Les français et les journalises: entre rejet et respect

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Cela en devient presque une rengaine. Régulièrement mis en cause par l’opinion et jugés «partiaux », les journalistes ne résistent aux pressions économiques (pour 66% des français interrogés), et ne sont pas indépendants du pouvoir politique, (pour 69%), selon un sondage Odoxa. Paradoxalement, cette même étude indique qu’une majorité de nos concitoyens les jugent «compétents » et « intéressants ». Mieux : 74% d’entre eux estiment que si les hommes politiques critiquent aujourd’hui les journalistes, c’est parce que c’est le seul moyen pour eux «d’éviter les questions qui les gênent ». Voilà donc une corporation, semble-t-il, pas inutile à la clarté du débat démocratique, mais dont l’honnêteté intellectuelle et l’indépendance sont régulièrement clairement montrés du doigt.

Indépendance par rapport à qui, par rapport à quoi? Difficile d’accuser la presse de « partialité » quand en quinze jours François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont tous fait l’objet de révélations : les deux premiers sur des questions d’emplois fictifs et le troisième, sur l’utilisation supposée de l’argent de Bercy pour sa campagne. On notera au passage que ces mêmes français, qui taxent les journalistes d’iniquité, manifestent une étrange bienveillance à l’égard de Marine Le Pen. Quand François Fillon, pour des faits identiques, est cloué au pilori. Bien que débusquée dans une affaire toute aussi condamnable, la présidente du Front national passe tranquillement à travers les gouttes, sans que l’opinion ne lui adresse la moindre réprimande. Rien ne bouge dans les sondages, qui placent Marine Le Pen invariablement en tête. Si partialité il y a, c’est chez les français qu’elle se trouve, devrait-on ajouter. Car ceux là-même qui mettent au ban depuis des semaines, à travers les sondages, un François Fillon crucifié, exonèrent une Marine Le Pen qui semble comme immunisée.

Toutes les révélations par la presse sur le patrimoine, la fiscalité  et les petites combines du clan Le Pen, ne semblent faire ni chaud, ni froid, à une opinion pour le moins sélective. C’est d’ailleurs d’un œil abasourdi que les britanniques, les allemands et les scandinaves observent notre vaudeville. Pas un parmi les trois favoris à la présidentielle ne serait aujourd’hui encore en lice s’ils étaient de nationalité anglaise, suédoise ou allemande. Là où les journalistes, la morale et l’opinion ne font qu’un.

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