Veut-on la chute de Maïtena Biraben?

par 4commentaires No tags 0

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Faut-il parler d’une mort annoncée ou du combat d’une journaliste décidée à vendre chèrement sa peau dans un joli marigot, alors que tombent régulièrement sur son dos, telles des hallebardes, un tombereau d’attaques et de critiques ? Faut-il avoir en tous les cas le cuir sacrément épais comme celui de Maïtena Biraben pour accepter le traitement que cette dernière endure depuis qu’elle a pris en septembre dernier les rênes d’un Grand Journal, dont l’audience affiche un encéphalogramme préoccupant !

Quatre ans après que Michel Denisot en ait lâché la bride, le talk-show de Canal+, qui a perdu de sa superbe, ne parvient plus à enrayer sa chute entamée en 2012 : son audience oscille désormais entre 2,7 et 3,5% de part d’audience et l’émission (quotidiennement atomisée par TPMP, le blockbuster de Cyril Hanouna sur D8), semble en forme lorsqu’elle attire plus de 600 000 personnes. Fragilisée, son animatrice est devenue l’objet d’une curiosité malsaine et le souffre-douleur d’une presse-guillotine piquée aux réseaux sociaux : Pas une semaine sans qu’une rumeur la concernant vienne s’enraciner comme du chiendent sur les sites médias et qu’on donne l’intéressée  au bord du gouffre. La dernière en date (fantasmagorique) disait Maïtena Biraben en rogne contre son équipe qui n’aurait pas réagi en coulisses à l’annonce, en direct, de la mort du chanteur Prince. Sitôt rentrée après quelques jours de repos l’intéressée a dû se précipiter au micro de RTL pour rectifier.

Or l’heure des comptes arrive : Vincent Bolloré, qui s’est réfugié dans une posture mutique, -ce qui ne présage rien de bon-, s’apprête à rendre ses arbitrages. L’industriel, qui a pour objectif une très nette réduction des plages en clair de Canal+, risque fort de tailler à la serpe dans la grille des programmes de la chaine, où des rendez-vous comme Le Supplément d’Ali Baddou, Le Petit journal de Yann Barthes et Le Grand journal de Maïtena Biraben, sont sur la sellette.

Qu’adviendra-t-il dans ce contexte de celle qui semble bien seule à la tête d’un programme dont la chute incombe au premier chef à ses producteurs et aux équipes d’animation qui en ont la charge ? Mystère pour l’heure.

Car la question qui mérite aujourd’hui d’être posée est celle-ci : comment se fait-il que celle qui animait de la même manière par le passé et avec brio l’excellent Supplément de «Canal» soit devenue du jour au lendemain aux yeux d’une partie des observateurs une professionnelle médiocre? Comment expliquer que cette même Maïtena Biraben, qui virevoltait hier dans les cimes, rame depuis des mois à la tête d’une émission à l’évidence extrêmement mal produite? Disons clairement les choses : On voudrait la saborder que l’on ne s’y prendrait pas autrement !

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Flash-back. Quand l’ancien producteur et grand manitou du Grand Journal, Renaud Le Van Kim, prend la porte, (viré par Bolloré) c’est à Flab Prod que les dirigeants de Canal+ et Vincent Bolloré confient les clés du Grand Journal. Créée en 2004 par Laurent Armilléi et François Bénichou, cette société de production n’a rien de fantaisiste. Ses promoteurs connaissent la musique et le métier. Ils ont produit une multitude de formats : qu’il s’agisse de « L’Edition Spéciale », avec Samuel Etienne ou de « La Nouvelle Edition », avec Bruce Toussaint. Flab Prod produit également pour Canal+ des documentaires, ainsi que des rendez-vous comme le « Canal Football Club », « Canal Champions Club », « Le Tube » ou encore « Formula One » : Autant de rendez-vous performants à l’antenne dont les animateurs n’ont qu’à se féliciter. Or en septembre 2015 Vivendi rachète les Studios de Boulogne, pied-à-terre de Flab Prod qui tombe du coup dans l’escarcelle du groupe de Vincent Bolloré. C’est pour l’industriel de l’intégration verticale et l’assurance de coûts maîtrisés. Pour les deux producteurs de Flab Prod, avec ce royal adossement, l’assurance d’un volant de chiffre d’affaires.

Et pour Maïtena Biraben, à la rentrée de septembre 2015, une garantie de sérieux : la journaliste peut alors espérer s’appuyer sur un duo de producteurs rompu aux techniques d’un métier qu’il connait bien et où il a fait ses preuves. Or c’est l’inverse qui se produit, avec un lent délitement du Grand Journal qui peu à peu va s’enliser. Une rédaction en chef peu ou pas au niveau, des programmateurs au diapason des susnommés (et qui valsent parfois), des plateaux d’invités poussifs, des tunnels de sujets absconds, à n’en plus finir…C’est une lente Bérézina qui s’annonce. Repliés sur une équipe qu’ils défendent bec et ongle, les dirigeants de Flab Prod, qui se refusent à toute réforme ou virage éditorial, contribuent au fil des mois, par leur inertie, à plomber un programme dont la maitrise échappe, peu ou prou, à celle qui le présente.

Dos au mur, pointée du doigt par les médias, Biraben a beau dire, beau faire et se débattre, c’est elle et elle seule qui porte le chapeau et la responsabilité de l’échec dans les médias où on sonne l’hallali. Quand en coulisses, où les tensions sont évidemment inévitables et palpables, les clashs se multiplient: une lettre de reproches cinglants, signée de la rédaction, est même adressée aux deux producteurs en décembre dernier.

A chacun donc ses responsabilités…On devine dans ce climat délétère la lassitude qu’a pu à un moment ressentir celle dont la chaloupe ballotée navigue dans un épais brouillard: une Maïtena Biraben sur laquelle pleuvent les qualificatifs sexistes et classiques: « hystérique », «colérique », « ingérable»…Tout cela manque décidément de dignité et d’élégance. Reste à Vincent Bolloré de faire (avec parcimonie?) le tri au milieu de ce beau gâchis. C’est notre prochain épisode.

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4 Comments
  • Boding
    avril 28, 2016

    « Touche pas à Ma ïtena ! »

    LGJ et LPJ sont les seuls vestiges de ce que fut « L’esprit Canal » qui en faisait une chaîne différente.

  • DUSSSERE
    avril 29, 2016

    cela ne m’a pas empéché de dormir !!!!

  • millicent
    mai 1, 2016

    « Avoir du bec »,(Biraben , Sublet…)ne fait pas le talent …curieuse époque où le manque de culture est revendiqué comme une qualité au détriment d’une information qui se doit avant tout divertissante et qui est tout simplement ridiculement insipide même quand elle se veut provocante !

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    mai 2, 2016

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