Affaire Bygmalion: Réglements de comptes à Ok Corral dans le bureau du juge Van Ruymbeke

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C’est dans un climat polaire et d’une extrême tension que s’est déroulée, dans le bureau du juge Van Ruymbeke, la confrontation entre les trois protagonistes du volet télévisuel de l’affaire Bygmalion, Patrick de Carolis, Bastien Millot et Camille Pascal. Le magistrat qui souhaitait faire toute la lumière sur les contrats passés entre France Télévisions et la société Bygmalion, – contrats pour lesquels ces trois anciens cadres dirigeants de France Télés ont été mis en examen-, a du sourire intérieurement. En effet, les complicités d’antan entre ces trois hommes ont laissé place à une guerre de tranchée dans le plus pur style « Règlements de comptes à OK Corral »
La charge est une nouvelle fois venue de l’ancien PDG  de France Télévisions. Des fameux contrats en question, Patrick de Carolis a redit au juge Renaud Van Ruymbeke qu’il n’en était pas à l’origine. Et qu’à aucun moment, ( ciblant nommément et physiquement dans le bureau du magistrat Camile Pascal, comme l’unique responsable), il n’avait eu à donner le moindre feu vert, puisqu’il n’en avait pas eu connaissance.

Et que je te repasse la patate chaude…

C’est donc de sa seule initiative et de ses petits doigts durillonnés que Camille Pascal dans son bureau aurait décidé de signer à Bastien Millot deux contrats qui portent son paraphe et dont Patrick de Carolis n’aurait jamais eu vent jusqu’à octobre 2011, date de l’explosion de l’affaire. Bien seul, l’ancien secrétaire général de France Télés a donc dû essuyer un feu nourri de la part de celui qui n’a donc pas eu connaissance du mail adressé à Camille Pascal, le 16 octobre 2011, par son plus proche collaborateur, directeur général et numéro 2 du groupe, à l’époque, Damien Cuier.

On peut lire dans ce mail : « Camille, comme convenu quelques points concernant les contrats Bygmalion : le formalisme de l’appel d’offres et de la mise en concurrence est allégé du fait du montant inférieur à 193 000 euros et de la nature de la prestation, ( conseil, prestation intellectuelle), qui ne figure pas sir la liste des services prioritaires au sens de la circulaire  européenne sur les marchés publics (…) Pour ce qui est de la procédure interne, la négo du contrat lui-même a été confié à la direction des achats (Olivier Debargue), comme c’est toujours le cas à FTV (…) Si tu as visé ces factures, c’est parce que tu gérais le budget de la présidence,(…) ».
Laquelle présidence, malgré l’implication de son numéro 2, n’a rien su, rien vu. Alzheimer…

Dans un bel ensemble, Patrick de Carolis et Damien Cuier, – un Copé’s Boy débarqué  à France Télévisions dès les premières heures de la prise de fonction de Carolis-, se sont donc allègrement défaussés sur celui qui est, dit-on, de source judiciaire, sorti totalement pantois  de cette confrontation, abasourdi par l’aplomb et la violence du producteur des Racines et des ailes à son endroit.
Durant cette séance de flagellation, le même Carolis a expliqué l’origine des 120 000 euros qui lui ont été versés par Bygmalion : une somme rondelette qui a sa raison. En effet, l’ancien PDG a redit qu’il s’agissait de deux prestations réalisées par ses soins à la demande Bygmalion:  l’une pour le musée Bonnard de la ville du Cannet, dont l’UMP Michèle Tabarot est l’élue. L’autre contrat concerne une mission de conseil pour un projet avorté d’une télévision de territoire en Picardie, dont Bygmalion, là encore, devait être l’un des actionnaires.
On notera au passage qu’étrangement Bygmalion dit ici quelque chose aux oreilles de celui qui en a oublié jusqu’à l’existence s’agissant, à l’inverse, des deux contrats paraphés au sein de sa maison par celui qui fait désormais figure dans cette affaire de pigeon d’argile et de fusible tout trouvé: Camille Pascal.

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