Cyberattaque de TV5: la piste du kremlin

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Plus d’un an après la cyber-attaque subie par la chaîne TV5 Monde, les différentes enquêtes conduites par les services français et américains permettent aujourd’hui d’y voir légèrement plus claires, bien que des zones d’ombres subsistent encore. Revendiquée dans un premier temps par Daesh, cette intrusion avait été finalement attribuée à un groupe de hackers russes nommé APT28. Une certitude d’abord: cette attaque n’avait rien de fortuite. Les enquêteurs en ont maintenant la preuve: TV5 Monde était une cible délibérément choisie. Et l’objectif de ce groupe de hackers était la destruction de ce vecteur diplomatico-audiovisuel de la France à travers le monde. L’autre information récoltée par ces mêmes sources laisse songeur: l’équipe de pirates informatique à l’origine de cette action de sabordage a non seulement été saluée pour sa performance, mais également financièrement récompensée. C’est ce qu’indiquent ceux-là même qui ont investigués et découvert que cette jeune équipe de pirates informatiques avaient des commanditaires.

Et c’est là que cette affaire prend une toute autre ampleur, avec une série d’hypothèses ou de scénarios auxquels les services français, et pas seulement, prêtent une oreille plus qu’attentive. En effet, il ne semble faire plus aucun doute que les plus hautes autorités russes étaient parfaitement au courant des agissements de cette cellule d’Arsène Lupin du digital. Mieux, certains évoquent l’implication directe de cercles « poutiniens» dans cette tentative de destruction de TV5 Monde. Et plus encore, de la parfaite connaissance de cette opération par le maitre du Kremlin lui-même.

Il faut savoir que, diffusé en Russie, TV5 Monde est reçu dans quelques 12 millions de foyers à Moscou et ailleurs dans le pays. Et que traduit en russe, les journaux d’informations de France 2 se font notamment l’écho depuis deux ans de questions abrasives pour l’homme fort de la Russie : qu’il s’agisse des conflits syrien et libyens, des tensions en Ukraine, ou encore de l’épineux feuilleton de la vente avortée des frégates Mistral, finalement cédées à l’Egypte. L’ombrageux Vladimir Poutine, qui a muselé les médias de son pays, n’a jamais caché son irritation à l’évocation par les médias français de ces questions à l’origine de profondes tensions entre Moscou et Paris, entre le Kremlin et l’Elysée, entre Poutine et Hollande. De là à rayer de la carte du paysage télé une chaîne devenue encombrante? A cette question la réponse de ceux qui ont enquêté sur cette affaire est on ne peut plus claire: « Il n’y a rien de fantaisiste à l’imaginer, même si tout cela reste de l’ordre de l’hypothèse», confie en termes diplomatiques l’un des acteurs de ce dossier. Qui refuse, éléments solides à l’appui, à considérer ce grave  épisode comme un simple fruit du hasard.

 

 

 

 

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