Canal+: comment la médiatisation d’un entretien préalable sauve en « Direct live » un salarié menacé.

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Breaking news ! Le rédacteur en chef de l’émission « Spécial Investigation », Jean-Baptiste Rivoire, que la DRH de Canal+ avait convoqué hier en vue d’un entretien préalable à son licenciement, restera finalement à son poste. Liée à l’affaire du reportage sur le Crédit Mutuel, -un doc sacrilège déprogrammé par « Canal », puis diffusé sur France 3-, cette convocation a donné lieu toute la journée d’hier à un feuilleton totalement surréaliste. C’est en effet la toute première fois qu’un salarié en conflit avec l’entreprise qui l’emploie s’est vu numériquement accompagné jusqu’au bureau de la Direction des ressources humaines par un chapelet de site d’informations accrochés à ses basques.
Jean-Baptiste Rivoire a reçu sa lettre , Jean-Baptiste Rivoire est convoqué à telle heure, Jean-Baptiste Rivoire se dirige vers le bureau, Jean-Baptiste Rivoire est rentré dans le bureau, Jean-Baptiste Rivoire est en entretien, Jean-Baptiste Rivoire est sorti du bureau….C’est en « Direct live » que les internautes ont pu suivre la journée de celui qu’auront accompagné un contingent d’internautes : les supplétifs, témoins, supporters ou avocats d’un salarié mis au ban.

A-t-il bu un café ? A-t-il pu aller pisser ? Jean-Baptiste Rivoire a-t-il été correctement traité ? A-t-il été attaché à une chaise, joué à la belotte ou menacé de mettre le feu à l’appartement de Vincent Bolloré? On aurait souhaité en savoir plus et pénétrer dans ce bureau où  Jean-Baptiste  Rivoire aurait dû faire un Selfie avec le (ou la) DRH de Canal+, avant d’envoyer sur la toile cette photo immortalisant l’évènement ! On aurait même rêvé qu’une équipe de Cash Investigation, emmenée par Elise Lucet, accompagne caméras à l’épaule celui qui le jour même endossait la casaque de responsable syndical SNJ-CGT: une cuirasse  et statut qui le mettent à l’abri.
La médiatisation, cas inédit, de cet entretien préalable aura eu pour effet d’éteindre les sanctions qui menaçaient ce journaliste. Et c’est une bonne nouvelle. Mais bon nombre de salariés jetés dehors dans l’anonymat le plus absolu rêveraient d’une telle couverture médiatique.
La digitalisation de cette convocation et le ramdam qui l’a accompagnée  l’auront assurément sauvé d’une sanction probable. Mais que cette séquence médiatique, sur le strict plan de l’information et de son traitement, fut délirante et presque déplacée!

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1 Comment
  • Dulac
    octobre 20, 2015

    C’est vrai, mais pourquoi pointer ce tapage médiatique sous ramdam ? Cela revient à introduire une problématique – arabe, sinon musulmane voire intégriste terroriste – que rien ne justifiait. Sauf si vous pensez que la force a primé le droit, à l’image des terroristes musulmans. Et c’est vrai. Soyez plus clair.