Livre de Trierweiler: les élites médiatiques à contre-courant

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Le décalage est spectaculaire et le pied-de-nez jubilatoire. Ce n’est pas la première fois que les français prennent le contre-pied des élites journalistiques parisiennes qui du haut leurs piédestaux se sont pincés le nez à l’évocation du livre de Valérie Trierweiler, un ouvrage qu’ils ont tous, sans exception, exécuté de belle manière, avant même sa sortie en librairie, n’en retenant que les très brefs extraits picorés dans les colonnes de Paris Match.
De David Pujadas à Jean-Jacques Bourdin, il n’est pas une star de ce métier qui n’ait pris ses distances avec un livre affublé des qualificatifs les plus infamants. Par dizaines de milliers des « couillons » de français se sont donc rués sur les linéaires des librairies les dévalisant. Des dizaines de milliers de lecteurs se sont jetés à l’assaut d’un ouvrage dont on nous disait qu’il ferait «pschitt», compte tenu de son caractère « nauséeux » et des préoccupations bien plus nobles de nos concitoyens, qui ont d’autres chats à fouetter, ajoutait-on, que de se jeter sur le brûlot d’une femme blessée rejetée par l’opinion.
Aucun de ceux qui ont crucifié l’auteure n’avait donc lu son livre. Aucun de ceux qui l’étrillèrent n’avait la moindre idée de son contenu : les quelques passages assassins jetés en pâture dans les colonnes de Match, ont fait leur office : celui  de zakouskis. Bien joué. Suffisant pour déchainer les médias et affoler le chaland.
Or si ce livre est en passe de devenir l’un des plus important phénomène d’édition de ces vingt dernières années, c’est parce qu’il est bien plus que la charge enragée d’une femme éconduite, ce à quoi on a voulu le réduire en le résumant à quelques scènes ou expressions reproduites, toutes terribles pour Hollande. Rondement écrit et plutôt bien enlevé, le livre de Valérie Trierweiler, que j’ai lu, est d’abord un portait à l’eau forte, inédit et terriblement éclairant, de François Hollande. D’aucuns des journalistes politique que j’ai interrogé m’ont dit que l’on retrouvait dans ces pages le « vrai » hollande : dur, solitaire, intransigeant et d’un cynisme à toute épreuve. Il est aussi une très intéressante plongée dans les coulisses de l’Elysée et dans les arcanes du pouvoir en général. Il apporte enfin quelques clés sur la crise morale que traverse ce pays, sur les dysfonctionnements et la froideur de la machine étatique, sur l’état d’enfermement et d’isolement du Président de la République ou sur la relation quasi psychanalytique que ce dernier entretient avec nombre de ses proches.

Regardées à l’aune de ce livre, les récentes crises Montebourg et autres prennent ainsi un visage nouveau. On peut reprocher à l’auteure de l’impudeur ou de la cruauté, mais on ne pas lui enlever sa position: celle d’une journaliste qui a pu jauger, observer, étalonner, – et comment !- le premier d’entre nous.  Un homme dont tout le monde s’accorde aujourd’hui à dire qu’il n’est pas celui que les français pensaient avoir élu au printemps 2012.

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3 Comments
  • phillis
    septembre 5, 2014

    Inadmissible la position de Pujadas qui oublie travailler pour une chaîne publique!

  • phillis
    septembre 5, 2014

    Et si finalement le refus des élites-journalisques n’étaient lié aux mensonges qu’ils nous ont servi afin de faire élire François Hollande. Ainsi on nous le présente toujours comme un Corrézien à la Chirac alors qu’il n’a aucune racine dans cette région et pire qu’il n’a jamais cherché à faire partager à sa famille en achetant une résidence de vacances préférant Mougins. Le Corrézien a vécu a Neuilly à partir de 14 ans, est allé à HEC (25000€ l’année)et n’a jamais fait de petits boulots pour payer ses études! Le Corrézien est entré au PS en sortant de l’ENA et n’a jamais travaillé dans le privé! Il n’y a eu aucune émotion desdits médias pour ces vacances chez B.Arnault alors que l’on parle encore du Yatch de Bolloré!

  • Trerarre
    septembre 5, 2014

    VT fait croire qu’une personne qui a une liaison ne peut gouverner : ça été le cas de pratiquement tous les président de la Ve, excepté le Général (et Pompidou?). Le Général, justement, que sait-on de ce qu’il disait en privé?

    Et qui peut croire aux attaques de VT? S’il était anti-pauvre comme elle l’écrit, rien n’obligeait FH à entrer au PS après avoir fait HEC et l’ENA. C’est tellement gros : VT dit aux Français que leur président, qu’ils ont vu se préparer sous leurs yeux pendant 30 ans, est un déséquilibré mental. Elle, par contre, qui a couvert l’actu de FH tandis qu’elle était son amie, en contradiction donc avec les règles élémentaires du journalisme, est au clair.

    Que Pujadas ne veuille pas en parler est un signe d’intelligence. Vous, vous baissez.