interroger…