Sarkozy revisite France Télévisions. Et ça fait peur

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Il y a trop chaines sur France Télévisions estime Nicolas Sarkozy dans son livre de campagne – La France pour la vie- qui propose la suppression de l’une d’entre elles. L’idée qui n’est pas neuve semble bien dérisoire à l’aune des réformes structurelles  qu’il conviendrait d’engager pour redonner au groupe public une vraie dynamique. L’ancien chef  de l’état n’aura absolument rien fait durant cinq ans à l’Elysée pour redessiner le périmètre et les enjeux d’un navire laissé sans cap et sans stratégie au fil des ans et des alternances politiques. Or la suppression de l’une des six chaines qui composent ce groupe constitue une réponse bien minimaliste si l’on compare France Télévisions à ses voisins anglais ou allemands, qui ont procéder de longue date à des réformes structurelles ambitieuses sur fond de révolution numérique.

Pointer du doigt dans cette affaire la responsabilité de Delphine Ernotte, l’actuelle présidente de ce groupe, est par ailleurs une grossière erreur: tenue bride courte par son actionnaire, l’état, celle-ci n’a aucune marge de manœuvre. Depuis son accession à l’Elysée, François Hollande, (comme son prédécesseur, hier) n’a pas souhaité s’attaquer à ce dossier : considérant qu’il y avait là un risque d’implosion sociale aux effets incontrôlables, le chef de l’état a simplement posé quelques rustines budgétaires sur la coque du vieux tanker afin qu’il ne coule pas. Et encouragé Delphine Ernotte à préserver les équilibres sociaux de l’entreprise. Il a par ailleurs encouragé la création d’une chaine d’information: de ces projets absurdes dont les politiques sont friands à l’horizon d’échéances politiques. Avec France TV Info, la France s’offre au 1er septembre une quatrième chaine d’information en continu. Ce qui constitue bien plus qu’une anomalie dans le paysage  audiovisuel mondial, mais tout simplement un record.

C’est dans un bureau à l’Elysée, où son locataire ne cesse de fulminer à l’égard de BFM TV – dont il souhaite raboter le poids et l’influence- que l’idée a germé.

Nicolas Sarkozy, de son côté, a sorti de son chapeau une autre proposition, toute aussi incongrue que la précédente: une nouvelle réforme du processus de nomination des patrons de chaînes de l’audiovisuel public. Tirant les enseignements de sa réforme iconoclaste de 2007, qui voyait le chef de l’état récupérer la nomination des PDG de chaînes comme aux plus belles heures de l’ex ORTF, le patron des Républicains a changé de braquet. Fini le CSA sur lequel l’ancien Président tape allègrement, ciblant sa responsabilité (et celle de son timonier, Olivier Schrameck) dans la mascarade de l’été 2015, qui vit la nomination de Delphine Ernotte. Désormais et dans l’hypothèse où Nicolas Sarkozy retrouverait son siège à l’Elysée, ce seront des commissions parlementaires qui désigneraient l’heureux élu: un schéma pire encore que celui du CSA, qui verrait en sous-main toutes les manœuvres de la majorité en place pour imposer le candidat du Château. Qu’il est loin le modèle de la BBC qui voit son Conseil d’administration (où siège une palette de professionnels et de personnalités hautement qualifiées) désigner leur chairman. Quand c’est dans les marmites de la politique que continue de se préparer, de ce côté-ci de la Manche, la tambouille du Paf.

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2 Comments
  • Lionel
    août 25, 2016

    Petite erreur sur le titre de l’oeuvre du récent candidat, je crois…

    • Lionel
      août 25, 2016

      Oups… désolé