Sexe et politique: à quand la fin de l’omerta sur les rites présidentiels?

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Accusé dans une enquête conjointe de Médiapart et de France Inter de harcèlement et d’agressions sexuelles par quatre membres et quatre collaboratrices d’Europe Ecologie-Les Verts, Denis Baupin a donc été médiatiquement exécuté. Mis au ban sans préavis et haché menu par les réseaux sociaux, le désormais ex-vice-président de l’Assemblée nationale et député de Paris est devenu une cible à abattre. « Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait déclaré coupable » dit l’article IX de la Déclaration des droits de l’homme: un articulet dont la vox populi et les médias font allègrement depuis quelques jours des confettis.

L’affaire Baupin a vu une cohorte de personnalités politiques, (au nombre desquelles   Roselyne Bachelot, Michelle Demessine, Cécile Duflot, Aurélie Filippetti ou encore Elisabeth Guigou), fustiger avec vigueur dans les colonnes du JDD les mœurs d’une classe masculine aux mains trop lestes. Or si l’attitude (présumée) de Denis Baupin est inqualifiable, la montée au créneau de ces 17 ministres laisse quelque peu songeur. Qu’ont-elles attendu pour dénoncer en effet ce qu’elles considèrent aujourd’hui, et bien tardivement, comme insoutenable? N’ont-elles pas eu par le passé, les unes pour François Mitterrand, les autres pour Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, VGE, François Hollande et bien d’autres, des mots, des discours, des attentions de dévotes, des attitudes courtisanes? Combien parmi ces groupies de la politique se seraient jetées au sol pour décrocher un strapontin dans le cortège d’un François Mitterrand gravissant la Roche de Solutré ou une place dans la berline de Nicolas Sarkozy au soir de son élection en 2007? Saint Mitterrand dans tous les courants, Dieu Sarkozy…N’y-a-t-il quelque chose d’indécent à observer cette mise au pilori, radicale et expéditive, de Denis Baupin quand plusieurs générations de femmes ( et de journalistes) politique en génuflexion ont tu ou toléré, sans broncher, durant des décennies les égarements de Présidents de la République regardés comme Priape, le Dieu grec de la fertilité ? Omerta et rites présidentiels d’un côté, dénonciations et exécutions de l’autre: On pardonne aux locataires de l’Elysée ce que l’on n’accepte pas et à raison d’un parlementaire aux mœurs de palefrenier.

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