Fleur Pellerin: pas née de la dernière pluie.

par 9commentaires No tags 0

 

 

 

 

 

 

 

Derrière ce sourire éternellement plaqué et cette douceur apparente se dissimule une lame. Fleur Pellerin, qui ne s’en laisse pas compter, va s’installer ce matin dans le fauteuil d’Aurélie Filippetti avec la jubilation d’un braqueur à qui l’on offre les clés du coffre, sans qu’il ait eu à forcer la serrure. Cet oblat du hollandisme, que le locataire de l’Elysée vient de récompenser pour sa loyauté et ses combats menés en coulisses et pas seulement, contre Arnaud de Montebourg, découvre un ministère que dirigea -«qu’occupa » serait plus approprié- sa meilleure ennemie.
On ne le saura jamais, mais offrir ce ministère à celle qu’Aurélie Filippetti piétina joyeusement relève d’une forme de perversité. Crêpage de chignons sur la Croisette :  A plusieurs reprises, l’ancienne locataire du lieu tira le tapis sous les pieds de celle qui se vit notamment empêcher de fouler celui du Festival de Cannes. Quand en décembre 2013, Fleur Pellerin n’avait pas eu d’autre choix que de remplacer au pied levé Aurélie Filippetti, qui avait boycotté l’inauguration du nouveau centre culturel de Google à Paris, estimant qu’elle n’avait pas à « servir de caution» au groupe américain, nous explique l’AFP .
L’éviction de Filippetti, – qui a sagement anticipé la veille du remaniement l’arbitrage élyséen, en adressant à l’exécutif une lettre de renoncement- a quelque chose de terrible. Il remet la politique à sa place. C’est-à-dire à ras d’humble destin. Comme beaucoup avant elle, -Catherine Trautmann, Philipe Douste-Blazy, Fréderic Mitterrand,  Jean-Jacques Aillagon…- l’ancienne ministre de la Culture est retombée sur le sol, quittant la stratosphère, comme une enclume. En lévitation depuis deux ans dans ce bureau qu’occupèrent tant et tant de ministres, cette jeune femme n’aura jamais pris la mesure du poste, persuadée, en quelque prétentieux tréfonds, qu’elle serait visitée par la grâce et dirait la Culture comme elle ne l’avait jamais été avant elle. Retranchée dans un bureau devenue bunker et entourée d’un cabinet où ne régnait pas une franche cohésion, Aurélie Filippetti paye au prix fort ses postures, son insatiabilité et son incapacité à prendre la mesure de ce qui demeure le plus beau ministère de la République.
Sans faire ombrage à Fleur Pellerin, est-ce le bon choix?  On peut en douter. Non pas que la jeune femme n’ait pas de qualités, mais ce ministère ne méritait-il pas que l’on y installe, enfin, après des années d’expérimentions hasardeuses, une personnalité de belle envergure, génétiquement attachée à ces questions. Qui ne soit pas condamnée à être éblouissante et pour qui ces travaux forcés ne paraissent pas lui causer grand peine.
N’existerait-il pas dans notre beau pays un bébé Malraux ? Nos universités, nos musées, nos institutions culturelles, les arcanes du monde des arts et de la Culture, n’auraient donc pas accouché en 30 ans de quelques sommités, de quelques intelligences, susceptibles de ressusciter cette belle endormie qu’est ce ministère à nul autre pareille ? Un ministère que François Hollande a la sottise de ranger parmi tant d’autres, installant à sa tête des hommes ou des femmes issus de son cru. Non pas en raison de leur appétence, formation et profil, mais de leur cursus parlementaire et de leur allégeance à sa personne.

Il y a bien longtemps que rue de Valois, siège de ce ministère, les Dieux sont de plâtre et de stuc, et les saints qui l’y entourent des cols blancs, énarques et inspecteurs des Finances. Il y a bien longtemps que les vociférations bâtisseuses d’un Malraux – et même d’un Lang- ont déserté ce mouroir. Souhaitons à Fleur Pellerin qu’elle ne s’y fletrisse pas trop vite.

