Barthès, Biraben, Baddou,Meunier, Margotton…André Rousselet meurt et c’est toute une génération qui disparaît à Canal+

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C’est la fin d’une ère, la disparition d’une génération et le symbole d’une page qui se tourne définitivement. Avec les départs presque concomitants de Yann Barthes, Maïtena Biraben, Ali Baddou (sans compter les journalistes et autres figures de la chaîne, tels que Grégoire Margotton, Ophélie Meunier, Thomas Thouroude ou le producteur, Renaud Le Van Kim), Canal+ connait une hémorragie jamais vue au sein d’une chaîne en France, soudainement désincarnée.

Par un concours de l’histoire presque sidérant, c’est la semaine même de l’annonce de la mort du fondateur de la chaîne, André Rousselet (dont la messe d’enterrement a été célébrée hier, devant un parterre de personnalités) que ses petits-enfants abandonnent un navire désormais sans équipage, ou presque. Jamais, en effet, chaîne de télévision n’aura connu une telle fuite de ses têtes d’affiche: des journalistes et animateurs qui quittent Canal+, parfois  le pistolet sur la tempe, non pas en raison d’un «mercato » saisonnier, mais parce qu’encalminés à la tête d’émissions en difficulté ou assis sur des sièges éjectables, l’horizon leur apparaît soudainement bouché.

Seul vestige inoxydable des « années Canal » à se cramponner à la barre, Michel Denisot : c’est à se demander si c’est bien l’original que l’on aperçoit encore à l’antenne et non son double en latex venu du magasin aux accessoires des Guignols, tant sa la longévité semble incongrue.

Au-delà de cet exode massif, pour le moins inédit et spectaculaire, se dessine pourtant des lendemains. Vincent Bolloré, qui n’a rien d’un entrepreneur suicidaire, sait parfaitement ce qu’il fait en sacrifiant de la sorte des figures que l’on ne cherche même pas à retenir. Et s’il fallait encore une preuve du virage stratégique engagé par le patron de Vivendi et de Canal+,  – une chaîne qui va voir la suppression de la quasi-totalité de ses tranches en clair et son repli sur un modèle resserré et à l’économie, (où le sport et la fiction originale seront les deux principaux piliers), c’est dans ce chambardement qu’il faut la trouver. Est-ce d’ailleurs un hasard si les dirigeants de « Canal » ont choisi d’annoncer des pertes pour 2017, évaluées à 417 millions d’euros, le jour même où Maïtena Biraben officialisait sa défection (ou éviction)? Si le groupe Vivendi promet des lendemains faits de sang et de larmes si Canal+ ne retrouve pas très vite le chemin de la croissance?

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