Défection du numéro 2, Martin Ajdari, et fuite des cerveaux à France télévisions

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Fuite des cerveaux et climat de fin de règne à France Télévisions, où le départ de son secrétaire général, Martin Ajdari, -qui prend les rênes du cabinet d’Aurélie Filippetti-, signe le délitement d’une équipe dirigeante parcheminée.
En l’espace de dix jours, le groupe de Rémy Pflimlin aurait en effet perdu un directeur des programmes, -Thierry Langlois, sur France 3-, son numéro 2  et homme fort, -Martin Ajdari-, et l’un de ses cadres dirigeant, – Claude Esclatine-, qui rejoint Radio France, où il va prendre la direction de France Bleu.
On arguera que cette hémorragie tient du rituel dans ce métier : l’approche de la fin de mandat d’un PDG de chaines, surtout quand ce dernier connait quelques difficultés, n’encourage jamais les vocations. Et encore moins, les gestes sacrificiels.
Courage, fuyons! Mais qui en voudrait à Martin Ajdari de quitter une entreprise, dont il fut un grand argentier sans marges de manœuvres, ni réels moyens ou leviers face un Bercy intransigeant et une Aurélie Filippetti pas plus solidaire ?
C’est ainsi qu’au fil des semaines, le premier cercle du timonier de France Télés subit une cure sévère d’amaigrissement. A qui le tour ? Le tout sur fond de campagnes feutrées, en vue de la succession d’un Pflimlin que l’affaire Carolis, – cet ancien PDG de France Télés mis en examen pour délit de favoritisme-, risque d’éclabousser dans les prochaines semaines, le juge Renaud Van Ruymbeke n’en ayant pas terminé avec ce dossier, loin s’en faut.

Dans une  récente interview accordée au Figaro, Pflimlin stigmatisait ces « pyromanes » qui balancent des goupillons incandescents sur la belle maison qu’il dirige. En l’espèce une poignée de journalistes, dont votre serviteur. Pas un mot, pas un soupir, pas la plus petite autocritique, en revanche,  face à l’effondrement des comptes d’une entreprise, dont les finances sont subclaquantes. Et où l’état moral des troupes inquiète, rapport à l’appui.
Quant à l’état actionnaire et au CSA, atterrés, mais peu concernés, – ce qui laisse au passage un peu pantois, comme si l’effondrement d’une maison soutenue par une armée de « couillons » de contribuables allait de soi -, ils ne pipent mot. Et attendent que le fruit tombe.

Ou non, puisque Rémy Pflimlin, qui rentre  dans la dernière ligne droite de son mandat, a de bonnes chances d’aller au bout de celui-ci, sauf carambolage judiciaire. L’homme a six mois devant lui. Début 2015 débuteront, en effet, les grandes manœuvres dans l’optique de sa succession. A cette date, la maison sera à l’arrêt. Déjà en coulisses, ça s’agite. Jusqu’au sein même de France Télévisions où certains, dans le dernier carré des fidèles du PDG, songent même à lui succéder. Pincez-vous : nous sommes bien au royaume d’Ubu. Et on n’a pas encore tout vu.

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1 Comment
  • Dr Sin
    mai 16, 2014

    A nouveau un billet totalement à charge contre France Télévisions. C’est votre droit mais vous reprochez au PDG ce que vous faîtes vous-même. Vous lui reprochez de ne faire aucune autocritique mais vous ne mentionnez jamais aucun des points positifs de son bilan.
    Doit-on passer par pertes et profits les succès dans l’information (qui a culminé en 2012 et qui continue d’être un ciment de la programmation des antennes) ? Dans le numérique avec des développements très conséquents ? Dans les réformes internes avec le nouvel accord collectif d’entreprise ?
    Le bilan de Pflimlin n’est pas brillant sans aucun doute, mais il ne mérite pas d’être à ce point accablé alors que le contexte économique ne lui a jamais été favorable.
    Je précise que je ne suis pas membre de France Télévisions (on a vite fait d’être considéré comme un membre de la direction dès que l’on ne regarde pas seulement le négatif). Juste un simple observateur.