La lente reconstruction médiatique de Valérie Trierweiler

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«La politique est un monde où la trahison est payante et ce ne sont pas mes valeurs » ; «Quand j’ai su, j’ai cru tomber d’un gratte-ciel» ; «Ce n’est pas ma première rupture dans ma vie, mais elle est violente car très médiatique »: en quelques mots confessés à une consœur de l’hebdomadaire  qui l’emploie, Valérie Trierweiler entame donc aujourd’hui dans les colonnes de Match un lent et long travail de reconstruction médiatique.

 

 

 

 

 

 

 

On se souvient de Cecilia Sarkozy donnant dans un ouvrage, sujet à caution, Une envie de vérité, sa vision d’une période chahutée qui alimenta la chronique et fit le choux gras des médias, des mois durant. L’ex épouse  de Nicolas Sarkozy y revisitait, notamment, avec beaucoup d’approximations et d’aplomb, la fameuse soirée du Fouquet’s. A la stupéfaction des plus proches compagnons de l’ancien chef l’Etat qui n’en crurent pas leurs yeux, tant l’auteur s’accommode dans cet ouvrage de la vérité. Et quel battage médiatique!
Et voilà qu’une autre Première dame, chassée quant à elle de l’Elysée, tente de recoudre une image détricottée, écornée, par la presse. Difficile, humiliant, impudique, l’exercice est pourtant indispensable pour celle que la politique et un locataire de l’Elysée, particulièrement inélégant, auront tout simplement broyée.
Premier sentiment : l’opération Paris Match est une réussite. Tout le contraire d’une improvisation, mais le résultat d’une conversation planifiée où chaque phrase, chaque mot, semblent avoir été préalablement pesés au trébuchet, travaillés par l’intéressée. On savait que François Hollande avait déconseillé à Valérie Trierweiler de partir en Inde, craignant sans doute qu’elle se répande en confidences auprès de la meute de journalistes qui l’espérait, de Paris à New-Delhi. Mais s’attendait-il à une telle séquence médiatique, qui mêle habilement humanitaire et confessions à Paris Match? La juxtaposition de ce voyage avec ces premières déclarations faites sur fond de photos rappelant celles d’une Angelina Jolie au chevet d’enfants malades en Afrique, relève d’un plan de com’ plutôt habile.
Voilà donc le chef de l’Etat et l’Elysée piégés par celle qui semble décidée à entamer un marathon médiatique, dont l’apogée sera sans nul doute un livre à paraitre : une bombe à retardement pour celle qui a démontré ce dont elle était capable en 140 signes sur tweeter. Qu’en sera-t-il en effet sur 250 pages ? Le choix des mots…Rejetée jusqu’ici par l’opinion, Valérie Trierweiler semble avoir trouvé le bon ton. Et le bon angle: celui d’une femme prise au piège au coeur du pouvoir.

Quitte à réécrire l’histoire. Car l’idée selon laquelle elle aurait découvert l’avant-veille de la sortie de Closer, le 10 janvier,  l’existence d’une idylle entre son compagnon et l’actrice Julie Gayet, est inaudible.
Mais peu importe : bien plus que son attitude cassante à l’égard des médias et sa distance face aux français de la rue, la brutalité, la sècheresse, du communiqué d’Hollande à l’AFP a fait l’effet d’une nausée chez nos concitoyens. Condamnée à l’exil, l’ex Première dame déchaine les discussions au  café du commerce, là où désormais le «serial lover» de l’Elysée, ce chef de l’Etat pris de priapisme, est bien plus étrillé.

Valérie Trierweiler, qui s’est plainte à Match du caractère austère et blafard de la photo mise cette semaine  en couverture du magazine, a désormais le contrôle entier de son calendrier médiatique. Libérée de son obligation de réserve, la journaliste a désormais toute latitude pour chroniquer et semer derrière elle petites phrases et confidences urticantes. Lâchée dans la nature, celle que l’histoire aura balayé comme un fétu de paille, va tenter une reconquête. Et il n’est pas dit qu’elle ne réussisse pas dans l’opposition, ce qu’elle a échoué quand elle était au pouvoir. Et que loin des édredons de l’Elysée, elle recouvre une identité.

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