Quel avenir pour I>Télé?

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L’annonce de l’arrivée en trombe de LCI sur la TNT a jeté un froid polaire dans les étages du groupe Vivendi où Vincent Bolloré s’interroge depuis des mois sur le sort d’I>Télé. Très critique, l’industriel est fermement décidé à la réformer profondément, à défaut de la vendre ou de la fermer, un hypothèse qui effleura l’ancien tandem dirigeant de Canal+ incarné par Bertrand Méheut et Rodolphe Belmer. Or si I>Télé, qui n’a jamais su véritablement trouver son positionnement face à ce bulldozer qu’est BFM TV, n’avait jusqu’ici qu’un seul adversaire, là-voilà désormais prise en étau entre une LCI, que TF1 entend relancer avec moult moyens, et une BFM TV qu’Alain Weill, son créateur et dirigeant, a porté au pinacle. Adossée au groupe TF1, où Gilles Pélisson s’apprête à s’installer avec de grosses ambitions, LCI va en effet faire peau neuve et bénéficier de toute la force de frappe de sa maison-mère. A 18 mois de l’élection présidentielle, la pionnière des chaines tout-infos redevient ainsi un enjeu pour le groupe de Martin Bouygues qui a bataillé en coulisses afin que le CSA lui accorde cette fréquence tant convoitée. Quant à BFM TV, désormais dans le giron de Patrick Drahi, elle a pour vocation de grandir encore à l’aune des synergies que le propriétaire de Libération et de l’Express entend faire jouer avec le groupe de presse qu’il possède.
C’est dans ce contexte pour le moins instable qu’I>Télé va devoir se réinventer: une énième réforme menée sabre au clair par un Vincent Bolloré qui conteste, à tort ou à raison, et à mots à peine couverts, le caractère « bobo », parisien et gauchisant, d’une chaine ballotée depuis des années au gré des lubies des différentes directions de Canal+, où chacun, selon les époques, y alla de ses nouveaux décors, lignes éditoriales et journalistes vedettes. Aujourd’hui la chaine est observée au scanner dans les étages dirigeants du groupe Vivendi-Canal+: si la couverture des évènements de janvier fut saluée, celle des dernières élections régionales a été l’occasion de très vives critiques. Un constat fait en tous les cas l’unanimité au sein du groupe: I>Télé, qui a définitivement perdu la bataille du «hard news» et du leadership, gagnée de longue date par BFM TV, risque d’être balayée quand LCI et les bataillons de TF1 vont débouler. Se pose du coup la question du positionnement d’une chaine qui va connaitre de profonds bouleversements, humains et éditoriaux, dans les mois qui viennent. Sans que l’on sache à l’heure d’aujourd’hui quelle peut être la recette qui puisse permettre à cette chaine de conserver sa place dans un paysage saturée et unique dans le monde à ce titre.

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