Conflit d’iTELE: Marc Ladreit de Lacharrière et PureMedias à la pointe du combat anti-Bolloré

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Avec la fin de grève à iTELE se clôt un conflit qui aura vu un très grand nombre de médias se porter au chevet d’une rédaction qui sort de cette séquence terriblement abimée et affaiblie. « Tout ça pour ça » serait-on tenté de dire, à la lueur des rares concessions arrachées : Morandini confirmé, une direction d’iTELE maintenue à l’identique, un corps journalistique réduit de moitié, le bilan est terrible. Cette crise aura également vu quelques médias faire preuve d’un soutien particulièrement militant : c’est le cas du site PureMedias, à la pointe du combat anti-Bolloré depuis le premier jour. L’engagement proactif de ce site aux côtés des salariés d’iTELE risque fort de compromettre ce qui restait des relations entre le patron milliardaire de Fimalac, Marc Ladreit de Lacharrière, et Vincent Bolloré. Propriétaire depuis 2013 du groupe numérique Webedia, (une pépite dans laquelle on trouve des portails tels que Purepeople, Pure Trend, Pureshoping et PureMédias…), le premier s’est offert une jolie partie de fléchettes avec le conflit d’iTELE. « (…) Cette grève, tristement inédite dans un média privé, aura aussi révélé la solidarité de toute une profession, attachée à ses valeurs d’indépendance et d’éthique à l’heure où la plupart des groupes deviennent la propriété de grands industriels(…) », peut-on lire dans le dernier édito de PureMédias. Prenant fait et cause un mois durant pour les salariés de cette chaîne, le site qu’il possède aura tenu ainsi la chronique d’une crise à rallonge. Cibles désignées: Vincent Bolloré et les dirigeants de Canal+.

Entrepreneur véloce, Marc Ladreit de Lacharrière a pour autres pedigrees d’être un chiraquien de la première heure. A la tête de la Fondation culture et diversité, il est l’un des membres éminents de la Fondation Chirac et à ce titre, un fidèle compagnon de route de quelques chiraquiens historiques, dont Alain Juppé, François Pinault et le disparu Philippe Seguin. Rien à voir avec Vincent Bolloré, dont on sait les liens avec Nicolas Sarkozy. Si on a longtemps comparé les démarches entrepreneuriales de ces deux patrons attachés à leur indépendance, à la tête d’entreprises conquises souvent sabre au clair, beaucoup de choses les opposent: tempérament, caractère, réseaux et choix politiques. Le conflit d’iTELE a mis ainsi au grand jour bien plus que leurs différences et opposition, leur hostilité. Nul doute qu’il restera de cet épisode des traces indélébiles.

 

 

 

 

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