Marianne en crise perd son PDG

par 13commentaires No tags 0

Des ventes au numéro en baisse de 21%, (à 213 000 exemplaires), dans un marché baissier, un climat en interne difficile et une crise de gouvernance: l’hebdomadaire Marianne, dont le PDG, Maurice Szafran, (photo) vient de démissionner, traverse une zone de turbulences.

Si l’on parle au sein de ce titre de profondes « divergences stratégiques» entre celui qui porta cet hebdomadaire sur les fonds baptismaux, avec Jean-François Kahn et son actionnaire principal, Yves de Chaisemartin, il semble que le mal soit bien plus profond.

Envolé le Sarkozy bashing ! Marianne, qui vécut de beaux jours avec un positionnement d’un anti-Sarkozysme radical, n’est pas parvenu à retrouver une ligne éditoriale suffisamment claire pour stabiliser un lectorat nomade : la défaite de l’ancien locataire de l’Élysée, un Sarkozy dont ce magazine avait fait son principal relais de croissance, s’est traduite par un affaissement des ventes. Sarko m’a tuer! L’hebdo ayant exprimé dans ses colonnes un net penchant pour François Hollande, lors de l’élection présidentielle de 2012, plus d’un an après ce scrutin, Marianne ne semble pas avoir trouvé la bonne martingale auprès d’un lectorat de plus en plus volatile.

C’est l’autre mal qui ronge ce magazine. Car à l’instar de l’ensemble de ses concurrents, mais dans des proportions bien plus préoccupantes, Marianne, qui n’est pas adossé à un site Internet puissant, est confronté à ce qui s’apparente à une crise structurelle du marché de la presse magazine et quotidienne: non seulement les français fréquentent de moins en moins les kiosques, mais le relais de croissance qu’est Internet est encore bien loin d’avoir atteint sa pleine maturité. S’ajoute à cela l’explosion de la consommation d’infos sur les Smartphones et autres supports : de l’info quick consomméesur le pouce.

Si bien qu’en panne d’un modèle économique probant, la presse écrite, qui fait le dos rond, allume chaque jour des cierges en espérant que les bons frémissements observés aux États-Unis, où les grandes marques du marché -New York Time, Washington Post, Los Angeles Time…- commencent à gagner de l’argent sur le net, fassent écho en Europe, ce qui devrait être le cas, tôt…ou tard.

Mais quand ? C’est toute la question.

Et chaque mois qui passe rend l’équation difficile. Or dans ce climat d’instabilité et de désorganisation, seules les marques adossées à des groupes industriels ou de presse solides peuvent encore tenir la tête hors de l’eau. Le Figaro avec le groupe Dassault, Le Point avec l’argent de François Pinault, Le Nouvel Observateur avec la fortune de Claude Perdriel ou encore l’Express, avec les subsides du groupe belge Roularta. Si chacun de ces journaux a son histoire et ses spécificités, une chose les rassemble et conditionne leur survie, à court ou moyen terme: le poids et la rentabilité des sites d’information qui y sont rattachés.

Or dans ce contexte chaotique, Marianne semble affaibli. Ancien baron du Groupe Hersant et patron du Figaro, Yves de Chaisemartin n’a pas la surface financière pour tenir à bout de bras un journal de ce type, que le marché publicitaire ignore. Voilà plusieurs semaines que ce dernier sillonne Paris en quête de soutiens bancaires. Mais le contexte économique, ajouté au fait que la presse écrite n’a plus forcément la cote auprès des investisseurs, incline à la prudence: fini l’époque des mécènes.

Si bien que c’est la rédaction de Marianne seule qui possède aujourd’hui entre ses mains son avenir. Le retour aux manettes de Jean-François Kahn, -une  présence éphémère-, ne semble pas avoir revigoré, requinqué, le journal. Quand au retrait soudain de Maurice Szafran, une figure attachée à l’histoire de ce titre, il en dit long sur les doutes et les flottements qui taraudent une entreprise, dont la stratégie et l’avenir sont aujourd’hui à l’origine d’une crise. Reste à ses journalistes à réinventer ce qui fit son succès. Facile à dire…Il faudra pourtant que Marianne surmonte ces écueils et se réinvente.

Il en va du pluralisme.

