France Télévisions: Deux syndicats appellent à une ouverture d'une enquête parlementaire

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Dans une lettre ouverte adressée aux parlementaires, les syndicats CFE CGC et CFDT Médias demandent l’ouverture d’une enquête parlementaire sur France Télévisions, suite à l’avalanche de révélations par la presse, dans le cadre de l’enquête ouverte par le juge Renaud Van Ruymbeke sur la société Bygmalion.

En cause, les nombreux contrats passés par Patrick de Carolis et Rémy Pflimlin avec cette entreprise au cœur du scandale qui secoue l’UMP. Le magistrat, qui est loin d’avoir clos le volet télévisuel de cette affaire, aurait notamment découvert ce mercredi, dans les colonnes du Camard Enchainé, l’existence d’un contrat liant France Télévisions et BM Consulting, (holding de Bygmalion), inconnu à ce jour. S’adressant aux parlementaires, les syndicats en question écrivent :     

« Depuis plusieurs mois maintenant, une information judiciaire instruite par le juge Renaud VAN RUYMBEKE, concernant d’éventuels « délits de favoritismes ou de prises illégales d’intérêts » touchant des dirigeants actuels ou passés de France Télévisions avec le groupe Bygmalion, défraie la chronique. (…).

L’instruction met chaque jour en lumière les rapports troubles, incestueux entre France Télévisions, les milieux d’affaires et les entourages politiques. Dans le cas présent, nous avons toute confiance en la Justice qui agit avec célérité et discernement au regard  des nombreux éléments déjà en sa possession pour mener à bien son œuvre. Pour autant, au-delà, « l’affaire Bygmalion » met à jour par échos successifs des pratiques qui, si elles ne sont pas pour l’instant, strictement qualifiées  sont pour le moins litigieuses.

On note des contrats de consulting aux contours flous attribués sans appel d’offres ou mises en concurrence à des proches de hauts dirigeants de France Télévisions, des marchés passés avec des cabinets de consulting RH pour des sommes qui nous paraissent disproportionnées, dépassant même les 10 millions d’euros, sans qu’on connaisse la réalité des prestations.

La liste des opérations financières suspectes serait longue, elle est à mettre en parallèle avec des rapports étonnants entre certains fournisseurs et des cadres de l’entreprise mais aussi avec le coût de certaines émissions et les coûts moyens de grille avec des secteurs entiers comme le numérique dont nous avons toujours eu les plus grandes difficultés à identifier les lignes budgétaires précises. (…) Les liens avec Bygmalion ont été initiés sous De CAROLIS et se sont poursuivis sous PFLIMLIN. (…). Au-delà du préjudice financier, les 10.000 salariés de France Télévisions sont victimes d’un préjudice moral et d’image  et devront supporter de surcroît, si rien n’est fait, une dégradation de la confiance des téléspectateurs pour des faits et un contexte sur lesquels ils n’ont aucune prise.

Ces affaires posent une nouvelle fois le problème de l’exemplarité, de la confiance dans les élites et les dirigeants, particulièrement sollicitées quand ceux-ci exigent d’importants efforts aux contribuables et aux salariés.(…) »

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