« Canal Olympia », vitrine et tête de pont de Vivendi et de la chaîne cryptée en Afrique

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L’Afrique est en passe de devenir de loin le premier relais de croissance de Canal+. Et un vecteur pour sa maison-mère, Vivendi, qui s’est lancée dans la création, aux quatre coins du continent, d’un programme de salles de spectacles baptisé «Canal Olympia » : deux marques fortes, mariées pour l’occasion. Emmené par le président de «Vivendi Village », Simon Gillham, ce chantier a vu le jour à Yaoundé, au Cameroun, le 14 juin 2016, avec l’inauguration d’un premier complexe. Sept autres sont actuellement à l’étude, au Togo, au Bénin, au Gabon, au Sénégal, ainsi que dans les deux Républiques du Congo. Et au total, ce sont une vingtaine de structures qui vont voir le jour, d’ici à la fin 2018, dans une série de capitales ou de grandes agglomérations d’un continent où Canal+ compte aujourd’hui quelques 3 millions d’abonnés.

C’est lors d’une visite officielle de François Hollande à Cotonou, au Bénin, en juin 2015, que le patron de Vivendi, Vincent Bolloré, (qui était du voyage), avait imaginé ce projet qui porte son sceau. Livrés clés en mains et construits à l’identique, ces complexes ultra-modernes, dotés de la technologie dernier cri, sont la combinaison d’une salle de cinéma de 300 places et d’une scène de concert attenante et à ciel ouvert. Pour le groupe Vivendi-Canal, l’objectif avoué est clair: il s’agit de faire de ce projet une vitrine de ses activités sur le continent africain. Tant dans le domaine des contenus audiovisuels (films et séries), que du spectacle vivant. Les plus grandes productions de Studio Canal (9000 titres en catalogue) sont destinées à être mises à l’affiche de ces salles obscures, aux côtés des derniers blockbusters de Nollywood, la très dynamique industrie cinématographique nigérienne, dont le public africain est si friand. Tandis que les artistes d’Olympia Production, autre filiale de Vivendi, (tels que Slimane ou M.Pokora), sont amenés à se produire auprès de la nouvelle scène africaine.

L’entourage de Vincent Bolloré n’a pas de doute quant au succès du projet: «Ce que j’ai vu sur place est incroyable » confesse Simon Gillham, qui reste abasourdi au souvenir des quelques 80 000 personnes accourues au méga-concert, organisé à l’initiative de Vivendi à Conakry, en Guinée, en décembre 2015, lors des célébrations de l’extinction, dans ce pays, de l’épidémie de fièvre à virus Ebola. De là à ce que le groupe français  débarque un jour, à Dakar ou Yaoundé, avec sa dernière superproduction, -le Jésus de Pascal Obispo,- (sur la scène du Palais des Sports, à Paris, en octobre prochain), il n’y a qu’un pas…

Concerts en plein air, projections de films frais, évènements sur mesure…Ce sont là autant de leviers d’abonnés potentiels dans une Afrique terre-de-conquête pour Vincent Bolloré, où l’industriel y développe ses affaires de longue date. Et où Canal+ avance à grand pas. Lancé en mars 2015, le bouquet de « Canal+ Afrique », – version africaine de CanalSat-, n’a cessé de s’étoffer, avec aujourd’hui plus d’une centaine de chaînes à son catalogue. D’autres  projets ont suivi, depuis. «Canal » a ainsi créé « A+ », l’an dernier: une plate-forme de programmes panafricain destinés, ceux-ci, à la diaspora.  L’Afrique, dont Vivendi a fait l’une de ses priorités à l’international, représente du coup, à ce jour, plus de la moitié des abonnements, hors France, de la chaîne cryptée et l’essentiel de sa croissance. Si bien que Canal+, qui a doublé le nombre de ses abonnés sur le continent Africain en l’espace de deux ans, vise désormais, sur ce territoire, la barre symbolique des 5 millions de clients, à l’horizon 2018.

Voilà de quoi mettre du baume au cœur des dirigeants d’un groupe qui observent  avec inquiétude la dégradation du parc des abonnés de Canal+, en France, lequel a fondu d’un demi-million d’individus sur la seule année 2016. Et c’est avec une infinie retenue que l’on accueille depuis quelques jours, dans les étages dirigeant de la chaîne cryptée, les premiers bons chiffres de « Canal » depuis trois ans, avec un gain de quelque 100 000 nouveaux abonnés au premier trimestre. Pas de quoi pavoiser, en effet, compte tenu des taux de résiliation d’abonnements qui demeurent  importants, de l’ordre de 17%: un chiffre que ne connaissent pas les responsables de « Canal » à Abidjan, où avec 450.000 afficionados et une croissance soutenue, on ignore somptueusement la crise.

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