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13 Comments
  • AlainAFZ
    novembre 9, 2013

    La « qualité » des hommes qui ont initié ce titre laissait augurer de la suite brutale. Khan, fébrile confus et débridé, Szafran et Domenach aussi peu crédibles que possible, mais grande gu..le « ça ne le fait pas » comme dirait les djeunes…

    • haudey
      novembre 10, 2013

      je souhaite seulement (marianne n’intéresse personne) dire qu’il est consternant de voir un journaliste écrite …sur les fonds baptismaux au lieu de fonTS.

      et lectorat de plus en plus volatilE

      volatil serait mieux

      remarquez : lecteur volatile a un sens également

      humour involontaire de votre part ??

      avant d »écrire, achetez donc un larousse

    • bluesy-man
      novembre 25, 2013

      Il suffit de regarder Domenach face à Zemmour à la télé pour comprendre que la ligne éditoriale de Marianne est devenue gauche caviar, c’est à dire un repoussoir pour la majorité des français qui voient ce qui se passe depuis l’arrivé du PS au pouvoir. Marianne n’a plus rien d’indépendant. Domenach fera perdre chaque semaine des centaines de lecteurs à Marianne. Il lui restera Canal+ où il pourra venir donner des leçons de gôche et s’acheter une bonne conscience sans avoir rien à écrire et c’est tant mieux.

  • JIPEGE
    novembre 11, 2013

    L’ antisarkozime primaire n’intéresse plus personne.

  • papy127
    novembre 12, 2013

    Les bobos de canal ne voudraient pas venir à leur secour ?

  • Maxhno
    novembre 18, 2013

    Malgré tous le mal que je peux penser de journaux comme le NY Times ou le Wash Post, ils sont malgré tous des journaux fait avec une certaine exigence de qualité, à la différence de la presse française, qui ne produit pas grand chose d’autre qu’une reprise systématique des fils AFP. Le modèle me paraît difficilement reproductible pour de la presse bas de gamme. A ce titre, Marianne, Libération et consorts feraient mieux de regarder les modèles de la presse people que la presse d’information, étant donné leur positionnement.
    L’avantage de l’exigence, c’est que l’on fait référence, donc que même les opposants sont obligés d’y aller, parce qu’il y a une réelle information. D’où l’acceptation de payer… Même chose pour le WS Journal, ou Faits & Documents pour le journalisme français.

    Pour résumer, les journaux sérieux se tournent de plus en plus vers le modèle de la lettre confidentielle et les autres de plus en plus vers la presse people (et encore, comme l’article le relève, l’écrasante majorité de la presse étant de gauche, elle se retrouve paralysée dans cette optique quand le pouvoir est à gauche (Obama, Hollande sont beaucoup moins vendeurs que GW Bush ou Sarko, en tous cas, tant qu’on veut rester soumis au politiquement correct.)

  • pat33460
    novembre 19, 2013

    Peut-être que ce t hebdomadaire en augmentant son prix de 2.50 euros à 3 euros a cru que les lecteurs allaient suivre. Faut arrêter car c’est la crise pour tout le monde alors on augmente pas de 20% d’un coup.
    De plus comme tous les autres journaux qui nous racontent que des bêtises sur la crise et la dette auprès des banques qui nous spolient. La crise de la Syrie par exemple sans compter les fausses infos sur le reste tout cela mis bout à bout nous mets en défiance vis à vis des infos publiées.

  • ron
    novembre 19, 2013

    Blaireaux;
    Vous ne faîtes que récolter que ce que vous avez semé…Vous êtes achetés par le système (subventions)
    what else?

    • ron
      novembre 19, 2013

      Mais soyez dignes !

    • marie
      novembre 20, 2013

      @ron :

      Pour qu’on ait envie d’acheter un journal, c’est pas dur:
      Dites la Vérité, informez honnêtement et par vous-même,de façon indépendante,
      Sans prendre parti pour les gouvernements.
      En gros: faites votre boulot, mais aussi:
      Arrêtez de nous asséner des pubs choquantes ou déplaisantes!
      Vous croyez quoi? On n’est pas obligé d’acheter!

      • marie
        novembre 20, 2013

        @marie :
        Vous oubliez de dire que Marianne s’était distingué par un franc parti pris pour le NON au traité Européen . À l’époque, et pendant plusieurs années, je lisais Marianne avec grand plaisir chaque semaine.

  • eauho0
    novembre 24, 2013

    Bonjour,

    Marianne,mais quel journal ! extrait audio d’une émission sur RTL pour mieux comprendre leur fonctionnement au service de ………. ! mediafire.com/listen/43bp3n12f2zh0sy/marianne_.mp3

  • eauho0
    novembre 24, 2013

    Rebonjour.

    Marianne la pauvre, a telle reçu également des sous comme de nombreux journaux . Cela en fait des € . mediafire.com/view/27d0868w1arpn32/aidesalapresse.jpg#