Hanouna Gate: révélations sur les coulisses d’une affaire hors norme

par 2commentaires No tags 0

 

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Depuis qu’un Tsunami s’est abattu sur la ville, je me lève chaque matin avec un épouvantable mal au crâne. Il ne se passe une nuit sans que la question me tienne éveillé : Pas Bertrand Chameroy? Pas lui ? Insomniaque, je me refais depuis quelques jours incessamment et en boucle le film des émissions de Touches pas à mon poste, depuis l’arrivée de ce programme sur D8. Avant de me lever à l’aube, la tête comme un compteur à gaz, pour rejoindre fissa mon bureau sur le mur duquel sont épinglées les photos des visages de l’ensemble des chroniqueurs de TPMP: une bande de cachetonneurs tyrannisés et tenus bride courte par un psychopathe, équipe au sein de laquelle sévirait une taupe.
La semaine dernière, à quelques jours de la sortie d’une nouvelle formule de l’Express, j’ai donc fait le siège du bureau de Christophe Barbier en le conjurant de consacrer sa première couverture non pas à Emmanuel Macron, -«Crois-tu vraiment que les Français s’intéressent à ce type quand ils ont, par centaines de milliers, les yeux rivés sur D8, cette chaine où se joue un drame qui relègue celui des migrants bien loin derrière ?», mais à la fameuse AFFAIRE.
Et de renchérir devant un Barbier qui commençait à flancher sous la robustesse de mon plaidoyer: «Tu ne vas pas tout de même laisser à Society le monopole d’une affaire dont on parle jusqu’au plus haut niveau de l’Etat! Oui, Je te jure ! Il parait même que si Valls a décidé d’amender la loi El Khomri, c’est parce qu’Hanouna le lui a conseillé. Tu vois le truc ? C’est du très lourd…»
Quelque peu ébranlé, Barbier, qui en avait dénoué son écharpe, (son premier strip-tease en 27 années de cohabitation à L’Express), m’avait alors donné 48 heures chrono pour dénouer cette affaire. Et mettre un nom sur la taupe qui venait d’alimenter les colonnes du magazine Society, où Cyril Hanouna s’est fait salement vitrifier. 48 heures pour le scoop de l’année et à la clé un Prix Albert Londres assuré, cette breloque jamais épinglée au revers de ma veste et après qui je cours depuis maintenant 30 ans: sacré challenge.
Un plein de café au Monoprix du coin, une boite de Guronsan piquée sur le bureau de Christophe, les encouragements de mon fils, ( toujours présent dans les coups durs), et une volée de coups de fils à mes contacts les plus précieux: me voilà sur le pied de guerre, prêt à sacrifier les quelques règles déontologiques qui me restent afin de débusquer celui ou celle  qui a balancé à un vulgaire fascicule l’affaire dont je rêve depuis le Watergate et le scandale Bettencourt. Je n’en dormais plus : Ce que Servan-Schreiber avait loupé, je le graverai en lettres d’or au fronton de L’Express!

 

Le lendemain, mon enquête avait avancé. Le petit ami de la copine de la mère d’une maquilleuse du Grand Journal, qui fait des heures-sup à D8, avait surpris une confidence lors de la séance de maquillage : un chroniqueur sous Lexomil et dont la pige n’avait pas été versée le 30 du mois menaçait d’en découdre. Et ça allait barder. Yes! Un coup de fil à un Barbier sur le gril pour le rassurer sur l’état d’avancée spectaculaire de mes investigations, un SMS à mon avocat afin de bien verrouiller l’affaire sur le plan juridique, un autre SMS à Vincent Bolloré pour lui annoncer que son cours de bourse risquait de s’envoler dans les jours qui viennent, – « Merci Renaud, à charge de revanche !- et un plateau repas vite englouti devant la télé: demain le triomphe, les félicitations de Patrick Drahi, l’admiration de mes collègues au journal et la médaille du Travail, l’affaire est dans le sac.
Mais v’là-t ’y pas qu’au dessert Bertrand Chameroy craque en direct! Que ce garçon à qui on n’a rien demandé vient à s’effondrer. Au point que chacun dans son coin, c’est-à-dire sur les réseaux sociaux, où la vox populi sort de sa torpeur, se met immédiatement à le désigner à la vindicte! C’est quoi ce bordel? J’ai pas le temps de cogiter que mon téléphone sonne: c’est Barbier qui soupire et m’accable. «T’es devant TPMP ? Ton affaire est morte ! T’as vu la tête de ce gamin ? Une belle tête de champion, de coupable, je te le dis ! On oublie Hanouna, Ça sera Macron! » « Mais Christophe…!» Il a  déjà raccroché. A l’antenne le fameux Chameroy explique qu’il jette l’éponge pour des raisons emberlificotées. Sur Tweeter, c’est déjà une tuerie : les pour et les contre Chameroy s’étripent. Pour un peu, habitant à un jet de pierre des studios de D8 à Boulogne-Billancourt, j’irai bien en jeter une à la figure de cet hurluberlu qui s’immole en direct et sans prévenir!

 

Abattu, j’ai fini par zapper sur France 2 où David Pujadas évoquait la dramatique situation des migrants aux confins de la Macédoine : loin des errements d’une profession prise de folie par ce feuilleton dérisoire. Le retour à la vraie vie.

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2 Comments
  • Boris Dellile
    mars 12, 2016

    Merci Renaud, vous m’avez bien fait rire ! Continuez ainsi !

    Boris

  • intenso
    mars 15, 2016

    C est le prix pulitzer que vous avez raté bêtement. .
    cristophe barbier pff, macron pff, la Syrie pff.
    merci pour ce moment Renaud.