Lynchage et harcèlement: twitter veut faire le ménage sur son réseau

 

People holding mobile phones are silhouetted against a backdrop projected with the Twitter logo in this illustration picture taken in  Warsaw September 27, 2013. Twitter Inc, the eight-year-old online messaging service, gave potential investors their first glance at its financials on Thursday when it publicly filed its IPO documents, setting the stage for one of the most-anticipated debuts in over a year. Picture taken September 27.  REUTERS/Kacper Pempel (POLAND - Tags: BUSINESS TELECOMS LOGO)

Très souvent pointé du doigt par un grand nombre de ses utilisateurs pour le caractère agressif ou insultant de nombre de ses contenus, le réseau social vient de lancer un logiciel permettant de bloquer les tweets provenant de comptes automatiques. Et par là-même de nettoyer partiellement un réseau trop souvent pollué par des snipers dont la seule occupation est de mener des fatwas sous couvert d’anonymat et pas seulement. Si le harcèlement en ligne est une chose qu’il convient naturellement de combattre, la brutalité, la vulgarité, l’intolérance, qui règnent sur Twitter en est une autre. Les dirigeants américains de ce réseau mondial auront beau faire, ils ne régleront pas ce fléau sans une autorégulation de ses utilisateurs, autant dire un vœu pieu. Car ne rêvons pas, le lynchage numérique est devenu un sport planétaire, les mises au pilori en 140 signes sont aujourd’hui monnaies courantes : échafaud digital, Twitter est un monstre qui permet à tous les ramenards de jouer les procureurs.

Le dernier cas en date est celui de Jean-Marc Morandini dont le tête est aujourd’hui promenée sur une pique. Le journaliste d’Europe 1 et de NRJ 12 serait déjà sous les verrous si l’on devait s’en tenir aux sentences prononcées – et au flot de haine déversé- sur Twitter par plusieurs dizaines d’internautes à la gâchette facile. A peine l’encre du magazine Les Inrocks séchée, Morandini s’est retrouvé médiatiquement décapité par ceux-là même qui lui mangeaient dans la main quelques semaines plus tôt. Le parquet n’avait pas encore décidé de l’ouverture d’une enquête que son cas était réglé. Oublié la présomption d’innocence et les contre-enquêtes indispensables et attendues: exécuté d’une pointe au curare par les tribunaux médiatiques, où Twitter mène la danse, Morandini est aujourd’hui un homme seul. « La haine, c’est la vengeance du poltron » a écrit Kierkegaard, or celle qui chemine  sur Twitter a quelque chose de terrifiant.

 

 

 

 

 

 

 

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