« Les dieux sont tombés sur la tête ! » Quand le patron de la RTBF stigmatise les guéguerres picrocholines de nos animateurs

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François Tron est français et dirige depuis plusieurs années maintenant et avec succès, les chaînes de la RTBF, l’audiovisuel public belge. Passé par France Télévisions, dont il fut un cadre dirigeant, cet exilé jette un œil consterné sur l’état des mœurs ambiant d’un paysage télé, en France, où c’est le règne du « Tout à l’égo ». Il est vrai que le spectacle récurrent et consternant des bisbilles qui agitent et déchirent les nababs de ce métier a de quoi interroger. Pas une semaine sans que l’un de ses animateurs vedettes ne dégoupille, avec pour sniper en chef, un Cyril Hanouna vâchard. L’occasion d’un recadrage, ci-dessous, sous la plume d’ un homme qui ne mâche pas ses mots.   

« Est-ce la proximité de la coupe du Monde de football au mois de juin qui pousse nos présentateurs et journalistes nationaux dans une tentation irrépressible de tacler leurs congénères ?
Depuis quelques mois une avalanche de tweets, de déclarations, des saillies dans la presse ou sur antenne,  a transformé le microcosme de la télévision en stand de tir de la BRB. Fini le monde de « OuiOui », on tape, on cogne, on répond en frappant encore plus fort. Les exemples deviennent légion, une dynamique de « bac sable » qui prend une ampleur inhabituelle.
Cyril Hanouna « snipe » Arthur puis se réconcilie… sur le dos de Laurent Ruquier.
Le grand fauve, Thierry Ardisson, spécialiste du genre que l’on pensait assagi, a repris du service après plusieurs années d’accalmie plantant ses crocs dans la nuque gracile d’Alexandra Sublet qui ne s’attendait pas à tant de sollicitude. Même la statue du commandeur, Jean Pierre Elkabbach, s’en prend à Jean Jacques Bourdin non sur des questions de déontologie professionnelle mais pour… sa mégalomanie. Le même JJ.Bourdin se venge sur Claire Chazal et la qualité de ses interviewes. Jean Marc Morandini écorne Mathieu Delormeau et annonce sa rupture avec Cyril Hanouna son ami de trente ans. Antoine de Caunes, que l’on pensait au dessus de la mêlée, décroche un carton jaune face à A. Sophie Lapix. Jean Michel Apathie se fend de tweetos assassins sur Laurent Ruquier. L’apogée est atteint avec Natascha Pologny et Aimeric Caron rejouant Simone Signoret et Jean Gabin dans « Le Chat » sur le plateau de « On est pas couché ».Ou encore lorsque les journalistes sportifs de France 2 démontent en direct leurs propres consultants à Sotchi.
Cette frénésie soudaine de scuds ne saurait être réduite à la seule version anecdotique de la manifestation d’egos surdimensionnés sur toile de fond concurrentielle.

Pour un observateur posté hors des frontières, ils se révèlent symptomatiques d’un climat délétère qui imprègne progressivement les rapports interpersonnels de nos élites. Le verbe cru, l’invective, le sarcasme et les petites phrases agressives s’installent peu à peu comme modalité de leur communication publique.  Appuyés dans leurs dérapages par un instrument redoutable : Twitter formidable moyen de communication mais dont l’usage ne sert le plus souvent que la pensée immédiate, émotionnelle et rarement réfléchie. Etonnant modèle, en l’occurrence, alors que ces personnalités sont censées assumer une responsabilité sociale qui devrait peser sur leur expression collective. Par la fonction que leur confère le média où ils travaillent, par l’exemplarité attendue de leur image symbolique, ils devraient rester les garants d’un système de valeurs dont l’une, fondamentale, s’appelle tout simplement le respect. Il est dommage que chacun n’ait pas pris la mesure du sens de leur transgression, alors qu’on pourrait attendre d’eux une vision critique de leur milieu professionnel un peu plus élevée que celle relevant parfois d’un dialogue des « Anges de la téléréalité « .
     

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1 Comment
  • InternetDev - MP
    mars 21, 2014

    Le Vide du PAF est profond.
    Le Néant de débats d’LCP, le retour de l’ORTF d’Elkabsh et ses enfants cachés qui vont de Calvi à Zemmour en passant par le trop vieu Ardiddon et le tachon de la gaudriole Ruquier, font froid dans le dos du progrès.

    Ne reste plus qu’Arte qui se sort, plus que les autres, les doigts du cul!