Rachat de Newen par « La Une »: Le soutien de Fleur Pellerin à TF1 déclenche de vives réactions

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Il est rare qu’un ministre de la Culture, en l’occurrence une ministre, Fleur Pellerin, prenne le contre-pied du PDG de France Télévisions et fasse l’apologie d’une opération commerciale qui risque d’affaiblir la télévision publique et de renforcer un groupe privé, TF1 en l’espèce. Interrogée par le Monde au sujet du rachat par « La Une » du groupe Newen, producteur entre autres, de Plus belle la vie et de Candice Renoir, Fleur Pellerin, a estimé que ce deal s’inscrivait dans sa volonté de voir «émerger des champions français » de l’audiovisuel, ajoutant au passage qu’elle serait attentive à « l’indépendance éditoriale » de Newen : comme si le politique avait une quelconque légitimité à intervenir sur la stratégie éditoriale d’une société de production, dont la maison-mère et société éditrice sera TF1!

« Big is beautiful!» Fleur Pellerin saluant l’OPA de TF1 sur l’un des principaux prestataire de France Télévisions, voilà qui ne manque pa de sel!

Légitimement en colère, la pédégère de France Télés, Delphine Ernotte, à qui on ne peut donner que raison, a réagi « fermement », en, rappelant « que plus des deux tiers du chiffre d’affaires de Newen sont réalisés avec notre groupe ». J’y ajouterai ces deux chiffres puisés dans un récent rapport du Sénat qui résume l’ampleur du séisme et du scandale : Si France 3 a financé à hauteur de 83% la production de Plus belle la vie depuis sa création, son producteur, Telfrance, filiale de Newen, en a encaissé 86% des bénéfices. Jolie braquage. « Nous contestons que les investissements de France Télévisions, principalement financés par la contribution des citoyens par la redevance, puissent aujourd’hui faire l’objet d’une telle tractation commerciale », ajoute Delphine Ernotte. « Ce sont les idées, les savoir-faire et les compétences développés en partenariat avec le service public qui constitueraient l’actif essentiel de cette opération entre notre principal fournisseur et l’un de nos principaux concurrents« , ajoute-telle. Si Delphine Ernotte, qui défend sa maison, est dans son rôle, que dire d’une ministre de la Culture dont l’ultra-libéralisme en la matière peut en effet surprendre.

 

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Président de Film France et producteur de renom, Nicolas Traube, – à qui l’on doit, entres autres créations depuis 30 ans, Le château des oliviers, Navarro, Les Amants du Flore, Coco Chanel, ou encore Guerre & Paix- n’est pas moins sévère :
« je ne sais pas comment pourront réagir les pouvoirs publics quand, dans notre marché étroit, il y aura renégociation de ce que la présidente de France Télévisions a qualifié de meilleurs programmes de son groupe en fiction: « Plus belle la vie » et « Candice Renoir » justement deux productions qui pourraient être amenées à appartenir à son concurrent. Ce sera du perdant-perdant, car soit le programme est arrêté brusquement et France 3 sans « plus belle la vie » sera plus que fragilisée, soit France 3 devra surpayer un programme, appauvrissant sa marge de manœuvre pour ses autres investissements et enrichissant d’autant et assez indûment son concurrent. Tout cela ne me semble pas correspondre à l’idée d’un « beau projet » quand on est garant de l’utilisation de l’argent de la redevance »

Et d’ajouter : « Autre point qui vient contredire cet empressement des pouvoirs publics à encourager les diffuseurs à produire de façon intégrée et à trouver que l’existence de grands groupes est l’alpha et l’omega de la politique culturelle du pays. D’abord je ne crois pas que des Bolloré ou Bouygues aient besoin d’être encouragés à se comporter d’une manière si peu respectueuse de la concurrence et de la diversité des sources d’approvisionnement en intégrant leur production. Ils peuvent y penser tout seuls et ce sont quand même les rois des monopoles anticoncurrentiels dans leurs autres activités ». Bref : il s’agit d’encourager la diversité des sources en matière d’approvisionnement de programmes et de veiller à protéger une télévision publique incapable de résister face aux mouvements de concentration que l’on observe dans le paysage audiovisuel. C’est cela sans doute que Delphine Ernotte était en droit d’attendre dans la bouche de sa ministre de tutelle. Et non l’inverse.

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2 Comments
  • cestmonavis je le donne
    octobre 31, 2015

    Indubitablement incroyable ce soutien a tfun.
    Et cette facon de faire fi de nos impots redevance.

  • cestmonavis je le donne
    novembre 4, 2015

    Indubitablement incroyable ce soutien a tfun. Et cette façon de faire fi de nos impôts redevance.