Un Matisse, volé par les Nazis et retrouvé en Allemagne, reviendrait à Anne Sinclair

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L’histoire est édifiante et fait depuis ce matin le tour du monde des grandes places du marché de l’art…1500 œuvres volées par les nazis viennent d’être retrouvées à Munich. Et pas des moindres : parmi ces centaines de toiles de maitre, des Matisse, des Picasso, des Renoir, des Beckmann, des Klee…Un trésor.

C’est à l’occasion d’un banal contrôle que des douaniers ont été amenés à interroger un certain Cornelius Gurlitt, le fils d’un célèbre collectionneur, Hildebrand Gurlitt, dans l’appartement duquel, dissimulé derrière des murs de cartons contenant de vielles conserves, ils ont découvert des œuvres par centaines.

Cette incroyable collection fut amassée par un homme, fou de peinture contemporaine, qui bénéficia des encouragements et de la protection d’Adolphe Hitler, un dirigeant pour lequel il organisa une exposition à Berlin en 1937. Mais c’est sillonnant l’Europe occupée et notamment la France et Paris, que ce marchand d’art amassa son butin, mettant la main sur des centaines de toiles appartenant à d’autres collectionneurs, juifs ceux-ci, déportés ou ayant fuit à l’étranger avec l’arrivée des Nazis au pouvoir. Parmi eux figurait Paul Rosenberg, dont Anne Sinclair n’est autre que la petite fille…  

Fils d’un antiquaire parisien, Paul Rosenberg, qui avait ouvert sa première galerie à Paris en 1911, puis une autre à Londres dans les années 1930, s’est rapidement intéressé aux peintres qui allaient devenir les grands de l’art moderne (Pablo Picasso, Georges Braque, Fernand Léger, Henri Matisse), En 1918, il persuade Picasso de rejoindre sa galerie. Et il devient son principal représentant en France et à l’étranger : il le sera jusqu’en juin 1940, date à laquelle il émigre aux États-Unis, pour échapper à la montée des persécutions contre les juifs.

Avant de quitter Paris, il tente de mettre ses quelque 400 tableaux à l’abri, en les dispersant en différents endroits, tant en France qu’à l’étranger. Mais les nazis parviendront à s’emparer d’une grande partie de ceux restés dans l’Hexagone.

Anne Sinclair disposera ainsi plus tard par héritage d’une fortune conséquente composée notamment de plusieurs tableaux de grands maîtres. Mais si Paul Rosenberg (1881-1959) a eu, de par son métier, des centaines de tableaux, sa petite-fille Anne Sinclair n’en aura hérité que de quelques-uns.

 Or dans cette montagne de toiles découverte ces jours-ci à Berlin, – d’une valeur totale estimée à plus d’1 milliard d’euros ! -, figure un tableau de Matisse ayant tout simplement appartenu à Paul Rosenberg. Et il se peut que cette collection, une fois expertisée, attribue à ce même marchand d’art, aujourd’hui disparu, d’autres nombreuses œuvres volées à l’époque.

C’est ainsi que par un hasard de l’histoire, Anne Sinclair a retrouvé les traces d’une collection dispersée, suite à la spoliation d’un homme qui la fit sauter sur ses genoux.   Et auquel elle consacra un émouvant ouvrage, intitulé 21 rue la Boétie.

        

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2 Comments
  • Attila
    novembre 6, 2013

    Belle revanche, même s’il a fallu le temps et le hasard. Alors Anne, une suite à « 21, Rue La Boétie » ?

  • Christelle
    novembre 10, 2013

    fabuleuse histoire ! et quelle chance quand même, d’avoir un grand-père collectionneur d’art… 🙂