France Télévisions: Eric Woerth contre un retour de la pub après 20 heures (rapport parlementaire)

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«À l’heure où Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, annonce un déficit public de 50 millions d’euros pour 2016, il est plus que d’actualité de s’interroger sur la viabilité du modèle économique de l’audiovisuel français, dans un contexte de révolution numérique et de changement des pratiques des usagers, porté par des mutations technologiques profondes ».

Ces propos du député des Républicains et ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy, Eric Woerth, figurent en préambule d’un volumineux rapport sur le financement de l’audiovisuel public, publié sur le site de l’Assemblée Nationale et réalisé par une commission parlementaire présidée par le susnommé.

D’emblée, l’ancien ministre prend ses distances avec la commission dont il a dirigé les travaux, se refusant à approuver deux propositions phares du document: l’élargissement de l’assiette de la redevance et le retour de la pub après 20 heures.

Ainsi, écrit-il :
« Le premier point de désaccord concerne la proposition de réforme de l’assiette de la contribution à l’audiovisuel public, qui serait élargie à tous les supports permettant la réception du service public de télévision (ordinateurs, tablettes, smartphones). Cette proposition me paraît très peu adaptée dans un contexte fiscal oppressant depuis 2012 pour le contribuable français soumis à une politique d’augmentation des impôts peu soutenable et que je ne peux, en aucun cas, cautionner en m’associant à cette proposition. Toutefois, je m’associe au souhait du Rapporteur d’améliorer la prévisibilité de la ressource publique et de renforcer la coordination entre les acteurs de l’audiovisuel public.
Je ne saurais, non plus, m’associer à la proposition visant à réintroduire, même à court terme et de façon partielle, la publicité de 20h00 à 21h00. Je reste convaincu que la loi du 5 mars 2009, qui a supprimé la publicité à partir de 20h00 sur les chaînes de France Télévisions, a permis d’offrir aux usagers une meilleure qualité du service public audiovisuel tout en prévoyant un système de financement pérenne. Ainsi, il convient de ne pas revenir sur ces dispositions. J’irai même plus loin en estimant – qu’à terme et sous réserve de prévoir un mécanisme de compensation adapté et pérenne – ce modèle devrait être poussé au bout de sa logique et conduire à une suppression définitive de la publicité ».

 

Ces deux importantes réserves émises, Eric Woerth se range en revanche aux côtés de ses pairs pour appeler l’audiovisuel public et notamment France Télévisions à se réformer profondément:
Le secteur de l’audiovisuel public, « particulièrement affecté par une dégradation du résultat des entreprises engendrée par une augmentation des charges plus rapide que celle des recettes, doit réviser son modèle », lit-on. .

« Il s’agit en premier lieu de rechercher les économies structurelles qui pourraient être mises en œuvre selon un calendrier programmé au sein de l’audiovisuel public pour l’adapter, également aux nouvelles pratiques (numérisation de chaîne, réduction des coûts de grille et des effectifs).
Enfin, il convient de soutenir la diversification des ressources des acteurs de l’audiovisuel public via une véritable politique de valorisation de la production audiovisuelle, afin qu’elle soit notamment concurrentielle à l’international et permette d’offrir des recettes aux diffuseurs qui la financent. Cet ambitieux projet passerait par la révision du décret du 27 avril 2015, afin d’établir un équilibre entre les producteurs et les diffuseurs, la maîtrise des mandats de commercialisation par les diffuseurs et l’assouplissement des obligations en faveur de la production indépendante, en s’inspirant notamment du modèle britannique de la BBC.
Un secteur de l’audiovisuel public fort, soutenu par une ressource publique sécurisée, constitue une étape incontournable pour assurer une programmation de qualité et un service public qui remplit la mission qui lui est assignée. C’est également la garantie de retombées bénéfiques pour l’ensemble du monde audiovisuel à travers le soutien et le développement d’une production créative et attirant les investisseurs étrangers ».
Réduction drastique des coûts et des effectifs, réflexion sur le périmètre même de France Télévisions, dynamisation de la filière de production, ambition à l’international, accélération de la mutation numérique, tels seraient les axes de la réforme. Si l’ancien ministre du Budget, dont la parole pèse au sein de son camp, affiche des désaccords sur les modalités de sa mise en œuvre, l’ensemble de cette commission est tombée d’accord sur le constat: l’avenir de France Télévisions passe une radicale et profonde refonte, tant au niveau de ses structures que de ses stratégies de développements.

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1 Comment
  • bertrand
    octobre 7, 2015

    Woerth et ses copains ne veulent que l’affaiblissement de Francetélévisions.
    Et pourquoi refuser le retour de la pub après 20 heures? Je n’ai entendu aucun argument valable pour interdire ce retour.
    Les intérêts de TF1 et M6 sont bien protégés…