0
9 Comments
  • Tulipe
    août 27, 2014

    Du « crêpage de chignon » aux commentaires sur la « douceur » de Fleur Pellerin, ou au terme de « jeune femme » sans cesse utilisé pour des quarantenaires bien dans la moyennes de l’âge des ministres, cet article n’échappe pas à bon nombre de clichés sexistes… Visiblement, aucune des deux ne fait l’affaire, et l’on retrouve ces reproches sans cesse adressés aux femmes politiques : pas l' »envergure » d’une personne « génétiquement » attachée à ces questions… Mon Dieu. Frédéric Mittérand l’était peut-être plus, mais a-t-il fait mieux au même poste ?

  • MGS Consulting Ouest
    août 27, 2014

    Fleur Pellerin s’était brillement illustrée en juin 2014, lors qu’elle était secrétaire d’État et fait l’ouverture de la « French Touch Conference » aux Etats Unis. Espérons qu’elle soit tout aussi brillante dans ses nouvelles fonctions.

  • Nullepartailleurs
    août 27, 2014

    Bien vus : et le portrait et la déception face à cette nomination. Non, nous n’espérions plus des MALRAUX et des LANG malheureusement, mais il y avait d’autres choix à faire : Christophe GIRARD, entre autres connaisseurs du monde de la culture, DELANOE, ou d’autre personnalités génétiquement attachés à ce monde . Que va faire Fleur PELLERIN face aux intermittents du spectacle ? Que va-t-elle faire pour la rénovation du patrimoine français ? Quel en est sa connaissance ? Elle n’a aucune formation ni en architecture, ni en histoire, ni en lettres : peut-ton me dire ce que vient faire à la Culture une énarque ancienne magistrate à la Cour des Comptes et spécialiste de l’économie numérique ?

  • Incrédule
    août 27, 2014

    « Nos universités, nos musées, nos institutions culturelles, les arcanes du monde des arts et de la Culture, n’auraient donc pas accouché en 30 ans de quelques sommités, de quelques intelligences, susceptibles de ressusciter cette belle endormie qu’est ce ministère à nul autre pareille ? »

    Ce n’est pas pour ramener ma fraise mais que d’erreurs orthographiques dans cette supplique pour la Culture ! (sic)

    « Nos universités, nos musées, nos institutions culturelles, les arcanes du monde des arts et de la Culture, n’auraient donc pas accouché en 30 ans de quelques sommités, de quelque (sans « s ») intelligence ( sans « s »), susceptibles de ressusciter cette belle endormie qu’est ce ministère à nul autre pareil (et non « pareille ») ? »

  • Bassy B
    août 27, 2014

    La fonction de ministre est en grande partie politique. Les éminences grises n’étant que d’ anonymes conseillers.

    • Bayari
      septembre 2, 2014

      @Bassy B : Juste !
      Il ne faut pas être major de X pour être ministre, de toute façon aucun major de X voudrait l’être, par contre, faut avoir des experts dans son cabinet ou leur commander des rapports. C’est ce que font sans exception tous les ministères.

      Ce procès en incompétence, qui concerne toujours des femmes d’ailleurs, fait par des gens qui ne savent comment leur entreprise pourrait s’en sortir sans les aides de l’Etat me fait rire.

  • Camille
    août 27, 2014

    Bonjour.
    Je ne suis pas sûre que votre article soit très exact d’un point de vue scientifique. Si l’ancienne ministre a « quitté la stratosphère » « comme une enclume », a-t-elle pu simplement « retomber sur le sol » en douceur ? M’est avis qu’une enclume accumule une énergie si considérable en chute libre qu’elle creuse un gros trou à son arrivée.

    Merci de fact-checker.

  • http://www.glassdoor.com/Overview/Working-at-Magnetic-Sponsoring-EI_IE593206.11,30.htm
    août 29, 2014

    For anyone going it alone who is a complete beginner,
    a fantastic place to start is with the Pay-Per-Click
    Domination course by Jim Yaghi. thus, in short if you wish for people to follow
    you, amplify your esteem and become a leader.

    He has lately partnered with a few infamous web marketers and put together a salty « excessive-end » MLM advertising product referred to as
    MLM Traffic Formula.

  • domain
    octobre 10, 2014

    Excellent beat ! I wish to apprentice whilst you amend your website, how could i subscribe for a blog website?
    The account aided me a applicable deal. I were a little bit familiar of this your broadcast offered shiny clear
    idea