Nicolas Dupont-Aignan: la stratégie du clash et le triomphe de la com’

 

Une remontée inespérée dans les sondages, une parole plus écoutée, les micros qui se tendent et un tabac sur les réseaux sociaux: Nicolas Dupont-Aignan peut dire merci à TF1 qui lui avoir donné  l’occasion de ruer sur les brancards, après qu’il ait été écarté du premier débat de la présidentielle. Le représentant de Debout la France a fait de cette éviction une croisade et de son bras-de-fer avec la chaîne de Martin Bouygues un thème de campagne, une opération de communication inédite dans les annales et une rampe de lancement. Inaudible jusqu’ici, il plastronne désormais sur les plateaux, l’œil gourmand et une tête de vainqueur en sautoir. Plus de douze millions de personnes ont regardé le spectacle de son esclandre sur TF1 et 320 000 internautes ont accompagné sa sortie sur les réseaux sociaux. Depuis, notre homme ose tout. Requinqué et boursouflé de lui-même, notre Sganarelle ne se déplace plus sur les plateaux, mais il y apparaît dans toute sa majesté, comme sur une scène de théâtre, où il brocarde un système dont il use: tel un comédien heureux de ses effets et de cette gloire soudaine. En lévitation. Ce n’est plus une campagne présidentielle, mais un programme de Stand up, en continu : une surréaliste et interminable suite de sketchs, un improbable et consternant  programme de télé-réalité, dont Nicolas Dupont-Aignan, en «guest», est l’invité surprise. On l’a même vu aller se gondoler sur le plateau de Cyril Hanouna, sur D8, à deux doigts de se déguiser en courgette sous les applaudissements : les français l’auraient sans doute plébiscité, le créditant de  deux points de plus dans les sondages. Il en va ainsi de cette désastreuse et inédite campagne présidentielle, qui s’est transformée au fil des semaines en une pièce de boulevard.

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