Valls pourfendeur de la "dictature de l'immédiateté" et premier client de BFM TV

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Suite au tir nourri d’une partie du PS contre sa politique et aux déclarations de Martine Aubry l’étrillant dans les colonnes de l’Obs, Manuel Valls était ce matin sur l’antenne de BFM TV en tenue de pompier démineur. Notre Premier ministre entendait ainsi répondre dans l’urgence et du tac au tac, aux attaques de son camp, ignorant les propos qu’il tenait pas plus tard que la semaine dernière, lors d’un déplacement en province, sur ce qu’il appelait alors, le verbe haut et tranchant, « la dictature de l’immédiateté».

Egratignant au passage les chaînes d’information en continu, qui contraignent à « inventer toutes les demi-heures une information », le locataire de Matignon brocardait le « Tout, tout de suite », ce priapisme médiatique ambiant qui pousse les chaînes d’infos à la surenchère. « Je m’excuse auprès des journalistes qui officient sur les plateaux de BFM », – lesquels étaient à ses côtés ce jour-là- , « mais c’est cette réalité, celle de l’information à tout prix, pas toujours vérifiée, qui pousse à inventer toutes les demi-heures une information n’est pas souhaitable », poursuivait-il le front barré et la jugulaire mentale bien serrée. Chassez le naturel et il revient au galop: Valls a ainsi succombé ce matin à ce qu’il dénonçait quelques jours plus tôt, se précipitant sur les antennes de BFM TV, une antenne symbole d’unec profession atteinte de tachycardie.

La survie commande. Vitesse obligatoire. La politique a ses logiques de communication. Une communication Reader Digest rendue possible justement par ces chaînes d’info devenues pour le tout-venant des SAMU ouverts 24h sur 24h. C’est dire à quel point l’Etat démocratique est devenu médio-dépendant et donc docile à ce nouveau pouvoir, c’est-à-dire de l’image et de l’information jetable. Les hommes politiques sont les premier responsables de cette uniformisation de l’information. Et c’est pitié de les voir négliger leur sacerdoce pour courir après des micros au premier pétard, comme l’animateur télé après l’audimat. Il y a une corruption de l’intelligence à répondre ainsi du tac au tac à l’agenda des médias, à imaginer qu’une bonne audience, assortie de quelques reprises dans la presse, valent un bon sondage ou une bonne réforme.

Il y a 30 ou 40 ans, on ne parlait pas de médias en général, mais de familles de pensées ou de  titres. On parlait de la presse chrétienne, de la presse communiste, de celle de droite ou de gauche, conservatrice ou progressiste. Aujourd’hui, cet univers forme un milieu homogène et lisse. Personne ne s’étonne ainsi de voir passer un journaliste du Figaro à Libération. C’est un même entonnoir qui aspire chaque jour une classe politique tenue bride courte par une poignée de journalistes décideurs, une classe politique aujourd’hui inféodée à des médias audiovisuels qui font du devoir de vitesse une loi d’airain et un atout professionnel. Les politiques sont devenus leurs domestiques. On les sonne, ils accourent. Après qu’un communicant leur ait glissé dans l’oreille la petite phrase qui fera le « buzz », le temps qu’une autre petite phrase prenne le relais, et ainsi de suite…

La politique à tout à perdre à se précipiter sur ces tréteaux où tout est fait pour amener l’invité à son nombril ou à l’échafaud. Parano et maso à la fois, je n’ai jamais rencontré un homme politique qui ne tienne à l’égard des médias des propos définitifs. Tout en faisant leur siège la mine mendiante, tétanisés à l’idée d’être ignorés par cette nouvelle Eglise qui les châtie. « Lynchage médiatique » est ainsi un cliché de confort. Car même tuméfié et passé à tabac par un média, un homme politique revient toujours et inlassablement vers ses « bourreaux » .

Manuel Valls est l’archétype même de cette ambivalence: un politique «médiaphobe», mais dépendant d’un écosystème dont il semble incapable de s’affranchir et qu’il vampe tout en le piétinant en coulisses. « On est toujours le médiatique de quelqu’un, comme on est le mondain d’un autre mondain », a écrit Régis Debray, qui a depuis bien longtemps déserté les plateaux. Bien lui en a pris.

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4 Comments
  • Le Tigre 66
    octobre 23, 2014

    Ces donneurs de leçons du P S qui on taper sur la droite reçoivent le boomerang en pleine figure .

    Comme quoi avant de dire sur les autres il faut regarder dans sa propre famille !!!!!!

  • impair
    octobre 23, 2014

    A lire cet article on a l’impression que c’est la faute des politiques s’ils sont happés par cette presse immédiate. Il n’en est rien. Eux n’ont pas changé. C’est le système médiatique accéléré qui les oblige à répondre. Qu’il restent 24 h sans répondre à cette presse et ils seront immédiatement vilipendés par cette presse, prenant à témoin l’opinion de leur non réaction immédiatement interprètée comme de la négligence. Que cette presse fasse plutôt son propre procès plutôt que celui des politiques.

  • jassans
    octobre 23, 2014

    Fausse information ::Valls etait en costume cravatte

  • Coquelicot
    octobre 30, 2014

    Mr Valls adore les médias, c’est un bonimenteur, comme Sarkozy.
    Ils sortent du même moule ces deux politiques cyniques et prêts à tout pour rester sur le devant de la scène, des moulins à vent pilotés par des conseillers les yeux fixés sur les sondages.
    Mr Valls a fait un putsch à l’ intérieur du PS pour en prendre la tête d’ ici 2017 et se présenter à la place de Hollande, jamais je ne voterai pour lui.
    Les médias l’ adorent, je me demande vraiment ce qu’ ils lui trouvent, lui qui a fait 5% aux primaires socialistes et qui a permis au FN de faire de gros scores dans toutes les villes où Mr Valls est allé le combattre lors des dernières européennes.
    Avec des politiques comme Vals ou Sarkozy la France court tout droit dans le mur et se prépare à accueillir le Front National à sa tête, c’est flippant !