La victoire de Trump consacre le fiasco de la classe médiatique américaine

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Les grands médias, comme les principaux instituts de sondage, sont les premiers perdants d’une élection qui illustre le fossé qui sépare un establishment coupée de la réalité et un pays en pleine décomposition ou recomposition politique: les Etats-Unis. Aux côtés d’Hillary Clinton, dont ils ont été les fervents soutiens durant cette campagne, l’armada des grands Networks (CNN, CBS, ABC…) et les titres les plus prestigieux de la presse américaine, à commencer le New York Time et le Washington Post, ont été balayés par une opinion en complet décalage avec les élites newyorkaises ou washingtoniennes. Le triomphe de Donald Trump consacre ainsi la déroute d’une aristocratie médiatique perchée sur son Aventin : incapable de décrypter les craquements telluriques d’une société américaine en colère, les élites médiatiques du pays payent aujourd’hui leur inqualifiable morgue.

Ce fiasco en rappelle un autre, français celui-ci, quand en 1995, campée sur ses certitudes, atteinte de cécité, la classe médiatique française promenait l’encensoir autour d’un Edouard Balladur, dont elle célébrait alors précipitamment la victoire, avant de ranger tout aussi promptement fanions et discours, avec la déconfiture du susnommé.

Plus spectaculaire, le non des français au référendum de 2005 sur la ratification de la Constitution européenne: un cataclysme dans la vie politique française, malgré l’énorme battage médiatique en faveur du oui et la montée au créneau de la totalité des « éditocrates » du secteur. De ce côté-ci de l’atlantique, il n’en est pas un parmi cette élite, si souvent montrée du doigt par l’opinion, où on l’accuse d’entretenir des liens de consanguinité avec les politiques, qui aurait parié un euro sur un Donald Trump sommairement et régulièrement étrillé.

La très discrète Marine Le Pen fut la première ce matin à saluer, sur Twiter, la victoire du  milliardaire new-yorkais. Celle qui n’a de cesse de dénoncer, depuis des années, l’attitude des médias parisiens à son égard et l’ostracisme dont elle dit faire l’objet, semblait prendre date. Donald Trump ne dit-il pas depuis des mois sur les tréteaux de campagne ce que la présidente du FN martèle depuis des années en France?

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