Maltraitance d'un chaton, agression d'un handicapé: Internet à l'heure de la justice 2.0

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A quelques jours d’intervalle, deux faits-divers, sans aucun lien entre eux et d’importances bien différentes, ont fait la Une de l’actualité, après que les réseaux sociaux s’en emparent, obligeant police et justice à réagir avec une célérité rare.

Ce fut d’abord l’histoire de ce lancé de chat par un jeune marseillais décervelé, qui ne pensait sans doute pas écoper, en un clin d’œil, d’un an de prison ferme, après qu’une armée d’internautes ait prononcé une fatwa, lancé la chasse, et décrété enfin sa mise sous écrous, une fois ce dernier identifié. Puis, pour tout dire, livré à la justice. Sans la mobilisation des internautes, cet individu au casier fourni n’aurait jamais été contraint de se repentir à la barre d’un tribunal, où des magistrats placés sous la surveillance d’Internet l’ont sanctionné à la vitesse de 64 bits. 4 mois avec sursis!

Autre affaire : cette vidéo montrant un jeune handicapé agressé par deux adolescents, qui a provoqué de la même manière l’indignation générale sur les réseaux sociaux et la colère des internautes. Identifiés, les deux jeunes auteurs, âgés de 15 ans, ont été placés en garde à vue, après avoir été dénoncés par des internautes indignés. On prend le pari que le couperet va tomber dru, là encore, et  vite. Les deux gamins ont été mis en examen hier.

Voilà donc deux affaires réglées en quelques clics, -fissa !-, grâce à la vigilance de ces milices du net: une opinion sur le qui-vive numérique, dont la réactivité et la mobilisation ont bousculé les habitudes d’un corps  policier et judiciaire sommé par une foule d’anonymes retranchés derrière  ses écrans,  d’intervenir, d’interpeller et de sanctionner.

Le temps judicaire n’est pas le temps médiatique. Et la rapidité avec laquelle la police et les tribunaux ont été contraints de réagir dans ces deux affaires confirme qu’Internet fait peser sur le politique, la justice et l’ensemble des corps qui fondent une société, une pression croissante et intenable.

Il est même assez hallucinant que parce que révélée et tambourinée par Internet, une triste et banale affaire de maltraitance sur un animal ait mobilisé les tribunaux à une telle vitesse. Quand des piles d’affaires aux ressorts bien plus graves et sordides s’entassent, dans une absolue indifférence, dans des tribunaux surchargés.

Quand la vox populi fixe le cap. Administrée sous la contrainte d’une opinion rivée à ses claviers, la justice a donc dû se pencher sans tarder  sur deux affaires qui seraient sans doute restées lettres mortes, si Internet n’était pas entrée dans la danse.

Quand la réalité rejoint la fiction: ce qui vient de se produire nous fait penser à cette excellente série américaine, diffusée sur TF1, Person of Interest. Ou l’histoire de deux chasseurs d’assassins qui se font justice eux-mêmes, en utilisant les techniques les plus poussées d’Internet, afin de repérer, puis d’éliminer leurs cibles. Wanted ! Imaginons une société qui désignerait chaque jour à la vindicte celles ou ceux qu’il convient de punir, après qu’un jury de quelques dizaines de milliers d’internautes  ait rué dans les brancards, sonné l’hallali et convoqué les juges ! Une justice 2.0. Mais n’est-ce pas ce qui vient justement de se produire ici sous nos yeux ?

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1 Comment
  • Maître Capelo
    février 7, 2014

    Renaud, mon pauvre Renaud…

    1) Sur la forme : comme d’habitude, vous maltraitez l’orthographe, vous ignorez la concordance des temps (trois »après que » dans votre texte, trois fautes…)

    2) Sur le métier de journaliste :
    – vous confondez deux affaires, puisque le lien que vous donnez pour le lancer de chat renvoie sur une affaire où le coupable a été condamné à 4 mois avec sursis pour avoir maltraité un animal, et non sur celle de la semaine où le coupable a été condamné à un an ferme. Vous faites vos recherches à 64 bits?
    – l’affaire a été jugée en comparution immédiate, comme des centaines d’autres tous les ans, la célérité du jugement n’a donc rien à voir avec le fait que le mis en examen ait été arrêté grâce à Internet.
    – vous parlez (encore une fois !) d’une série que vous n’avez jamais regardée, car dans « Person Of Interest » les deux personnages centraux ne cherchent pas à éliminer des cibles mais à protéger des victimes potentielles… il est vrai, parfois, en éliminant des menaces!

    Bref, Renaud zéro, Renaud tout faux !