Assemblée générale et motion de défiance: ITELE vers la crise

 

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La première prise de parole du nouveau patron de I>Télé, Serge Nedjar,  nommé le mardi 24 mai à la tête de la chaîne d’information du groupe Canal+, a jeté un froid polaire en fin de semaine dernière, où les journalistes sont depuis, vent debout.

Intervenant devant la rédaction réunie au grand complet, ce fidèle de Vincent Bolloré, directeur par ailleurs du journal gratuit Direct Matin et de sa régie publicitaire, a expliqué, tout de go, que les équipes d’I>télé devaient se préparer à se faire dorénavant l’écho, sur leur antenne, des activités du groupe Bolloré : une obligation, a même tenu à préciser le nouvel homme fort de la chaîne, face à une salle survoltée et cueillie à froid.

Devant les réactions médusées des journalistes, dont celles du directeur de la rédaction,  Olivier Ravanello, qui a rappelé quelques règles élémentaires de déontologie, Serge Nejdar a fait cette réponse, toute aussi inattendue: « Des journalistes qui ont de grands principes, il y en a plein au chômage !». Quelque peu décontenancée, la rédaction d’I>télé a décidé de se réunir ce lundi matin en assemblé générale : elle devrait décider du vote d’une motion de défiance.

 

Cette sortie pour le moins maladroite du nouveau patron d’I>télé est-elle totalement improvisée ? Est-elle le fruit du hasard ? Ou, pesés au trébuchet, ces propos sont faits, au contraire, pour mettre le feu aux poudres ?

 

Pourquoi en effet de telles déclarations, alors que chacun sait que secouée depuis plusieurs semaines la rédaction d’I>télé, à fleur de peau, est une bombe à retardement ? Il faut peut-être replacer ces propos dans le contexte général des enjeux d’un groupe (Canal+), qui a adopté, tous azimuts, depuis quelques mois, une stratégie de la tension : en interne, comme à l’égard des pouvoirs publics.

C’est en effet dans les tous prochains jours que l’Autorité de la concurrence doit rendre un avis, très attendu, sur le mariage entre Canal+ et BeIN Sports. Or certaines fuites laissent à penser qu’à ce jour, l’avis en question ne serait en tous points, favorable aux intérêts du groupe Canal+. Ce qui serait une mauvaise nouvelle.

Vincent Bolloré, qui a déjà menacé de fermer Canal+ France si son modèle économique était mis à mal, est passé maître dans l’art de battre le chaud et le froid. Voilà des semaines qu’il envoie des signaux alarmistes en direction de l’exécutif, où l’on suit le dossier BeIN Sports et les remous à Canal+ avec une extrême vigilance. Or une crise ouverte à I>Télé, – telle qu’elle semble se dessiner-, assumée par Bolloré, viserait à démontrer que confronté à un problème de croissance et à une dette inquiétante, l’intéressé  est prêt à tous les conflits. A tous les bras-de-fer : même les plus explosifs.

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